"La ville invisible" est un texte court mis en ligne par
"Deogratias"..
|
|
Publication en cours de validation→ Consultez les consignes de publication dans la FAQ Les textes insuffisamment corrigés ne seront pas validés. Les textes sont à publier en français et la mise en page doit être vérifiée. Titre en français en haut de votre page - Pas de titre en lettres capitales - Pas de textes multicolores - Police et taille lisible n°5 - Pas de texte en gras noir - Mise en page harmonieuse - etc. Pour entrer ou rester sur le fil de la page d'accueil, vous devez respecter le concept participatif du site. PUBLIEZ → partagez → COMMENTEZ → participez ! |
|
|
La Ville Invisible
Je me promène dans les rues de la ville baignée par le soleil de juin. À mes oreilles, de la musique grégorienne. Les envolées polyphoniques de la liturgie enveloppent tout alentour. Les vitrines des boutiques ne sont plus que des portes anonymes vers un ailleurs indéfini, les lampadaires se changent en étoiles muettes tandis que les trottoirs sont désormais des couloirs vers le ciel azuré. Je sens aussi sur ma peau la tiédeur du jour. Mon regard écoute la psalmodie des âmes que je croise, les fleurs aux balcons saluent les anges invisibles suspendus dans l'espace, les arbres s'agenouillent dans un geste d'adoration profonde, les étiquettes des prix exposés sur les vitres, les horaires et les enseignes se métamorphosent en parchemins que les oiseaux remplissent de leurs mélodies ferventes. Une légère brise, tout en rires, soulève une mèche de mes cheveux. Je m'assois sur un banc de bois, à l'ombre d'un parc qui a tout d'une cathédrale estivale perchée en altitude. Je me décide enfin à poser mon sac et j'observe encore ce qui m'entoure. Il me vient l'idée de saisir un nuage pour essuyer mon visage en sueur, après quoi je l'essore avec soin pour me désaltérer de sa pluie. J'en profite pour saisir les ailes d'une mésange ; elle m'emporte immédiatement dans la nef centrale de la place de la Mairie. De là, je prends quelques tuiles du toit au-dessus du drapeau accroché à la façade, je les empile comme autant de trésors à donner aux chérubins ; ils aiment tant réparer les fissures de nos toitures intérieures. Juste après, je cueille les feuilles de lierre qui grimpent le long des murs, je les expose au soleil qui les change en chapelets de prières pour la paix. Petit à petit, plus je les lui tends, plus l'astre les assemble. À présent, une longue chaîne d'oraisons s'entremêle aux iris bleus, aux roses fatiguées et aux liserons. Tous ensemble, leurs antiennes s'élèvent vers les hauteurs. Bientôt, ce collier immense encercle toutes les rues même si je suis seule à le percevoir. Prise par la tendresse de cet instant dont j'ignore tout, je ramasse avec élan les larmes des fontaines, les pleurs des bébés dans les poussettes et les gouttes d'eau qui perlent encore sur les paupières de cet après-midi. Je les donne à boire au temps, à la vie, au désir et au manque. Ils sont si assoiffés. Je ne peux résister. Au détour d'une avenue, je contemple les feuillages de nos offertoires oubliés, les corporaux de nos douleurs sacrées, les espoirs mutilés de nos cœurs brisés. Je les recouvre du manteau de la lumière, de l'été et de l'innocence des pâquerettes. Tous décollent aussitôt pour se placer sur les ailes de l'aigle géant, qui se hâte alors de les emmener encore plus haut, toujours plus haut. Là où l'amour sans limites peut nous guérir. Et lui seul. Ensuite, je prends les frissons du vent, sans hésiter, je les berce dans mes bras pour les apaiser. Les sourires des couleurs florales et les poèmes cachés en elles, je les embrasse d'un baiser très pur, aussi doux qu'un bouton d'or. Je ne veux oublier personne, pas même les vitraux qui vibrent dans les lieux où je marche ; ils chantent encore avec la cloche de nos cris retenus. Je contemple en silence leurs couleurs traversées par le grand luminaire. Leurs bulles arc-en-ciel se faufilent alors sous mes pas, comme un tapis se déroule pour ne pas blesser nos âmes dénudées, en perte d'illusions. Je distingue encore nos faims inassouvies. Je m'empresse de les mettre au secret, entre les épines des rosiers et les grandes fougères. À l'ombre, personne ne les touchera. Elles sont encore si belles, quelle que soit la saison. Du début à la fin, elles parcourent nos vies carencées d'Amour divin. Enfin, je termine par une courte escapade vers le parc municipal. Plus rien ne ressemble à hier. Avec les psaumes chantés en grégorien, là, dans mes oreilles, j'entoure le monde de ma tendresse d'orante, de la ferveur des premières communions. Puis, je serre fort contre moi, par une étreinte indicible, l'Espérance de la Paix. **********
(L'abondance des images est un choix volontaire pour ce texte) |
|
|
"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
La ville invisible
appartient au recueil textes
Lire/Ecrire Commentaires
|
|
  | |
|
Texte court terminé ! Merci à Deogratias. |
|
Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.