"Magnifique" est une pause-mélancolie mise en ligne par
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Magnifique Qu’il est triste de partir avec le cœur en bandoulière, alors qu’il fait si beau, le soleil au zénith, le ciel bleu turquoise, les roses écloses et les jardins magnifiques. Qu’elle est difficile cette solitude, sans étoiles, noire au milieu de nulle part, noire comme la suie, comme les peines sans nombre et la nuit profonde. Qu’il est sot ce désir qui vous cueille comme le printemps, aussi soudain que les premiers bourgeons étonnés. On ne l’avait pas vue, pourtant, la belle saison est revenue avec les oiseaux dans les arbres. À cette extase répandue dans la nature, l’âme ne communie pas toujours. Tandis que les sourires s’épanouissent un peu partout, on dirait que la pesanteur cimente l’âme au bitume des villes. Que nous font les mésanges insouciantes ou les enfants des vacances ? Le centre de gravité n’est plus dehors, pas même dedans. Il gît sur l’asphalte accablé par la chaleur, quelque part entre les cailloux et la poussière chaude. Qu’il est beau pourtant de croire au-dessus de tout sentiment, de regarder la lune, de croiser le regard des rêves et d’admirer la fragilité du myosotis qui frissonne sous le vent. Si seulement la contemplation de ces merveilles ne s’arrêtait jamais. Si seulement nous avions su, si seulement j’avais pu l’éviter, le dépasser ou le surprendre. Mais non. Qu’il est morose le banc public esseulé, les aires de jeux aux toboggans vides, les espoirs inutiles et les rencontres éphémères. Il aurait mieux valu croiser l’absence sans mémoire et le présent qui rend sénile les plus beaux souvenirs. On aurait peut-être moins mal. Qu’il est rude de ne pas épouser les rayons solaires en pluie sur le gazon, les écureuils qui grimpent aux arbres, les trottinettes des fillettes insolentes et les jours de juin magnifiques. Qu’elles sont mornes les heures qui s’enfuient au cœur même de la beauté qui m’entoure, les sommets silencieux des montagnes aux alentours et les lettres d’antan que je lisais avec tant de plaisir et de joie. Si seulement. Si seulement. Il est des espérances qui tordent le réel dans le sens de l’hiver, il est des gaietés importunes qui grincent la vie au milieu du renouveau printanier. Il est des êtres accablés dont l’âme ne vibre pas toujours aux liesses partagées. Qu’il est triste de partir avec le cœur en bandoulière alors qu’il fait si beau, le soleil en majesté, les nuages en fugue, les roses bavardes et les jardins magnifiques.
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Magnifique
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