"Marco, mon frère" est un roman mis en ligne par
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CHAPITRE VIII
Marc
Ils pénétrèrent dans la cour d'une petite ferme, isolée parmi les rochers. Silvère se retrouva devant la cheminée où la soupe mijotait dans une marmite, sur un trépied posé sur les flammes. Au centre de la pièce, une table massive, taillée dans du bois brut, était accompagnée de deux bancs inconfortables. Dans un coin, se trouvait la niche à bois, près de l'âtre. Au plafond, était suspendue une planche sur laquelle reposaient deux gros pains de campagne ronds. Dans un autre angle de cette cuisine, à côté de l'escalier qui menait à l'étage, un réchaud à gaz se voyait à peine. C'était le seul appareil rappelant les temps modernes. Silvère chercha le téléviseur ou la radio, mais en vain. Il pensa être revenu un siècle en arrière. La faible lumière de la lampe qui pendait à un mètre au-dessus de la table n'éclairait pas toute la pièce. Certains recoins restaient dans l'ombre. Silvère entendit soudain le meuglement d'une vache. Il s'étonna : — Où est la vache ? S'est-elle échappée ? — Mais non, répondit Marc, elle est dans l'étable qui se trouve juste à côté. Tu vois, la porte, là, sous l'escalier, donne directement dans une laiterie minuscule d'où tu peux passer dans l'étable. Silvère voulut voir. Pendant que Papajo mettait le couvert et retirait la marmite de sur le feu, Marc emmena son ami à. la découverte de la maison. En entrant dans le local séparant la cuisine du logement des animaux, Silvère sentit la fraîcheur sur son visage. En même temps, ses narines percevaient une odeur de lait caillé et de bidons fraîchement lavés. C'était inhabituel pour lui et il se boucha le nez, ce qui fit rire Marc, qui le rassura : — Tu t'y feras, au début, ça paraît drôle. Ils découvrirent le domaine du bétail. La chaleur qui se dégageait des bêtes réchauffa un peu le visage du jeune citadin. Un parfum particulier émanait du foin et de la paille. Silvère déclara : — Que ça sent bon ! Il n'osait s'approcher des vaches qui lui faisaient peur. Il reçut néanmoins un coup de queue qui le flagella et dessina une arabesque de bouse sur son joli veston gris. Il recula d'un pas et s'écria : — Oh ! Mon Dieu ! Que dira ma mère ? — Rien du tout, mon père va le nettoyer et il n'y paraîtra plus, fit remarquer Marc. — Et mes chaussures, elles sont sales aussi ! — Bah ! Ce n'est rien. Une autre porte au fond était fermée. Derrière la cloison, on entendait un beau remue-ménage. — Qu'est-ce que c'est ? — L'habitation de l'équipe de chèvres. Allons les voir. Au même instant, les deux garçons entendirent : — Marco ! A table, les gars ! — Ce sera pour demain, la suite de la visite. Viens, tu dois mourir de faim. Non, Silvère n'avait guère d'appétit. Tout était si différent du manoir de famille et la puanteur de la bouse lui soulevait le cœur. — Dis, questionna-t-il, on t'appelle Marco, puis-je te nommer ainsi ? — Bien sûr, j'ai l'habitude, tous les copains à l'école disent ça. Georges servit la soupe qui parut à Silvère trop épaisse. Il était accoutumé au potage velouté de Maria. De plus, de gros morceaux de pain nageaient entre les carottes et les pommes de terre. Maria, elle, moulinait méticuleusement le tout. Le rôti, par contre, plut au jeune garçon, mais seuls, quelques navets servaient de légumes. La crème qu'on versa dessus était jaune et avait un goût assez fort. Comme dessert, Silvère eut du fromage blanc qu'il mangea à contrecœur. « Si maman était là, pensait-il, elle qui me recommandait de ne pas manger de choses trop grasses ! » Le vieil escalier craqua sous le poids des enfants. Ils arrivèrent sur un palier. Deux portes étaient face à face. Marco dit en ouvrant l'une d'elles : — Attention ! il y a un rebord. Il alluma la lumière. — D'habitude, je couche avec mon père, depuis la mort de ma mère mais, comme papa ne veut pas que tu dormes seul, nous partagerons le même lit. Ronfles-tu ? — Non, dit Silvère, en souriant, mais tu sais, je ne m'entends pas. Il était rassuré : ne serait pas seul dans cette chambre froide. Ils se déshabillèrent et montèrent dans le lit ancien qui était très haut. Les draps grattaient légèrement. Un énorme édredon pesait sur leurs pieds. Papajo entra, s'approcha des garçons qu'il embrassa tout en les bordant. — Dormez bien, vous en avez besoin, dit-il. Il éteignit, sortit et la porte fut refermée. Silvère et Marco se rapprochèrent l'un de l'autre pour se réchauffer. Silvère murmura : — J'ai les pieds glacés. Qu'il fait froid ! Marco posa les siens, bien chauds, sur ceux de son ami. Silvère fut surpris, mais heureux. Le cœur en paix, il s'endormit après cette longue journée. La lune brillait à travers une fente du volet de bois. Un petit baiser sur le front réveilla Silvère. Il ouvrit les yeux et aperçut Papajo qui s'éloignait. Marc lui expliqua que son père le réveillait ainsi tous les matins pour partir à l'école. Ils se levèrent. Marco s'habilla. Silvère lui fit remarquer qu'il ne s'était pas lavé. Il lui répondit qu'il se débarbouillait toujours après avoir déjeuné. Silvère ne demanda pas plus d'explications. Il ferait comme lui. Ayant envie d'aller aux toilettes, il se renseigna sur l'endroit où se trouvaient les W.C. — Attends, je vais te donner le seau hygiénique, il est sous le lit. Si tu préfères, tu peux aller dehors, au bout de l'étable, dit Marco. — Non, non, je ne vais pas sortir. Le petit de la ville se tourna vers le mur et baissa son pyjama. Tous deux descendirent. Sur la tablé, deux bols de lait fumant les attendaient avec de grosses tartines de pain beurré. Le feu flambait dans la cheminée. I1 y avait de la buée sur les carreaux. Ils mangèrent de bon appétit, Silvère aurait bien aimé du chocolat mais n'osa pas demander. La vie était si différente de chez lui ! — Il faut vite se laver pour partir, annonça Marco. — Où est ton père ? — Il trait les vaches et les chèvres. — Comment va-t-on à l'école ? — A vélo. — Mais moi, comment vais-je faire ? — Je te conduirai, assis sur le porte-bagages. Au mur était accrochée une glace. Sous l'escalier, il y avait une petite table qui portait une cuvette. Marco sortit un broc de dessous. Il versa l'eau. Lorsque Silvère plongea son gant dedans, il s'aperçut qu'elle était glacée et eut un frisson. Son ami lui proposa : — Deux minutes, puisque tu n'as pas l'habitude, je vais te la faire chauffer. — Sur le feu de bois, demanda l'autre ? — Non, sur le gaz. Le petit montagnard fut surpris de la façon dont son copain faisait sa toilette. — On n'est pas dimanche pour se laver le torse et les aisselles ! Moi, un petit coup sur le bout du nez et hop ! En route. — Tu ne te laves pas les dents ? — L'été, quelquefois, mais l'hiver, l’eau est trop froide ! Marco pressa le petit citadin. Il faisait gris et il crachinait. L'un avait enfilé un capuchon de toile démodé, l'autre un imperméable coquet. Silvère n'était guère à l'aise sur la bicyclette et tenait fermement son camarade par la taille. La route sinueuse et caillouteuse n'était pas faite pour le rassurer. Ils arrivèrent enfin à l'école. Elle se trouvait derrière l'église. C'était une bâtisse à l'architecture lourde. Trois maîtres se partageaient les classes. Tous les enfants jouaient dans la même cour. M. Annalac avait groupé les siens et leurs correspondants sous le préau. Les cris et les bavardages prouvaient que tous étaient heureux de se retrouver. On voyait tout de suite la différence entre ces élèves aux joues colorées par l'air pur des hauteurs et les pâles mines de ceux de la ville. La tenue vestimentaire faisait remarquer que le milieu n'était pas le même. Silvère avait une attitude un peu guindée avec son veston gris et son pantalon bleu-marine. Il tenait son imperméable sous le bras. Marco avait un pull usagé sur un pantalon trop court pour lui, mais ses habits étaient propres. Ses cheveux noirs de jais, qu'il avait dû oublier de coiffer, retombaient sur son front hâlé. Son teint bruni donnait à ses yeux bleus plus d'éclat. Ils étaient vifs et très légèrement bridés. Ce garçon plein de vie faisait toujours rire ses copains. Il était un peu la « mascotte » de la classe car, malgré ses 11 ans, il était plutôt petit. Néanmoins, il était bien bâti et musclé. Une colonne se forma et se dirigea vers le village. Les maisons étaient très groupées et les rues étroites. Les maîtres emmenèrent leurs élèves et leurs amis en dehors du bourg visité une tannerie de peaux .de chèvres. Ils virent les artisans travailler. Une odeur forte envahissait la pièce. Un homme leur expliqua la façon de tanner : — Voyez-vous, les enfants, nous devons d'abord préparer les peaux. Nous enlevons les poils et la chair, c'est ce qu'on appelle l’épilage et l'écharnage. Bien sur, si on veut faire des tapis ou des descentes de lit, on laisse le poil. Ici, nous faisons les deux. Le tannage proprement dit se fait dans des fosses appelées « foulons » ou les cuirs sont traités. On procède ensuite à la nourriture du cuir en remplaçant l'eau par des matières grasses. Ainsi, le cuir est assoupli. Celui-ci est ensuite raclé, égalisé, puis séché et nettoyé. Nous terminons par le finissage, le polissage, le cirage et le glaçage. Il y a différentes sortes de cuirs selon la peau de différents animaux. Le cuir est travaillé par divers corps de métiers : les maroquiniers pour celui de la chèvre, les cordonniers, les bourreliers qui fabriquent des harnais pour les chevaux, les peaussiers qui confectionnent des gants, des sacs, des vêtements... Cette première découverte du monde montagnard occupa la matinée. A midi, la cantine fut plus chargée qu'à l'accoutumée. L'après-midi, ils se promenèrent dans la vallée. La neige commençait à fondre et on entendait le clapotis des ruisseaux. Le soleil qui perçait progressivement les nuages ferait diminuer un peu plus la couche de neige qui recouvrait le sol, là où on ne marchait pas et où ne passait aucune voiture. Vers 16 heures, tout le monde revint à l'école où fut servi un chocolat chaud. Silvère et Marc regagnèrent « la ferme des Rocailles ››. Ils étaient heureux de cette première journée ensemble. Le petit de la ville comprenait que son ami était simple et sans artifice. Il donnait son amitié à qui voulait la prendre. Il sentait cependant que, lorsqu'il l'offrait, c'était définitif. Ce n'était pas ce genre de garçon qui, pour une dispute, s'éloignait à tout jamais, comme Charlie. Il lui avait parlé de querelles qu'il avait eues avec des camarades de classe et il avait vu pourtant combien tout le monde l'adorait. Silvère qui trouvait que sa tenue ne convenait pas dans ce milieu, demanda à Papajo s'il ne pouvait pas revêtir des habits de Marco. Etant à peu près de la même taille, il trouva ce qu'il lui fallait : une vieille chemise, un anorak, un pantalon usé, des bottes. On aurait dit un petit « Poulbot ». Tous deux auraient pu être frères car leurs cheveux étaient sombres. Seuls, leurs yeux n'étaient pas de la même couleur, ceux de Silvère étaient noirs. Le lendemain, mercredi, jour de repos, les maîtres avaient décidé de laisser les enfants libres, chez leurs correspondants, afin qu'ils pussent mieux se connaître. Silvère allait découvrir la vie journalière de Marc et de son père. Un rayon de soleil filtra à travers une fente du volet de bois et vint briller sur le pied du lit. Silvère s'éveilla, son ami dormait encore. Il se sentait profondément bien. Le silence régnait dans la maison. Il avait bien chaud dans son lit. Les vaches meuglaient dans l'étable. Quelle heure était-il ? Il regarda sa montre : 8 heures. Il soupira. Marco se tourna vers lui en s'étirant. D'une voix douce encore ensommeillée, il demanda : — Tu es déjà réveillé, quelle heure est-il ? — 8 heures, répondit Silvère. — Qu'est-ce qu'on- fait ? — Veux-tu encore te reposer ? proposa Marco. — Non, on se lève, il ne faut pas perdre une minute, s’empressa de dire Silvère. Peu de temps après, ils descendirent dans la petite cuisine. Il faisait frais mais Silvère découvrit un ciel bleu par la fenêtre. C'était le 2 avril. La neige était fondue tout autour de la maison. Seuls, les sommets élevés en étaient encore recouverts. Les deux enfants sortirent dans la cour. Le sol était dur, il avait dû geler. Papajo, qui les avait entendus, ouvrit la porte de l'étable et leur cria : — Eh ! les enfants, je trais ma dernière vache et je vous prépare le déjeuner. Avez-vous bien dormi ? Vous allez pouvoir profiter du temps sec. Silvère dégusta d'énormes tartines de pain beurrées. Le café sentait bon et n'avait pas le goût de celui que Maria faisait. — Dis, Silvère, je vais faire le fromage de chèvre, si tu veux voir..., annonça Papajo. — Oh ! oui, ça m'intéresse beaucoup, je n'ai jamais vu. Le déjeuner fut vite avalé et les deux enfants se dirigèrent vers un petit bâtiment situé juste à côté de l'endroit où se trouvaient les chèvres. Un grand bac contenait du lait caillé et un autre du lait cru. Papajo se servit du premier produit. Il déposa la pâte molle dans des égouttoirs. L'odeur aigre ne plut pas au copain de son fils. — Tu vois, Silvère, la pâte s'égoutte et diminue lentement dans le récipient supérieur, cela laisse de la place et papa est obligé d'en rajouter. Elle descend petit à petit dans le gobelet situé en dessous. Demain, papa les mettra dans la salle froide pour qu'ils se transforment en fromages, expliqua Marco. Viens voir à côté. Effectivement, il faisait frais dans la pièce voisine. Là, de petits carrés de « pâte » tout noirs étaient posés sur des claies. — Papa a mis dessus du sel noir spécial pour les fromages. Regarde dans ce coin, ceux-là sont prêts à être vendus. — Oh oui ! Ils ressemblent à ceux qu'on achète dans les magasins. Faut-il beaucoup de temps pour qu'ils soient comme ça ? demanda Silvère. — Quinze jours. Il était heureux d'apprendre toutes ces choses de la bouche de son ami Marc. — Viens, maintenant, on va libérer les biquettes. Marc ouvrit la porte de bois. De très nombreuses chèvres brunes se bousculèrent vers la sortie et entrèrent dans le parc. Heureuses, elles poussaient des « Bêêêê... » à tue-tête. Silvère fut impressionné par toutes ces bêtes, lui qui ne s'en était jamais approché de si près. Il recula et interrogea son copain. — Y en a combien ? — Cinquante. Une voiture arriva dans la cour. C'était un monsieur qui venait chercher les fromages faits. — Il les emporte dans une usine où ils sont empaquetés et ensuite vendus. Attends, dit Marc, je vais en prendre un pour que tu le goûtes, ce midi. Silvère se sentait bien et ne pensait pas à ses parents. Marc et lui passèrent l'après-midi à jouer. Ils allèrent également dans la cabane du berger Alex, un vieil homme que Marc aimait beaucoup restait là, tout seul dans la montagne, au milieu des pâturages. Il élevait quelques chèvres et avait un chien, très vieux, lui aussi. Alex fit un beau feu dans la cheminée et leur raconta des histoires du temps passé qui passionnèrent Silvère. Marc, lui, les avait déjà entendues maintes et maintes fois, cependant, cela ne lui déplaisait pas de les réentendre. Ils redescendirent en fin de journée ; Silvère commençait à être fatigué, il n'avait pas l'habitude de ces longues marches, le long des sentiers pierreux. Il s'appuyait sur l'épaule de Marc. Après le repas du soir, tous les trois s'assirent auprès de l'âtre. Papajo raconta des aventures de sa jeunesse dans ces hautes montagnes et répondit aux questions des enfants. Il leur prépara un chocolat bien chaud qu'ils burent devant le feu. Silvère aimait ce climat d'amitié. Papajo était toujours présent, on pouvait compter sur lui. Marc aimait beaucoup son père. Ils étaient très proches l'un de l'autre. Il y avait entre eux des liens très forts. Ils ne se quittaient guère. Depuis la mort de sa mère, Marc s'était rattaché au seul être qu'il avait au monde et qu'il aimait profondément. Son père, Georges, était fils unique et n'avait plus ses parents. Ceux-ci s'étaient installés en montagne après leur mariage. Ils n'avaient eu qu'un fils qui avait épousé une montagnarde d'un village voisin. Georges et son fils Marc n'avaient donc pas de famille. Silvère admirait beaucoup Papajo et enviait énormément Marc d'avoir un tel père. Ses parents à lui n'étaient jamais là, même sa mère qui, pourtant, le pouvait. Le lendemain, jeudi, toute la classe prit un car qui les emmena sur les sommets enneigés. Là, une petite station de sports d'hiver avait été ouverte. Ils y passeraient la journée. Les petits villois pourraient s'exercer à skier. Beaucoup d'entre eux n'étaient pas des débutants. Ils firent une belle promenade à ski avec un moniteur. M. Miroz n'étant pas très expérimenté était resté avec les autres. Silvère et Marc skiaient l'un à côté de l'autre, faisaient la course, s'en donnaient à cœur joie. Pendant un instant, Silvère pensa à Charlie, peut-être était-ce dû au fait qu'il se trouvait sur des skis. Le sourire éclatant de son ami lui rendit sa bonne humeur. Ils passèrent une journée formidable. Ils rentrèrent le soir, les joues roses et fraîches, porteurs d'une odeur de montagne, de neige, de grand air. — Tu sais, Silvère, c'est bête qu'on doive se quitter demain, j'aimerais que tu restes avec moi, on était si bien tous les trois. J'aurais voulu un frère comme toi. — Moi aussi, je vais m'ennuyer car chez moi, mes parents sont toujours absents, mon père au travail et ma mère je ne sais où. Mais, on se reverra bientôt, au mois de juin, je pense. Et puis, je t'écrirai. Les deux enfants s'endormirent sur ces paroles de consolation. Le lendemain matin fut très triste. Silvère et Marc ne purent avaler une seule gorgée de café au lait. Papajo s'était levé plus tôt pour la traite afin d'accompagner « ses deux fils », comme il disait. Lui aussi, il aimait bien Silvère. L'enfant s'était très vite adapté à la vie montagnarde et cela lui avait plu. La 2 CV redescendit la petite route caillouteuse pour s'arrêter sur la place du village où un car les attendait. Ils n'étaient pas en retard. Silvère avait la gorge serrée et Marc ne disait rien. Papajo essayait de blaguer. Silvère posa sa valise et regarda. Marc. Le petit montagnard l'embrassa en lui tapotant le dos. Silvère lui dit alors : — Je suis si content de t'avoir rencontré. Nous serons amis pour la vie, Marco. Papajo fut le témoin de ce pacte, conclu sur la place du marché, le 3 avril, dans la brume matinale. Il en eut les larmes aux yeux. Il embrassa Silvère et lui dit : — Je souhaite, les enfants, que vous disiez vrai. C'est si beau l'amitié ! Le groupe monta dans le car. Le moteur se mit à tourner et le véhicule démarra. Aux fenêtres, les enfants faisaient des signes et agitaient leurs mouchoirs. Parmi tous les gens attroupés près de l'église, Silvère n'en distinguait que deux : Papajo et son ami Marco. Son cœur se serra, il avait envie de pleurer. |
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Marco, mon frère
appartient au recueil Ecriture longue
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