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Regret
Poème Classique
s Monotone, le temps s’envole et te désole. Sourd aux appels, cruel, il te pousse sans bruit. Impuissants tes doigts à le retenir s’affolent. Au souffle du destin, son aile te conduit. Insensible, le temps s’enfuit et tu t’ennuies. Inquiète, tu frisonnes et te rebelles, Car, semblable à la rose épanouie, Désirable et belle, tu te sais frêle. Futile, le temps glisse et tu rages. Mélancolie désespérante de tes jours, Oh ! Enivrante nostalgie du fol amour. Le temps coule sans houle et tourne les...
Poème Classique
Dans les ténèbres de maints actes Gisent les noirceurs inhumaines plein des remugles de l’horreur Ayant un accablant impact Sur l’esprit des énergumènes Occasionnant moult fureurs. La vox populi retentit Telle une vague effervescente Submergeant les rives de l’âme ; La houle rageuse aboutit Sur la terreur incandescente Entraînant avec elle le blâme. Haro sur l’hostilité vile : La nocivité satanique Affectant tant et tant d’esprits Devient cette foudre servile Frappant d’orages titaniques Les...
Poème Classique
Sous les halos blafards où tu rases les murs, Des paradis sans lois te roulent dans la fange ; Tu payes tes humeurs que plus rien ne dérange En volupté promise à des plaisirs futurs. Tu lustres dans la boue un bijou des plus purs Ornant de ta putain la chevelure d’ange ; Le parfum de l’alcôve à la lumière étrange T’enivre à sublimer les sens les plus obscurs. Noire comme l’onyx, à la hanche suave, Elle jouit de toi, tu jouis en esclave ; Tu rampes et ses pieds maculent tes espoirs. Fortuné me...
Poème Classique
Nous marchons dans le vent, l’air fier le port altier, Nos dix-sept ans dressés devant le monde entier. En spectateur usé, le badaud nous observe, Admire sans un mot une jeunesse en verve. Je te veux maintenant mon rêve coloré, Les yeux fardés de noir, le regard mordoré, Habillée en diva, maquillée à l’extrême, Tu m'envoies des baisers et lâches des « je t’aime » Les vitrines brillent à la lueur du soir, Éclairent le pavé, perpétuel pochoir, Où s'agitent pressés les vendeurs mercantiles, Pour...
Poème Classique
Le vieillard apatride arrêta son traineau, Admira la bâtisse où l'attendait la Reine, Le Prince et puis le Roi pour prononcer sa peine Et décider alors s'ils montaient au créneau. Malgré tous ses cadeaux, il finit dindonneau De la farce royale ou juste à court de veine Dans sa quête annuelle à la coupe trop pleine De briguer des papiers sans finir chemineau. Monsieur que voulez-vous, c'est la fin de la fête, Le royaume est perclus des orteils à la tête Et ne peut accueillir de barbus en son s...
Poème Classique
Nous sommes descendus cet hiver à Venise Célébrer notre amour dans la ville aux canaux, Un passage obligé, juste après les anneaux, La promesse commune et les chants à l'église. Je te revois encore un tantinet surprise, Cherchant du Rialto les rites ancestraux, Des couples amoureux naviguant sur les eaux, Parés pour la photo, les fleurs et puis la bise. La gondole échouée au milieu du canal Habille le tableau d'un désordre final Sous les yeux atterrés d'un fleuve de touristes. Nous vivons à l...
Poème Classique
Sous l’expression parfumée, L’amaryllis enflammée Nous transmet avec puissance Toute sa magnificence. Anémone enluminée, Ta parole spontanée Soigne chagrins et douleurs ; Réconfortante est la fleur. Le spadice évocateur De l’anthurium, le moteur D’un savoureux érotisme, Est d’un brillant exotisme. L’arum la fleur masculine A la fragrance câline ; Sa moderne évocation Met l’homme en ébullition Le bleuet souffle des vers Sur un air de primevère Aux timides parnassiens Qui deviennent magiciens....
Poème Classique
Aux roses de l’amour Les âmes-sœurs s’approchent Quand la Saint-Valentin Fait glisser le glamour Sur maintes anicroches Ombrageant leurs matins Le parfum dégagé Par les rouges pétales Emmènent les amants Aux troubles plongés Dans la paix qui s’étale Le long des sentiments Aux journées lumineuses Les amants s’éclaircissent Quand Saint-Valentin fête L’existence fouineuse Dans les passions narcisses Cherchant l’union parfaite Des êtres différents Qui gonflés aux noirceurs De tant d’altercations...
Poème Classique
J’ai cru devoir jouer sur la scène du monde, Pour réparer l’enfance et ses ombres profondes. Je voulais, malgré moi, vaincre mes vieux tourments, Et prouver qu’on peut naître enfin d’un cœur mourant. J’endossai, par amour, le mari, le bon père ; Non par devoir imposé, mais par choix sincère. Si j’ai failli d’un geste ou d’un mot maladroit, Ce fut faute d’être fort — jamais faute de foi. La vie masque nos fronts sous des rôles mensonges, Et l’âme, nue et froide, en silence se ronge. On peut tr...
Aube
Poème Classique
Englué dans l'ennui comme dans une boue Le bétail des humains essuyant sa sueur, S'éveillait dans le froid dès la moindre lueur Quand, de la rue, montait un grincement de roue : Des boeufs crasseux tiraient un char dans la gadoue Et des volets claquaient à l'heure du labeur; La nuit, fille du temps, retenait sa lenteur, Le vent hurlait comme un condamné qu'on encloue. Cependant à l'instar d'une etoffe qu'on froisse, Un ciel de fer s'ouvrait libérant son angoisse Sur la Terre enivrée de refle...
Poème Classique
Meurtri par le destin houleux de Varsovie, Je compose en silence et me tiens à l’écart Dans les salons feutrés propices à l’envie De souffrir chastement ou pleurer sans égard. J’ai trouvé dans Paris un gîte de bohème Où je joue, esseulé, jusqu’au bout de la nuit, La mélodie errant sur un triste poème Quand la bougie expire et que l’amour me fuit. Nocturne pathétique ou complainte ondulante Bercent un cœur peiné qui ne finit jamais D’égrener piano cet hymne qui me hante : Le souvenir cruel d’...
Deleuze Chagall
Poème Classique
Je bulle et souffle fragmentaire Entre les tables où la nuit passe Entre tes cheveux de guerre lasse Je ne pourrai jamais m’y faire Je suis de toi l’onde si lasse Si l’assassine impunément Ses deux bras ondulants d’échasse Me bercent éternellement Entre mes ongles rien ne passe L’air se décharme et se vermeille Comme la boucle à ton oreille Et ta lèvre si loin hélas Je suis venu au firmament De trois étoiles sur ta nasse Coule une rivière de mélasse Dans tous les plis de mes tourments C’est ...
De l'insouciance à la souciance
Poème Classique
Je la vis, douce lueur née d’une fine apparence, Et son regard portait la paix d’une humble décence. Je marchai vers son âme, sans crainte, en confiance, Ignorant que déjà naissait en moi sa résonance. Nos paroles s’entremêlent, tissant la connivence, Et chacun de ses mots vibrait d’une pure aisance. Je croyais à un souffle, un instant sans importance, Mais son rire éveillait mes terres en dormance. Longtemps je me cachai derrière ma nonchalance, Fuyant l’élan du cœur et craignant l’allégean...
Poème Classique
L’hiver en gelée L’hiver en flocons Couvrent les allées D’un tapis fécond De maintes glissades Et de pas feutrés Des hommes maussades De gens rassurés Marchant au travers Les enneigements Étalant l’hiver Bien diversement L’hiver citadin L’hiver pastoral Offrent l’anodin Au temps magistral Des diamants de neige Sur de verts espaces Sont les doux manèges De l’hiver qui passe Aux souffles d’un vent Chantant l’aquilon Aux esprits fervent Du sacré vallon L’hiver lumineux L’hiver ombragé Sont fara...
Poème Classique
Apothéose en quelques éléments. 22 La bise a fustigé les brumes puis bistré, Puis flagellé nos joues puis nos corps chapitré Puis tancé la rondeur d’un nuage bohème. La bise fulminant dans l’antépénultième A cinglé la couleur éclatante des stores Puis semé le chaos puis le chaos encore… 23 En rafales la pluie gerbe sa diagonale. Elle ricoche à verse en un précipité, Flèches sur le pavé qu’on entend crépiter, Cataractes en rut que la chaussée exhale. Elle ondule en guirlande et chamarre et déc...
Poème Classique
Reviennent ces hivers aux silences ouatés D’épaisse brume, aux ciels coiffés d’albe volute ! Et que la plume – en coryphée – me persécute, Égaillant ses asters par les vents agités. Mieux qu’un arôme en l’air d’immobiles étés, En leur costume ébouriffé de vagues roses Serties d’écume, en leurs bouffées d’âme moroses, J’aimais le gel austère, et du froid les fertés. J’étrennais mes jeudis comme on ouvre le bal, Quand des anges ourdis d’un givre boréal Greffaient par jeu quelques tessons à ma v...
Poème Classique
Je vous dirai l’onde amertume et la panse dépenaillée de ces ineptes paquebots dont le nonchaloir ambulant compose avec la morne écume et la plainte des goélands lorsqu’une figure en lambeaux sur la proue semble criailler. J’apaiserai leur repentir de n’avoir l’ombre d’un gréement dont la grand-voile soliloque et claque dans l’expectative tandis que leur moteur suffoque en quintes réitératives en long cortège de soupirs, en armée de spasmes déments. J’affabulerai leurs sanglots déversés sur l...
Poème Classique
Dardant comme le soleil Mettant les sens en éveil Les rayons de la passion Mettent en ébullition L'être humain frigorifié Quand l’amour s’est liquéfié Dans les méandres obscures Des blessures de piqûres Sur cet esprit amoureux S’égarant dans un cœur creux L’amour étend ses faisceaux Sur les amers soubresauts Des sentiments lunatiques Ô combien anecdotiques Sous l’astre sentimental Le désamour dur métal Passionnément se dissout Et déverse tout son soûl Sur tant de vicissitudes En donnant la l...
Poème Classique
Ô douce gourmandise, muse des mortels rassis, Qui fais du moindre festin un paradis promis ! Tu gouvernes nos sens, nos songes et nos bouches, Et fais d’un pain rassis un trésor qu’on retouche. Quand l’âme est en disette, ton règne la console : Un bon repas vaut mieux qu’un sermon qui racole. Qu’il est sot, l’homme maigre, tout gonflé de vertu, Qui compte ses péchés, mais non ses mets perdus ! Il prêche le jeûne, il punit la friandise, Mais son cœur sec jamais ne goûta la surprise D’un vin v...
Poème Classique
Envoyez-lui des pensées D’amour et de compassion Pour que le mal insensé Se meurt sous votre affection Pour que son lit de douleur Se transforme en lit serein Afin que son âme en pleurs Puisse écouter les refrains De la pensée magnanime Émanant d’une personne complètement anonyme Gloire à l’être qui façonne Le pieux soulagement Empreint de félicité Puisse l’ardent sentiment Saisir son cœur de bonté Les vapeurs de votre esprit Pleuvront sur l’homme en tourment Abandonnez le mépris Qui ternit ...
Poème Classique
On nous dresse à penser, dès l’âge du biberon, Que l’ordre est vérité, que l’obéissance est reine ; Et l’enfant, qu’on façonne en statue de raison, Grandit tout endormi sous l’hymne à la rengaine. Apprends, petit mouton, les verbes et les dates, Mais tais-toi si ton cœur s’avise de rêver ; Le maître a toujours tort de vouloir te sauver, Et l’école produit des sages acrobates. Puis vient le saint emploi, moderne confesseur, Qui bénit la routine et maudit l’imprudence : Lève-toi, gagne et meur...
Poème Classique
« Au dehors la rue s’allume Jaune, orange ou canari » Louis Ducreux, La rue s’allume Ville multiple et grise et trop géométrique Où ne reste plus rien de ce qui faisait rêver Dans la rue des Galions aux lanternes magiques Soufflées par le flot rouge des bombes éclatées. Mais c'est là, Cathie, que je t'ai retrouvée Tes yeux d'aigue-marine, fardés comme le ciel, M'ont délivré soudain du terrible sommeil Où la vie malfaisante me tenait enchaîné. La rose a refleuri que je croyais fanée Ton rire ...
Le carré vide
Poème Classique
Là, les herbes folles ne sont plus folles, Là, toutes les narcisses ont fané Ne reste plus qu’un grand carré Où toute vie est rendue molle. Là, les cris d’enfant ont disparu. Ne reste plus que l’arbre mort Imprégné de tous nos efforts Pour qui pourrait trôner dessus. Les oiseaux ont quitté le nid Perché dans les poutres la haut Qui soutenaient un peu plus tôt Notre bâtisse bien jolie. Et je reviens et rien n’est plus. Je ne la verrai plus jamais Ma grande maison de poupée, Mon temps heureux ...
Poème Classique
La brouillasse s'enfile Sur un matin d'automne ; Devant les yeux défilent Un avenir atone ; Pourtant, la couleur or D'une feuille d'automne Plante un joyeux décor Dans le ciel monotone. Les plantes de l'été Se fanent en automne ; Joies et éternités, Dans les fleurs, se cantonnent ; Les gracieux chrysanthèmes Éclosant en automne Fleurissent les « Je t'aime » Sur sur les vues qui cartonnent. Quand la Toussaint pavane Sous les frimas d'automne, Lorsque les caravanes D'oiseaux pour nous entonnen...
Poème Classique
Ô toi, qui naguère d'un ciel tranquille faisais place, Et répandais tes bras pour abriter la grâce; Ton épaisse couronne aux astres se voyait, Et mille chants d'oiseaux en ton sein se lovaient. Tu portais dans tes cernes la mémoire des ans, La sève était un fleuve au murmure des chants. Ton écorce, parchemin où l'histoire s'inscrivait, A pris, sans sentiment, le sel des vents passés. Puis vinrent, par les champs, des pas de comptes et fers, Des yeux avares, lourds de chiffres et de déserts. ...