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En France, une œuvre entre dans le domaine public 70 ans après la mort de tous ses auteurs.
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Charle Baudelaire (1821-1867) Ce poème apparaît dans la seconde édition des Fleurs du Mal en 1861 dans la section « Spleen et Idéal » après Parfum exotique. Sa muse exotique est certainement Jeanne Duval, sa compagne métisse. Ô toison, moutonnant jusque sur l'encolure ! Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir ! Extase ! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure Des souvenirs dormant dans cette chevelure, Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir ! La langoureuse Asie et la brûlante Afrique...
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Charles Baudelaire - - - Ils marchent devant moi, ces Yeux pleins de lumières, Qu’un Ange très-savant a sans doute aimantés ; Ils marchent, ces divins frères qui sont mes frères, Secouant dans mes yeux leurs feux diamantés. Me sauvant de tout piége et de tout péché grave, Ils conduisent mes pas dans la route du Beau ; Ils sont mes serviteurs et je suis leur esclave ; Tout mon être obéit à ce vivant flambeau. Charmants Yeux, vous brillez de la clarté mystique Qu’ont les cierges brûlant en plei...
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▬ Célèbre poème descriptif de Victor Hugo, publié dans Les Orientales en 1829.▬ Les Djinns Murs, ville, Et port, Asile De mort, Mer grise Où brise La brise, Tout dort. Dans la plaine Naît un bruit. C'est l'haleine De la nuit. Elle brame Comme une âme Qu'une flamme Toujours suit ! La voix plus haute Semble un grelot. D'un nain qui saute C'est le galop. Il fuit, s'élance, Puis en cadence Sur un pied danse Au bout d'un flot. La rumeur approche. L'écho la redit. C'est comme la cloche D'un couvent...
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Arthur Rimbaud (1854-1891) Je m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel, Muse ! et j'étais ton féal ; Oh ! là ! là ! que d'amours splendides j'ai rêvées ! Mon unique culotte avait un large trou. - Petit-Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse. - Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des...
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Sois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. Tu réclamais le Soir ; il descend ; le voici : Une atmosphère obscure enveloppe la ville, Aux uns portant la paix, aux autres le souci. Pendant que des mortels la multitude vile, Sous le fouet du Plaisir, ce bourreau sans merci, Va cueillir des remords dans la fête servile, Ma Douleur, donne-moi la main ; viens par ici, Loin d’eux. Vois se pencher les défuntes Années, Sur les balcons du ciel, en robes surannées ; Surgir du fond des eaux l...
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A M. Edgard Tinel Au Chrétien Encore un mot avant de t'en aller Et puis au loin, tu peux laisser voler Mon souvenir. Oh ! Tu fais bien mon frère, De consacrer ta harpe noble et fière, Au Dieu puissant qui, d'un souffle divin, Fit l'univers et l'humble genre humain Au créateur, à l'immortel génie Qui te donna le talent et la vie Oh ! Tu fais bien d'aimer ce Dieu d'amour De lui payer d'un généreux retour L'immense don qu'il fit à ta jeune âme De lui vouer cette divine flamme Qui brûle en toi :...
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Jean Fréron Élie-Catherine Fréron (1718-1776) Célèbre critique & brillantissime journaliste à la plume caustique, qui n'avait rien à envier à celle de Voltaire connu pour être son adversaire et l'ennemi des philosophes. Voltaire Ne supportant pas ses sarcarsmes, l’attaqua frontalement avec toute sa verve dans de nombreux écrits satiriques : comme dans ce poème ci-dessous. • • • D’où vient que ce nom de Fréron Est l’emblème du ridicule ? Si quelque maître Aliboron, Sans esprit comme sans s...
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Onzième fable du livre IX publiée en 1668 Cette fable est dédiée au duc de La Rochefoucauld * * * Un Homme qui s'aimait sans avoir de rivaux Passait dans son esprit pour le plus beau du monde : Il accusait toujours les miroirs d'être faux, Vivant plus que content dans son erreur profonde. Afin de le guérir, le Sort officieux Présentait partout à ses yeux Les conseillers muets dont se servent nos Dames ; Miroirs dans les logis, miroirs chez les Marchands, Miroirs aux poches des Galands, Miroir...
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Aquarelle d'Eugène Lami pour la Nuit de décembre, poème d'Alfred de Musset. (Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois-Préau, Rueil-Malmaison.) Interprété par Paul-Emile Deiber LE POÈTE Du temps que j'étais écolier, Je restais un soir à veiller Dans notre salle solitaire. Devant ma table vint s'asseoir Un pauvre enfant vêtu de noir, Qui me ressemblait comme un frère. Son visage était triste et beau : A la lueur de mon flambeau, Dans mon livre ouvert il vint lire. Il pencha son fron...
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Si la mort est le but, pourquoi donc sur les routes Est-il dans les buissons de si charmantes fleurs ? Et lorsqu'au vent d'automne elles s'envolent toutes, Pourquoi les voir partir d'un œil momifié de pleurs ? Si la vie est le but, pourquoi donc sur les routes Tant de pierres dans l'herbe et d'épines aux fleurs, Que, pendant le voyage, hélas ! nous devons toutes Tacher de notre sang et mouiller de nos pleurs ? Louise-Angélique Bertin
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Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein, Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde, Châtrés dès le berceau par le siècle assassin De toute passion vigoureuse et profonde. Votre cervelle est vide autant que votre sein, Et vous avez souillé ce misérable monde D’un sang si corrompu, d’un souffle si malsain, Que la mort germe seule en cette boue immonde. Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin Où, sur un grand tas d’or vautrés dans quelque coin, Ayant rongé le sol nourri...
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Correspondance de George Sand et d’Alfred de Musset publiée en 1904 ***** Contexte Le jeune Alfred de Musset - de six ans son cadet - et George Sand vécurent une relation, houleuse, passionnée, agrémentée de trahisons et de ruptures. Cet épisode donna lieu à une intense correspondance qui compte des lettres d'amour parmi les plus belles de la langue française. George Sand et Alfred de Musset ont souhaité après leur mort laisser à la postérité leurs échanges afin de rétablir la vérité sur leu...
Extrait acte 4, scène 4 Iphigénie
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IPHIGENIE Mon père, Cessez de vous troubler, vous n'êtes point trahi. Quand vous commanderez, vous serez obéi. Ma vie est votre bien. Vous voulez le reprendre Vos ordres sans détour pouvaient se faire entendre. D'un oeil aussi content, d'un coeur aussi soumis, Que j'acceptais l'époux que vous m'aviez promis, Je saurai, s'il le faut, victime obéissante, Tendre au fer de Calchas une tête innocente, Et respectant le coup par vous-même ordonné, Vous rendre tout le sang que vous m'avez donné. Si p...
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Lorsque, par un décret des puissances suprêmes, Le Poète apparaît en ce monde ennuyé, Sa mère épouvantée et pleine de blasphèmes Crispe ses poings vers Dieu, qui la prend en pitié : – « Ah ! Que n’ai-je mis bas tout un nœud de vipères, Plutôt que de nourrir cette dérision ! Maudite soit la nuit aux plaisirs éphémères Où mon ventre a conçu mon expiation ! Puisque tu m’as choisie entre toutes les femmes Pour être le dégoût de mon triste mari, Et que je ne puis pas rejeter dans les flammes, Comm...
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Charmante lyre, Où l'amitié grava mon nom, Dieux ! Quel transport divin m'inspire ! Oui, tu m'apportes d'Apollon L'heureux délire. Divine lyre, Couronne-toi d'un myrte heureux. Du dieu des vers je sens l'empire, Et des muses, des ris, des jeux L'heureux délire. Brillante lyre, Fille aimable du dieu du jour, Vénus à mes chants va sourire ; Je vais moduler de l'amour Tendre délire. Aimable lyre, D'Anacréon peins-nous les jeux : Sous mes doigts frémis et soupire ; Rends-nous de ses vers amoureux...
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Fourmillante cité, cité pleine de rêves, Où le spectre en plein jour raccroche le passant ! Les mystères partout coulent comme des sèves Dans les canaux étroits du colosse puissant. Fourmillante cité, cité pleine de rêves, Un matin, cependant que dans la triste rue Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur, Simulaient les deux quais d'une rivière accrue, Et que, décor semblable à l'âme de l'acteur, Un brouillard sale et jaune inondait tout l'espace, Je suivais, roidissant mes nerfs com...
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Il pleure dans mon cœur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon cœur ? Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un cœur qui s’ennuie, Ô le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce cœur qui s’écœure. Quoi ! nulle trahison ?… Ce deuil est sans raison. C’est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon cœur a tant de peine !
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Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, Traversé çà et là par de brillants soleils ; Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage, Qu'il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils. Voilà que j'ai touché l'automne des idées, Et qu'il faut employer la pelle et les râteaux Pour rassembler à neuf les terres inondées, Où l'eau creuse des trous grands comme des tombeaux. Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve Trouveront dans ce sol lavé comme une grève Le mystique aliment qui fera...
Zola par Maupassant ♫
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( Les Chroniques de Maupassant - Le Gaulois -1882) Émile Zola « Il a déchiré, crevé les conventions du comme-il-faut littéraire, passant au travers ainsi qu’un clown musculeux dans un cerceau de papier. » « J’ai voulu seulement esquisser en quelques lignes la silhouette de ce grand et si curieux écrivain, au moment où Le Gaulois va publier son œuvre nouvelle, Pot-Bouille » Guy de Maupassant Il est des noms qui semblent destinés à la célébrité, qui sonnent et qui restent dans les mémoires. Peu...
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Tu me comprends : je suis un être médiocre, Ni bon, ni très mauvais, paisible, un peu sournois. Je hais les lourds parfums et les éclats de voix, Et le gris m’est plus cher que l’écarlate ou l’ocre. J’aime le jour mourant qui s’éteint par degrés, Le feu, l’intimité claustrale d’une chambre Où les lampes, voilant leurs transparences d’ambre, Rougissent le vieux bronze et bleuissent le grès. Les yeux sur le tapis plus lisse que le sable, J’évoque indolemment les rives aux poid d’or Où la carté ...
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• Victor Hugo (1802 - 1885 ) - Les Contemplations __________________________________________________________________ J'ai bien assez vécu, puisque dans mes douleurs Je marche, sans trouver de bras qui me secourent, Puisque je ris à peine aux enfants qui m'entourent, Puisque je ne suis plus réjoui par les fleurs ; Puisqu'au printemps, quand Dieu met la nature en fête, J'assiste, esprit sans joie, à ce splendide amour ; Puisque je suis à l'heure où l'homme fuit le jour, Hélas ! et sent de tout ...
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Les jours me sont si doux en ce beau lieu champêtre, Voyant d’un fer tranchant fendre le long guéret, Et enterrer le blé jaunissant, pur, et net. Puis le voir tôt après tout verdoyant renaître. Mon Dieu le grand plaisir de voir sur l’herbe paître. La frisée brebis portant son agnelet. Et le cornu bélier qui marche tout seulet, Au-devant du troupeau, comme patron et maître. L’air est délicieux sans pluies, ni chaleurs, Un petit vent mollet fait ondoyer les fleurs. Les bois portent encor leur s...
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En 1840, Louise colet met au monde sa fille Henriette, mais ni son mari ni son amant Victor Cousin n’acceptent d’en reconnaître la paternité. Elle devient ensuite la maîtresse de Gustave Flaubert, d'Alfred de Vigny, d’Alfred de Musset et d’Abel Villemain. * * * PORTRAIT C'est un de ces frétons de la littérature, Qui, d'auteurs en auteurs, butinent leur pâture, Formant péniblement, de ce qu'ils ont volé, Un volume indigeste, et de vers, et de prose, Où, sur le frontispice un artiste les pose E...
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Victor HUGO Les Contemplations, 1856 Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends, J'irai par la forêt, j'irai par la montagne. Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au debors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe, Ni les voiles au loin de...
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Voici un texte, très connu, généralement attribué à Alfred de Musset. Cependant, il serait en réalité d'Emmanuel Arago écrivain et homme politique qui correspondit avec George Sand pendant plus de 40 ans selon la biographie qui lui fut consacrée, parue en 2022. * * * Vous qui venez ici dans une humble posture De vos flancs alourdis décharger le fardeau Veuillez quand vous aurez Soulagé la nature Et déposé dans l’urne un modeste cadeau Epancher dans l’amphore un courant d’onde pure Et sur l’au...