Poème
Il y avait si longtemps que je n’avais plus souri. Il a suffi d’un instant à tes côtés pour que, naturellement, la joie revienne à moi. Tu as cet effet indescriptible qui me transporte ailleurs. Ta présence m’enivre, au point que le temps lui-même s’arrête. Si seulement ces moments à tes côtés pouvaient durer toujours… Je pourrais être librement moi, simplement heureuse. Jamais je ne m’attendais à croiser ton chemin. J’aimerais que la vie soit ainsi faite : toi et moi sur la même route, cell...
Fable
Il existe des histoires qui ne sont pas seulement destinées aux enfants, mais à tous ceux qui ont encore un coeur capable de s’émerveiller. La fable du colibri fait partie de celles-là. Elle raconte le voyage d’un tout petit oiseau, fragile en apparence, mais porté par une volonté immense : découvrir le monde, se dépasser, et trouver sa place dans la lumière. À travers ses rencontres, ses épreuves et sa manière unique de voir la vie, le colibri nous rappelle que chacun de nous possède une éti...
Poème
Ferveur ou chagrin d'amour sont des muses communes Les cœurs brisés ou asservis inspirent les plumes Vantant toute la beauté d'une telle adoration Ignorant le ver dans le fruit de la passion Qui chante sur les sentiments asséchés ? Sur ceux qui ne veulent plus être aimés? Un poème sur les fins inaccessibles Une cage d'acier aux barreaux intangibles La tragédie des cœurs exsangues Prisonniers d'une toile sans mercie Un fil rompu révèle la gangue D'une geôle tissée de tyrannie Essayer et échou...
Poème
Éloge du climat intérieur À cinq heures trente du matin, En plein hiver canadien, Quand le vent coupe les chemins Comme un couteau venu de rien, Tu sors, le souffle contre le cœur, Le pas prudent, la sueur gelée, Cherchant à dompter la douleur De l’air qui mord sans s’excuser. À –15°, ressenti –27°, Le corps se ferme, se fait gardien. Il économise, il reste sobre, Refuse tout geste incertain. Tu marches moins vite, tu penses plus bas, Tout s’éteint avant de naître. Même la colère n’y résiste ...
Poème
Comme un beau livre de fantaisie Mes rêves sont bercés de magie A pas feutrés, je découvre une forêt Où les arbres ont l'air de s'écarter ✾ Me saluant de leur majesté J'en apprécie toute la beauté Se pointe alors une lueur Comme un doux rayon de bonheur ✾ Qui me chatouille dans le dos Me poussant au bord de l'eau Où cristalline est l'onde de la rivière Qui sillonne cette jolie clairière ✾ C'est alors que dans le silence Le murmure se fait chuchotement Et les rires éclatent de bulles Mille éti...
Essai
Chaque être humain aspire à la paix. C’est un désir universel, aussi ancien que l’humanité elle-même : Trouver un état intérieur stable, où le cœur cesse de trembler et où l’esprit s’apaise. Pourtant, la vie oppose à cette aspiration une réalité instable. Les événements basculent, les corps fatiguent, les relations changent, les certitudes s’effritent. Il suffit parfois d’un instant pour que l’équilibre intérieur se brise. Les traditions spirituelles rappellent que cette instabilité n’est pas...
Poème
Lumière d'hiver Le matin s’ouvre sur un froid tranchant, un froid qui nettoie l’air comme une vérité simple. Dans le bus enfin chauffé, les vitres sales portent encore les marques de la neige séchée, comme si l’hiver avait griffé le verre. Dehors, tout est plus clair : la lumière des lampadaires glisse sur la neige fraîche et transforme la rue sombre en une avenue d’argent. Les lampadaires se dressent, fiers, immobiles, comme un firmament de lunes renvoyant une lumière que seuls les cœurs com...
Texte court
. Cela faisait cinq générations qu’ils élevaient des vaches laitières. Depuis qu’il avait repris la ferme, il perdait de l’argent. Alors, il a fait abattre son troupeau dans l’abattoir du coin. Il a vendu les trayeuses automatiques, les cuves, démoli les étables, fait place nette. Il ferait du tournesol, du lin et un peu de maïs. Donc un beau matin, avec sa belle rampe d’arrosage toute neuve, il a pschitté ses prairies bien vertes pour pouvoir semer ses nouvelles cultures. Mais les escargots,...
La coupe est encore pleine ♫
Coup de gueule
Ce Monde n'a jamais su faire mieux que semer des troubles pour davantage édifier des lois, des règles, des normes, des ordres aux injonctions paradoxales. Pour notre Bien, bien entendu ! Après le Chaos, la Paix ! Paix à leur âme, tant pis pour les larmes. Il est tellement plus facile de tout raser quand tout est anéanti. Allez, arrachons les pages noires pour en gager des bien blanches. Les survivants groggy mangent dans la main de qui la leur tend. Il faut pourtant se méfier de ces mains ten...
Texte
Souvenirs de Paimpol Je m’appelle Paul et je suis seul et sans boussole dans cet hiver interminable. Le froid comme un pinçon a congelé mon cœur minable. Je m’appelle Paul, j’ai la gueule d’un vieux garçon, j’avale mon tilleul et je broie des glaçons. D’aise j’ai mon content. Je n’ai besoin de rien sinon d’un bout de pain. Je me souviens d’un temps, c’était avant-hier, avant ce temps de chien. Aujourd’hui c’est l’hiver. Un implacable blanc de brouillard et de pluie escamote le fruit, le fruit...
Poème
Cette nuit, j'ai rêvé que j'étais morte. D’en haut, je contemplais mon corps, Ma peau nue, reposée et détendue, Mon visage calme et clair, Semblaient n'avoir jamais souffert. Alors que la nuit m'emporta, Dans une dernière étreinte, Mon âme se délivrait de ton emprise, Et ma lueur commençait à s’éteindre. Cette nuit je te vis me retenir. Je sentis ton corps m'étreindre, Une dernière fois pour un dernier effroi, Avant de partir et de m'éteindre. Mon corps douloureux ne fut plus. Et ton pouvoir ...
Poème
Quand le ciel se déchire et déverse ses eaux, Et que l’aube vacille au poids des flots nouveaux, L’homme avance en silence, humble dans la tempête, Sentant qu’au fond des choses un mystère s’apprête. Car parfois la terre ouvre un passage secret ; Un frisson la traverse et le monde apparaît Comme un souffle profond où la matière tremble, Un rappel sans détour que tout naît et s’assemble. Puis montent les clameurs, les foules en sursaut : Les peuples se soulèvent, cherchent un renouveau, Et dan...
Article
Il y a dans chaque vie des moments où le monde se fendille, où les illusions humaines se déchirent comme un rideau trop fin. Je me souviens du 10 octobre 1980. Un vendredi. Il était 13h25. Je faisais encore la sieste – cet instant suspendu entre l’enfance et le jour. Puis la terre a grondé. Les meubles ont raclé le sol, la vaisselle a cliqueté comme si elle cherchait à s’enfuir, et les lustres se sont mis à osciller au-dessus de nos têtes, pareils à des pendules devenus fous. Les adultes parl...
Texte
Vous savez, l’autre jour, je suis allé acheter une montre… mais pas n’importe laquelle, une montre qui ne donne pas l’heure, mais qui donne… le temps. Oui, le temps. Enfin, c’est ce qu’ils m’ont dit. Moi, j’ai toujours trouvé que l'heure, ça se donne mal. On essaie de la donner, elle s’échappe. On essaie de la prendre, elle se sauve. On croit l’avoir, et hop, elle est déjà ailleurs… Alors je me suis dit : si je ne peux pas avoir l’heure, autant avoir le temps… C’est plus pratique pour le per...
Croix de bois, croix d'enfer ♫
Poème
J’ai écrit des tas de "trucs" que je classe dans "poèmes", même si c’est faire offense aux véritables Poètes. Alors qu’est-ce que la poésie ? À mes yeux, un instant de vérité ; un courant d’émotions qui passe et qu’on ressent le besoin de coucher sur papier. Pourquoi ? Sait-on seulement, postérieurement, pourquoi on s’est laissés saisir et emporter par une vague qui nous dépose selon son gré sur tel ou tel rivage. <> C’est une plaie béante Une enveloppe, un emballage, un camouflage Un blindag...
Poème
Egoïste pur et dur Tu ne penses qu'à toi, celà est sûr Tu as le culte de ta personne Tu ne supportes pas qu'on te questionne Seule ta pensée compte Tu la soumets aux autres sans aucune retenue, ni honte Tu as l'orgueil de toi Seul compte ta loi Tu n'hésites pas à envoyer au front Les hommes que tu tiens par le menton Tu les mèneras au bout de leurs chemins Sans aucun remord, tu guideras leurs destins Tout celà pour toi qui les auras asservis Par tes discours et ta tyrannie Tu n'en feras que ...
Poème
Chaque samedi, Nous devenons des cartographes du temps. Assis côte à côte, Nous dessinons la semaine Sur la page blanche d’un cahier, Comme on trace un rivage Avant d’y déposer l’ancre. Notre menu prend forme Comme un poème quotidien : Tajine aux légumes, mémoire berbère ; Soupe de lentilles orange, souffle levantin ; Hachis Parmentier, héritage français ; Spaghetti Alfredo, Crémeux, tressés de patience ; Et, en marge du cahier, Le saumon encore à venir, Qui n’apparaîtra dans la maison Que le...
Poème
Un jour comme tant d’autres, Un jour ordinaire, peut-être même joyeux pour certains. Mais pour moi, c’est le noir complet. « Ce n’est qu’une date », Et pourtant elle résonne en moi Comme le glas d’un an auparavant. Comment traverser cela ? « C’est la vie », dit-on. Non. C’est la mort. Tu n’es plus là, Et tout s’est arrêté sans un seul signe. Un an maintenant Qu’une seconde a renversé nos vies. Les couleurs ont terni, Le soleil s’est enfui — toi avec. Un an maintenant Qu’un couvert manque à t...
Article
Depuis toujours, l’être humain oscille entre deux mouvements : avancer ou attendre. Agir peut ouvrir des portes, mais agir trop vite peut égarer. Ne rien faire peut protéger, mais ne rien faire par peur peut enfermer. Entre ces deux pôles existe un espace de discernement où se rencontrent la raison, le cœur et les signes que la vie dépose devant nous. Dieu demande à l’homme de faire sa part, de se lever, d’utiliser ses moyens. Mais le résultat, Lui seul en décide. Toute la difficulté réside a...
Poème
Le soir, dans le bus et le métro, je traverse une foule dense, si différente du silence de l’aube. Les jeunes racontent leurs histoires du jour, leurs aventures, leurs maladresses, avec des éclats de rire qu’ils tentent à peine d’étouffer. Des femmes, téléphone à l’oreille, orchestent déjà le souper : “Sors ceci du frigo”, “Commence à couper cela”… Leur journée n’est pas encore finie. Les célibataires serrent des boîtes fumantes d’où s’échappent les odeurs de pizza, de frites, de poulet. Et ...
Poème
Dans une autre vie, ou peut-être dans celle-ci, Toi, tel que tu es — Moi, telle que je suis. Près de toi, je deviens celle que j’ai envie d’être. Une version de moi avec qui j’aime cohabiter. Ta délicatesse, ton regard intense, Bouleversent chacun de mes sens. J’ai sans cesse envie d’être là où tu es. En ta présence, une tension m’envahit ; Mon corps entier résonne Au simple son de ta voix — Et soudain, tout s’éclaire. Pour un sourire échangé Naît un désir incandescent. Un plaisir infini Dan...
Poème
À 6h33, dans le ventre du métro, La lumière blafarde glisse Comme une pensée qui hésite À devenir parole. Tu avances avec le calme des veilles profondes, L’esprit ouvert, Mais les idées refusent de se laisser saisir. Non par flou Mais parce qu’elles se fusionnent, Comme des braises qui cherchent Leur forme commune. Entre l’espoir d’un avenir plus fécond, Plus libre, Plus juste, Et un présent exigeant, irritant, Fatiguant, Ton souffle se tient sur la corde Où se balancent les jours. L’air auto...
Article
Le froid, le corps et la sagesse intérieure Entre héritage ancestral et perception individuelle I. comme révélateur du vivant Dans la pénombre du bus de 5h54, une évidence s’impose : le froid du matin possède une manière particulière de rappeler à l’être humain qu’il est vivant. L’air glacé qui a précédé le trajet a déjà stimulé le corps et clarifié l’esprit. Il accroît la vigilance, modifie légèrement le rythme cardiaque et approfondit la respiration. Ces réponses physiologiques, bien décrit...
Poème Classique
Ô douce gourmandise, muse des mortels rassis, Qui fais du moindre festin un paradis promis ! Tu gouvernes nos sens, nos songes et nos bouches, Et fais d’un pain rassis un trésor qu’on retouche. Quand l’âme est en disette, ton règne la console : Un bon repas vaut mieux qu’un sermon qui racole. Qu’il est sot, l’homme maigre, tout gonflé de vertu, Qui compte ses péchés, mais non ses mets perdus ! Il prêche le jeûne, il punit la friandise, Mais son cœur sec jamais ne goûta la surprise D’un vin v...
Si j'existe
Poème
Dis-moi si j'existe Ô miroir, mon beau miroir, Dis-moi qui est la plus belle, Celle des plus intelligentes, Dont la maigreur t'éblouit. Fais que mes traits soient de ceux, Qui peuplent l’harmonie des vœux, Et que mon esprit soit de ceux, Qui ne connaissent les adieux. Ô miroir, mon beau miroir. Parle-moi de la beauté, Glaciale même éphémère, Délivre m'en ses secrets. Promets-moi que dans la vie, Rien ne cesse, ni se querelle, Et protège-moi de ce vide, De cet oubli éternel. Ô miroir, mon beau...