Libre dans l’Amour Retrouve ce qui est pur en toi, vole dans la sphère de l’éternité. Immerge ton cœur dans le Ciel intense. Au-dedans, au-dehors. Il n’est de plus grande joie que d’être authentique, sans discours ni faux semblant. Libre dans l’Amour. Tu prends de mes nouvelles avec une telle commisération, par obligation, par devoir, presque l’ennui. Je sens les mensonges, les feintises et les apparences trompeuses, en vérité, tu soignes ta conscience. J’ai faim de ta respiration, non de tes...
« Les branches » Cet après-midi, il y avait de la pluie, du vent, un orage. Tantôt le soleil revenait, tantôt il repartait. Je regardais par ma fenêtre cette alternance des saisons en une seule et même journée. Étrange contradiction de l’âme climatique, comme si, prise par une humeur vagabonde, elle n’arrivait pas à choisir entre le chagrin et le rire, entre l’insouciance et la rigueur. Je trouvais alarmante cette indécision. Comment la terre pouvait-elle ainsi nous offrir autant de protestat...
Un vieux monsieur Un vieux monsieur, c’est comme ça qu’on dit, est venu lui parler cet après-midi. Un monsieur tout courbé, appuyé sur sa canne. C’est ainsi qu’ils sont les vieux messieurs, tout penchés vers la terre. Il s’est redressé pour lui adresser quelques mots. Elle eut beau se rapprocher le plus possible pour comprendre ce qu’il disait, elle ne comprit pas. Elle finit par lui dire qu’elle ne saisissait pas tout à fait ce qu’il voulait lui confier. Le vieux monsieur s’excusa, il tenait...
En Avril, il neige... Nous sommes à la mi-avril, il a neigé toute la matinée. Le soleil brillait d’une telle intensité la semaine dernière. De nouveau, on se croirait à l’automne. Nous voilà revenus, enfin presque, au temps des feuilles valseuses, aux lumières crépusculaires, au doré des paysages, au rouge pourpre de l’Aurore, à la rosée scintillante sous la caresse du froid. C’est étrange, en quelques heures à peine, tout nous ramène, sans forcer, à hier. À ce moment unique où nous ne savion...
De la thérapie à la résilience, de l’apaisement à la beauté, du rêve à la réalité, les doigts sur le clavier disent avec précision l’apport de l’écriture dans une vie. Ses atouts, ses richesses, sa grandeur : je n’ai plus rien à ajouter. Que pourrais-je rapporter ? J’aurais l’impression de radoter. Il est fort à parier que le lecteur pourrait penser : « C’est du déjà-vu, vu et revu. » Ou plutôt : « déjà lu ». Alors ce soir, me vient une drôle d’idée. Je ne suis plus une auteure : je suis un c...
L’Entre-Deux Je regarde la nuit qui tombe. Voilà un moment que je ne regarde plus le ciel à la tombée du jour pour toutes sortes de raisons, à commencer par la fatigue. Au moment même où j’écris, je commence à percevoir quelques points lumineux alors que la nuit n’est pas encore tout à fait là. C’est étrange comme cet instant est magique : la nuit n’est pas encore arrivée et le jour commence à partir. Un entre-deux. Comment pourrait-on appeler cet instant précis ? Je l’ignore. Crépuscule ? No...
La Ville Invisible Je me promène dans les rues de la ville baignée par le soleil de juin. À mes oreilles, de la musique grégorienne. Les envolées polyphoniques de la liturgie enveloppent tout alentour. Les vitrines des boutiques ne sont plus que des portes anonymes vers un ailleurs indéfini, les lampadaires se changent en étoiles muettes tandis que les trottoirs sont désormais des couloirs vers le ciel azuré. Je sens aussi sur ma peau la tiédeur du jour. Mon regard écoute la psalmodie des âme...
La Rondeur de l’Infini Assise sur le balcon, la montagne face à moi, les arbres semblent ravis de me revoir. Comme s’ils m’attendaient, pourtant, qu’ai-je à voir avec eux ? Rien d’autre au final que la vie qui nous parcourt, elle qui nous a été donnée sans notre accord. Voilà un point commun qui nous unit, les arbres et mon cœur, leur sève et mes palpitations, leurs feuillages et ma respiration. Nous sommes en vie, on n’a rien demandé, pourtant, nous sommes là. Tout vit, se meut, chante et vi...
Le Visage de Grâce Une personne a désiré ma mort. Je crois que c’est la première fois que l’on me dit une chose pareille. Parmi toutes les violences que j’ai eues à vivre, celle-ci ne m’avait pas encore visitée. Pour être tout à fait exacte, la personne souhaitait que je me suicide. Je me suis demandé ce qui pouvait pousser quelqu’un à formuler une telle cruauté. Que pouvait-il se passer dans l’âme d’un être humain qui aimerait qu’un autre être humain périsse ? Et pourquoi donc ? Pour une déc...
La Faute de Frappe Par erreur, sur le réseau social où je m’étais inscrite, mon doigt avait glissé sur le mauvais chiffre du clavier. La date de naissance tapée me donnait à peine 20 ans. Tandis que j’en ai 61. Dès que je m’en aperçus, je tentais de rétablir la véritable année de ma naissance mais en vain. Alors, je choisis de ne rien dire et puis, surtout, je ne postais aucune photo de moi. Étrange faute de frappe, un « acte manqué » diront certains. C’est ainsi, ils sont nombreux de nos jou...
Magnifique Qu’il est triste de partir avec le cœur en bandoulière, alors qu’il fait si beau, le soleil au zénith, le ciel bleu turquoise, les roses écloses et les jardins magnifiques. Qu’elle est difficile cette solitude, sans étoiles, noire au milieu de nulle part, noire comme la suie, comme les peines sans nombre et la nuit profonde. Qu’il est sot ce désir qui vous cueille comme le printemps, aussi soudain que les premiers bourgeons étonnés. On ne l’avait pas vue, pourtant, la belle saison ...
J’étais là devant elle, assise au soleil, à la terrasse d’un café. Je tentais tant bien que mal de lui faire comprendre son passé, le sien, le nôtre. Maladroitement. J’avais à cœur de peser mes mots, de lui donner une autre version de l’histoire. La nôtre, la sienne, la leur. Assise au soleil, devant elle, à cette terrasse du passé, je racontais les faits, enfin, j’essayais, avec mille précautions. À quoi cela pouvait-il servir de lui dire : « Tu as agi ainsi… Ce n’était pas bien », quand on ...
La boîte à papillons Je cousais une petite boîte ronde en tissu. De la popeline de coton sur laquelle étaient dessinés tout un tas de papillons de toutes les couleurs, qui volaient dans tous les sens, devant, derrière, au-dessus, au-dessous, en rond, en arabesques. Oh les jolies bêtes facétieuses ! Je n’arrivais pas à réaliser la fermeture éclair du milieu, celle avec laquelle on pourrait ouvrir la boîte. J’avais beau m’appliquer, la doublure résistait tandis que la glissière refusait obstiné...
Un peu d’encens Il y avait longtemps que je n’avais pas fait brûler un peu d’encens. Le charbon ne fut pas facile à enflammer. Quand j’ai versé les grains sur le dessus, la fumée s’est élevée, et son parfum a rempli le petit salon où je me trouvais. Je me suis demandé un instant si les plantes appréciaient, alors j’ai ouvert grand ma fenêtre. Le soleil traversait la pièce avec toute son ardeur insolente, celle du mois d’avril, celle du lilas et des pivoines. Il irradiait avec une telle intens...
« Les Bagues » Aujourd’hui, on devait me livrer un nouveau réfrigérateur. Quand les livreurs sont arrivés, j’ai aidé à ouvrir les portes, à retirer les plastiques, à ôter les cartons. Pendant que les deux hommes s’affairaient à installer correctement cet appareil tout neuf, soudain, j’ai vu les mains de l’un d’entre eux. Il portait à chacun de ses doigts un anneau gris, de plus ou moins grande épaisseur. Sur certains annulaires, plusieurs bagues s’entassaient, comme si une seule par doigt ne ...
Extrait du journal de bord d'une femme autiste que je suis en train d'écrire. Ce texte sera dans le chapitre : "Les centres d'intérêt intenses". Je ne vis rien à moitié Quand la musique s’envole dans l’espace avec la même grâce qu’une feuille tourbillonnée par l’automne, tout mon être l’accompagne. On pourrait croire que seule la mélodie s’élève dans les hauteurs. En vérité, il n’en est rien. De façon invisible, le corps, l’esprit, le cœur s’embarquent avec elle sur les rives d’un ailleurs dé...
La science du Don L’arbre en fleurs ouvrait grand sa poitrine tournée vers le ciel. On aurait dit qu’il cherchait à respirer l’air d’en haut, celui qui nourrit, celui qui aère l’intérieur d’une nouvelle vague de fraîcheur, celle du printemps. L’arbre en fleurs ouvrait grand sa bouche vers le haut comme pour aspirer l’oxygène venu d’ailleurs. Il avalait avec plaisir les quelques nuages impassibles juste au-dessus de lui tandis que le bleu céleste le regardait avec autant d’amour que les yeux d...
Là où plus rien ne dérange Petite exilée sur la terre des vivants, elle marche seule, entre leurs pas et les ailes du vent. On dirait une randonnée solitaire. Dans le silence du manque et de l’absurdie, elle trace son chemin. Parfois, elle vogue sur un bateau sans rames, ni phare. La houle l’emporte elle ne sait où entre leurs routes et les aiguilles du temps. Dans les mouvements des marées, l’eau glisse sous ses pieds. Souvent, elle reste à demeure dans la brume des jours qui s’enfuient puis...
Le Vide, la Rose et le Zéphyr J’ai cueilli une rose. Elle me souriait depuis que j’étais entrée dans la boutique. Le vendeur me présenta ses fleurs les unes après les autres, même les fausses, en tissu, en plastique, en je ne sais quoi, qui avaient l’air si vraies. La rose épanouie se moquait, sous mes doigts, de mon hésitation à la serrer dans la main. Si fragile et arrogante à la fois. Si jeune, déjà fière. Comme nous. Le téléphone ne sonne plus. Le silence flotte dans l’air, celui de l’abs...
Ouvre ton cœur Pour lui, les mots sont des mots. Rien de plus. Enfin, c’est ce qu’il dit. En réalité, il ne parle pas. Il bavarde. Il ne se livre pas. Il raconte. J’aimerais tant qu’il dise ce qu’il porte en lui : les fleurs fanées de jadis, les sentiers perdus, les pierres du chemin, les arbres abattus. Les mots sont des coquillages, mon ami. Prends-en un, rien qu’un. Pose-le contre ton oreille : écoute ce qu’il te murmure. Entends-tu les vagues mugissantes de tes pleurs refoulés ? Recueille...
TANT MIEUX Une branche de buis, un bout de nature, un rien fragile et si joli. J’ai arraché un branchage du buisson, un tout petit végétal pour orner ma maison. Trois fois plus modeste qu’une rose, tout simple, sans grâce ; sans parfum ni couleur originale. Une brindille verte avec quelques feuilles un peu rêches, vertes et sans allure. Un morceau de paysage dans mon salon, une trace de la beauté du monde, sans le bruit ni les mots. Un fragment inerte d’une vie dont j’ignore presque tout. Que...
À trop vouloir l’inaccessible, on croit atteindre les étoiles. Leurs robes magnifiques habillent la voûte des cieux en multitudes d’éclats de lumière. Leurs courses filantes entraînent avec elles les vœux des enfants, tandis que je les regarde de la terre, incapable de briller avec elles. On s’imagine être plus grand qu’on est. Pour un succès, une victoire minime, nous voilà déjà rois couronnés de gloire, nos âmes gonflées à la chaleur vaniteuse ambitionnent toujours plus, toujours mieux, tou...
Altitude insonore Je suis partie loin devant, où nul regard ne peut me suivre. Dans ma retraite, à l’abri des yeux inquisiteurs et des questions vaines, j’écoute les mélodies silencieuses du vent qui bercent les feuilles de lierre sur le mur face à ma fenêtre. Je suis là où personne ne peut me rejoindre. Dans le creux d’une grotte invisible, le soleil darde ses rayons ; il inonde de sa splendeur tout ce qui m’entoure, devant, dedans, derrière, partout. Intrusif comme aucun autre, il est le se...
Les Anonymes Les anonymes pleuvent partout sur les trottoirs et sur les quais de gare. Des hommes aux imperméables marron, avec leurs chaussures cirées, leur visage fermé, le sac en main. Des femmes aux yeux délavés, le même pantalon chaque jour depuis des mois, on ne porte plus de robe qu’aux grandes occasions. Des enfants qui courent entre deux bus au retour du collège. Les anonymes ressemblent à tout le monde et à personne à la fois. Ils ont des mouchoirs sans initiales, des tenues si semb...
La Pestiférée Vite, il fallait se dépêcher. Faire sa valise, y placer tout ce qui était sa vie : linges, chaussures, quelques livres, ses écouteurs, ses papiers. Elle n’était plus la bienvenue dans ce lieu. Qu’importaient les raisons de ce désamour, il n’était plus temps d’y penser. Sous les vociférations des personnes qui l’expulsaient sans ménagement, elle se préparait à partir. Vite. Vite. Si son départ tardait trop, les quolibets, déjà nombreux, continueraient de lui blesser le cœur. À vr...