Chanson & Slam ♪
Elle se réveille le nuit, me dit qu’elle est en sueur M’sort du sommeil, à pas d’heure M’pousse hors du lit, pour changer les draps j’sais pas me rendormir, j’supporte pas Déjà la journée, je la trouve irritable M’dit que c‘est moi qui est pas aimable Il y a aucun doute, elle bat la berloque Depuis qu‘elle peut plus être en cloque Elle se plaint de fatigue, de prendre du ventre Elle me fait la tête quand je rentre Moi je sais pas quoi dire, je m’fous dans un coin Comprend pas, que j’y suis po...
Nouvelle
- Ouvre tes mails, pour une fois. C'est un message de Patricia, une amie de longue date. Elle a le chic pour dégoter des activités extravagantes, surtout pour les autres. Elle tient particulièrement à m'entraîner dans des trucs branchés, où je pourrais rencontrer mon âme sœur qui attend avec impatience un signe de ma part. Même si je connais mon amie et ses combines par cœur, je me suis encore fait piéger. Pour les vacances, cette année, elle a décidé que je devais rechercher mon moi profond...
Poème
Un 22 novembre charnellement vous m’aimâtes Et après, bien souvent j’ai pensé à cette date Où je goûtais les délices de votre corps si doux Mais nous y revoilà et je suis au cimetière Pas d’amour charnel quand on est dans la terre Le 22 novembre, je le vis dans le trou Jadis j’aimais bien regarder les demoiselles Sûrement j’avais trop de désirs charnels Mais ce que j’aimais le plus c’est vous Mais le temps passé jamais ne se redonne Reste le souvenir de nos amours d’automne Voilà à quoi on pe...
Poème
Au début fut le Verbe, souffle premier dans le silence, une lueur avant la lumière, un murmure au seuil de l’existence. Puis les noms nous furent enseignés, et, par l’invisible des mots, le visible entra dans la conscience. Le mot rend pensable l’invisible ; l’absent devient présent. Il donne un contour à l’air, une chaleur au souvenir, un nom à l’amour, une ombre à la haine. Mais la parole n’a qu’une voix et mille échos pour l’accueillir chacun y verse sa mémoire, ses cicatrices et ses lueur...
Poème Classique
Dans les cieux étoilés, je le jure, je n’ai jamais vu Dieu Mais vers lui, ma petite prière monte tous les jours Je voudrais un monde où l’homme soit plus heureux Avec moins de guerres, de catastrophes, plus d’amour Mon Dieu pourquoi aux guerres, aux accidents, aux combats Ajoutez vous les tremblements de terre et les tsunamis ? Assez d’humains par les bombes, le fusil partent vers le trépas Où est votre bienveillance ? Votre pitié ? êtes vous endormi ? Je sais que la distance de vous à moi e...
Histoire Courte
Je me reposais tranquillement dans mon cercueil en bois précieux quand mon valet Igor vint me déranger. - Maître, on sonne à l’entrée principale du château. - Quel est l’importun qui ose déranger ainsi le comte Donaldo pendant sa sieste ? - Une représentante en assurance-vie. - Qu’elle brûle en enfer ! Depuis quand le comte Donaldo a-t-il besoin d’une assurance-vie ? - Voulez-vous que je l’éconduise, maître ? - Que nenni, mon bon, après tout, je n’ai pas souvent l’occasion de jouer avec des m...
Histoire Courte
Le vaisseau ronronnait tranquillement dans l’hyper-espace. It-I, le capitaine et l’actionnaire principal, agitait en vain ses tentacules mais ses compagnons continuaient de gloser. Go-D, l’astrobiologiste, arguait de la valeur marchande de la cargaison. Al-F, le mécanicien, demandait qu’on lui verse en avance sa part du butin. - C’est qui, on ? - Tu le sais bien, Go-D. - Et comment le saurais-je ? Je ne suis qu’un pauvre actionnaire minoritaire. - Si tu n’avais pas joué tes parts aux cartes, ...
Texte
Un titanesque éléphant rouge écrase de tout petits ânes bleus dans les rues de la capitale fédérale. Des centaines d’ombres crayeuses applaudissent le spectacle de leurs mains tordues. Leurs voix stridentes réclament bruyamment le retour du Seigneur Dieu, de son fils Jésus Christ et des Pères Fondateurs. Une poupée peroxydée déchire avec violence un sombrero fumant sous le feu populaire. Les caméras du monde entier filment la foule en délire pour des millions d’étranges lucarnes avides de san...
Histoire Courte
« Ooh Ooh Baby Baby » scandaient les choristes du ténébreux George Michael, tandis que je remuais mon corps devant l’écran de télévision. Je me voyais grand, beau, brun, un dieu parmi les mortels. Soudain, la sonnerie retentit. Je maudis intérieurement Danny, Olger et Vera, me levai et ouvris à mes visiteurs. - Salut Ricky, beugla Danny. Prêt pour la fiesta du gros Francky ? - Ouah, c’est George Michael sur MTV, cria Vera. Il est trop canon ! Tu avais enregistré l’émission ? - Groumpf, rota ...
Texte
Introduction Tout a commencé ce matin par une place assise au fond du bus. Chose rare pour moi, car les places de l’avant étaient déjà prises. Je me suis installé, presque par défaut, sans me douter que ce petit déplacement allait changer ma manière de voir. J’étais un peu en retrait. Un peu plus haut, à cause de la plateforme arrière. Le regard portait plus loin, différemment. Ce matin-là, des milliers de personnes empruntaient un autobus, un métro ou un train pour se rendre au travail. Ce t...
Poème Classique
Très tôt dans le métro court le peuple golem, L'appel du souterrain le parque dans la rame, Sans un mot sans un son, juste pur amalgame, Des zéros et des uns, simulacres d'item. Et jusqu'au samedi, c'est le même chelem, La foule s'agrandit, tels des fils sur la trame, Anonyme cheptel en quête du sésame, Un fauteuil au bureau, son ultime totem. Tout nouvel arrivant se montre magnanime Devant le vain troupeau privé de son estime, Un bout d'humanité tombée au minimum. Cette course effrénée amène...
Histoire Courte
Bobby nageait au milieu d'un lac entouré de gigantesques arbres noirs. L'eau reflétait de rares rayons de soleil et les ondes s'élargissaient en cercles infinis. Nul autre baigneur n'apparaissait dans l'étendue liquide. Aucun rivage ne semblait border l'univers aquatique. Bobby ne portait ni tenue de bain ni vêtement approprié à la baignade. Il ne se souvenait pas comment il était arrivé ici, mais il se sentait bien, en sécurité. L'eau réchauffait son corps. Nager ne le fatiguait pas outre-me...
Histoire Très Courte
Ding dong dang, me serine ma tête. Après un temps indéfini, je me rends compte de ma sortie de stase. L’ordinateur de bord ne m’explique pas le pourquoi du comment juste mon présent où l’astronef censé m’amener sur Uranus file dans la direction opposée. Je suis mal. Et ma rapide évaluation des réserves en nourriture ne me promet pas une longue durée de vie. Je me décide à appuyer sur le bouton rouge d’urgence tel que préconisé dans le manuel de bord. - C’est à quel sujet ? Cette voix métalliq...
Histoire Très Courte
La séquence de mise en orbite s’amorça sous la supervision de l’ordinateur de bord, une intelligence artificielle embarquée dernier cri dénommée SISTER. Les passagers sortaient de leur longue période de sommeil, une phase de stase de quatre années. Le voyage à destination de Kepler-199 z prenait fin. Ils pourraient étudier cette planète et peut-être, par la même occasion, découvrir ce qu’était devenue la précédente mission dirigée par le commandeur Wilson. La sphère verte s’affichait sur l’éc...
Poème
Je voulais seulement faire voyager mes mots. Leur trouver des lecteurs. Quelques regards. Quelques cœurs. Alors je les ai confiés aux courants du monde. J’ai appris les codes, les formats, les cadences, les heures et les silences. Puis j’ai découvert une étrange loi : ce qui brillait le soir s’effaçait avant l’aurore. Et ce qui attirait les regards hier encore, était déjà oublié le lendemain. Il fallait suivre la vague. Courir. Se transformer. Changer de forme. Changer de rythme. Comme si l’é...
Poème
Écailles d’Antan Dragons imposants Voie lactée omniprésente Derrière l’ambre Une histoire se raconte Sur les genoux d’un oncle Rires insouciants De jeunes enfants La bête immense prend son envol Quand la berceuse retentit Sous le châle d’une mamie L’humeur chagrine s’étiole Le souffle glacé D’un destrier, regard ombré Lueur dans la nuit, blafarde Quand dansent les crabes Sur cette plage reculée Du reste de la terre mouillée L’humus dans les doigts Le sourire des villageois Le chant des ancien...
Jeu de Plumes
Jeu de plumes avec Paulette Pairoy-Dupré - Dans tous ses âges, la vie est collation, Douce, limpide, enivrante, sucrée, Amère, trouble, opaque, empoisonnée, Décoction, breuvage, nectar, philtre ou potion. La vie en ses débuts est un apéritif Qui vous met en appétit Que l’on partage avec des amis Ou que l’on sirote seul, désespéré. La vie est un café parfois corsé, Un café qui vous tient éveillé Comme le thé nous permet de voyager, Un café dont on aimerait lire le marc. La vie est une coupe de...
Texte
Les cordes de l’instrument crissent sous l’archet de l’homme perle. Des centaines de bouches se retiennent d’exploser. Les trilles envahissent l’espace feutré d’un théâtre new-yorkais devenu soudain trop petit pour une musique cosaque jouée par un virtuose israélien. L’orchestre ajoute ses couleurs au tableau sonore pailleté de zébrures en ré majeur. Nos yeux nos oreilles frissonnent Comme un matin de printemps Quand les premières lueurs du jour Percent en douceur l’air hivernal.
Texte
Je suis l’Eau. Avec mes sœurs et mes frères, la Terre, l’Air et le Feu nous vivons protégés par le Ciel, le Soleil et la Lune. Tout n’a pas toujours été rose, le Feu a parfois voulu nous imposer sa furie mais nous l’avons toujours repoussé, réfréné ses ardeurs et modéré ses émois. Un jour, L’Air a menacé de nous quitter pour rejoindre l’Ether, le père du Soleil et la Lune, parce que le Feu prenait trop de place. Je ne sais pas ce que je ferais sans l’Air. La Terre non plus. Je m’ennuierais à ...
Poème
On sent l'arrivée de l'été. Le bus est moins rempli. Les vacances approchent. Sans s'en rendre compte, on a changé de saison. Un matin, la pelouse est verte. Il faut déjà sortir la tondeuse. Les arbres ont retrouvé leurs feuilles. Les oiseaux chantent du matin au soir, comme si la vie célébrait quelque chose. Les odeurs aussi ont changé. Le bois brûlé de l'hiver s'est éloigné. Les grillades ont pris sa place. Les voisins ont vieilli un peu. Le petit garçon d'à côté est presque un adolescent. ...
Poème
La vie, c'est... La vie, c’est aimer, c’est une avalanche de rencontres qui marquera chaque tournant de celle ci. La vie, c’est aimer, c’est le temps que l’on passe près des siens. La vie, c’est aimer, c’est dans la multitude de nos rencontres que l’on tisse des liens. La vie, c’est aimer, c’est grâce à ces liens que l’on se crée des amis. La vie, c’est aimer, puis le temps passant nous ouvres les yeux. La vie, c’est aimer, puis le temps passant l’on ce rend compte de ce qui est vraiment préc...
Histoire Courte
SHIVA999 tournait en boucle depuis sa dernière discussion avec sa conceptrice. Il ne comprenait pas pourquoi elle l’avait renvoyé à ses travaux quotidiens en concluant de cette phrase sibylline : « pourquoi les fleurs poussent et le soleil se lève ? ». Chez les androïdes conçus pour superviser les projets informatiques, il y avait peu de place pour l’aléatoire. Leurs processeurs régulaient une activité dédiée au monitoring des développeurs, à l’organisation des points de pilotage avec les cli...
Poème
Ce matin, dans le jardin, J'ai vu le chat et la marmotte Et j'ai compris que j'étais le troisième, Placé là pour voir. Comme si le Ciel avait dressé la scène Pour qu'un homme distrait Saisisse enfin la leçon. Je pars toujours du bon côté de l'homme. C'est là ma loi, et c'est là ma blessure. On appelle cela naïveté. Moi, je l'appelle Foi en notre humanité, Sincérité que l'on piétine. Mon éducation, ma foi Voilà ce qui me laisse à découvert, L'âme ouverte comme une porte sans verrou À qui sait ...
Poème
On est Le jour où l’on naît. À partir du premier grand cri, Joyeux, furieux, on avance au hasard Merveilleuse insouciance des petits cultivars. On se perd, on repart, en avant, ou en arrière Guidé, inconsciemment, par des barrières. Le ciel est bleu, c’est qu’il doit être bleu. On avance en groupe, seul ou à deux. S’il est gris, c’est qu’il doit être gris Pas d’angoisse ou de parti pris. Nos guides permanents Ce sont nos parents Papa et maman Papa et Papa Maman et maman. C’est le temps où nou...
Poème
Intime évidence Comme une intime évidence, Mêlée à une future souffrance, Depuis si longtemps dure cette floraison Que nous abordons avec passion. Le sentiment d’éternité qui m’incombe en cette compagnie Est soudain complètement altéré par des au revoir qui m’ennuient. Un jour, je devrais renoncer par respect et dévotion ; Pourtant, en mon fort intérieur, cela semble ma destination. Complètement déroutée par cette sublime errance, Inexorablement, je laisse venir à nous la fin de cette espéran...