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Marco, mon frère - Roman

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CHAPITRE VI

Chute

   A peine dans la voiture qui les ramenait chez eux après la classe, Silvère apprit la bonne nouvelle à sa mère. Il ne laissait pas Mélanie parler :

   — Tu sais, maman, j'ai eu une de ces peurs ; ce matin. j'ai failli être dans la classe de Dutan. Ils s'étaient trompés. J'ai un jeune maître drôlement sympa. Au fait, il nous a proposé de correspondre avec des gars de la montagne. Il projette de faire un voyage là-bas et eux viendront ensuite.

   — Oui, c'est très beau, tout cela, interrompit Claudie, mais chez qui serez-vous hébergés ?    

   — Je crois que nous devrons être reçus par nos correspondants. Nous coucherons et mangerons chez eux et eux chez nous, lorsqu'ils viendront. C'est formidable, hein ?

   — Oui ; oui, cela peut être intéressant, bien sûr, mais à condition que les enfants soient de bonne famille.

   — Qu'appelles-tu des enfants de bonne famille ?

  — Eh bien, des enfants dont les parents les élèvent correctement et qui ne sont pas laissés à l'abandon. Il faut qu'ils aient une certaine éducation et qu'ils soient très polis, enfin des enfants de votre genre. Surtout pas des gosses de famille modeste.

   — Pourquoi maman ?

   — Parce que ce ne serait pas bien que tu sois reçu par des gens comme ça.

   — Pour quelle raison ? 

  — Eh bien, tu manquerais sûrement de confort et aussi d'attention. Tu serais mal à l'aise s'ils ne s'occupaient pas de toi. Et puis, si tu n'aimes pas leur nourriture ?

   — Ils ne mangent pas comme nous ?

  — Oh ! tu sais, ils ne doivent pas consommer de plats variés et qui sortent de l'ordinaire. Il ne faudrait pas que tu reviennes malade ! Silvère haussa les épaules et reprit :

  — Mais ce n'est pas l'important. Ce qui est valable, c'est de se voir, de visiter des choses qu'on ne voit pas chez nous.

  — Ecoute, mon chéri, tu as l'occasion d'aller à l'étranger, à la montagne, on ira d'ailleurs à Noël.

  — Oui, bien sûr, mais je pense que cela doit être bien agréable de découvrir une région, guidé par un ami.

   — Tu parles d'ami, tu as Charlie, je ne pense pas que tu pourras trouver mieux, tu sais. Je ne crois pas que tu découvrirais un grand ami sûr en deux visites.

   — Oui, mais Charlie est loin, lui. Il faudrait donner une réponse le plus tôt possible. Tu n'es pas d'accord, maman ? 

   — Ecoute, Silvère, c'est le premier jour de classe, je pense que ton maître organisera des réunions à ce sujet. Je me déciderai en fonction des conditions d'accueil.

   — De quoi ?

   — Comment tu seras logé, reçu, si tu préfères.

   — Ce sera peut-être trop tard.

   — Mais non, mais non.

   La voiture s'arrêta près du portail, Claudie appuya sur le bouton qui déclencha l'ouverture de la grille. En entrant dans la maison, elle s'écria en voyant son mari :  

   — Tiens, tu es déjà rentré ? Comment cela se fait-il ?

   — Je n'ai pas eu de visites après 16 heures. J'ai donc pu revenir plus tôt. J'ai dit à ma secrétaire de me téléphoner ici en cas d'appel. De toute façon, Claude, mon associé, avait affaire au bureau et m'a dit qu'il ferait la visite si le client ne s'y opposait pas. Les enfants embrassèrent leur père. Antoine interrogea Silvère :

   — As-tu des leçons pour demain, mon fils ?

   — Non, papa.

   — Alors, on fait un tennis, champion ? Profite, car ce n'est pas souvent.

   — Oh oui ! Je vais me mettre en tenue. Toi aussi, je suppose.

   L'enfant et son père se dirigèrent vers le court, un quart d'heure après. Antoine menait bien la partie. Silvère devait parfois courir beaucoup après la balle. Il balançait bien le bras d'arrière en avant et le son de la balle sur la raquette était mat et net. La sueur roulait sur le visage des deux joueurs. Antoine avait un jeu de jambes remarquable tandis que son fils demeurait encore un peu raide. Il manquait de souplesse. Silvère adorait ces moments si rares où il se retrouvait face à face avec son père. La force d'Antoine l'impressionnait. Il aimait sa pleine maîtrise de lui-même. Silvère était encore en grande forme lorsque son « adversaire » lui demanda de cesser le combat. Antoine faisait si peu souvent de sport qu'il se fatiguait assez vite.

   Les « deux » hommes regagnèrent la demeure familiale, serviette sur l'épaule. L'air devenait plus frais. Ils trottinèrent pour ne pas avoir froid. Ils allèrent, aussitôt, tous les deux dans la salle de bain. Ils prirent leur douche ensemble pour aller plus vite. Silvère profita de ce tête-à-tête dans l'intimité pour lui faire part du projet de son jeune instituteur.

   — C'est formidable, tu ne trouves pas, lui dit son père, cela changera un peu des vieilles habitudes. Et puis, tu apprendras beaucoup sur une région différente de la nôtre. Tu te feras peut-être aussi un ami. Je suis pour ce genre d'activité. Il faut que ta mère donne la réponse au plus vite, dit Antoine, pendant qu'il s'essuyait.

   Il s'aspergea d'eau de toilette. Silvère en fit autant, pour l'imiter. Ils se firent gronder en arrivant car ils étaient un peu en retard.

   La table occupait une grande place de la salle à manger, qui était vaste. Elle était de forme rectangulaire. Les chaises au haut dossier étaient recouvertes de tissu à rayures jaunes, rouges et vertes. Un bahut Louis XIII occupait la largeur d'un mur. Les rideaux qui garnissaient les fenêtres étaient de la même étoffe que celle des chaises. Un tapis persan recouvrait le sol sous la table. L'ensemble était harmonieux.

   Antoine et Silvère s'assirent et Maria commença à servir le potage. Le calme régnait dans la pièce. On n'entendait que le bruit des cuillères dans les assiettes. Ce n'était pas le moment de parler de correspondance scolaire. A l'allure où cela allait, le maître n'aurait pas la réponse de bonne heure ! Au bout d'un moment, alors que Maria apportait le plat de viande, Claudie dit à Antoine :

   — Au fait, Silvère t'a-t-il parlé du projet de son jeune maître ? C'est intéressant. Qu'en penses-tu ? Pour ma part, je suis d'accord.

   Silvère n'en revenait pas. Il n'entendit même pas la suite, puisque son père exposait son avis, qu'il connaissait déjà. Sa mère continua :

   — Ton père te donnera une lettre pour ton instituteur, Silvère. Ainsi, il pourra faire le point de façon certaine.

   L'enfant se leva et embrassa ses parents. Ils se regardèrent et sourirent. Il ne manquerait pas de donner la réponse à M. Miroz, certes non ! Il fût le premier, le lendemain, à apporter un mot de sa famille et il fut félicité. M. l'Instituteur insista auprès des autres élèves afin qu'ils fissent de même. Le succès de l'opération était en partie dans la rapidité de réponse des parents.

   Ceux-ci mirent beaucoup de temps à prendre leur décision si bien que ce ne fut que le 1er octobre que la lettre d'annonce pour correspondance fut envoyée. Silvère n'était pas satisfait. Il en voulait à certains d'avoir retardé le départ de cette entreprise. Enfin, d'après le maître, il ne devrait pas y avoir trop de problèmes.

  Plusieurs semaines passèrent et l'annonce ne paraissait toujours pas dans le journal en question. Tous les élèves étaient impatients. M. Miroz s'apercevant que les enfants perdaient patience de jour en jour, continua à faire le tri parmi les écoles de montagne qui passaient des appels. Toutes les semaines, il envoyait de nombreuses lettres. Il cherchait une classe qui correspondît à la sienne. Malheureusement, des réponses négatives lui parvenaient. Les maîtres avaient déjà trouvé leurs correspondants ou la classe n'avait pas d'effectifs semblables. L'instituteur s'inquiétait un peu mais ne laissait pas montrer son désarroi à ses élèves qui travaillaient bien et avec courage. Vraiment, il avait une bonne équipe dont il était entièrement satisfait.

   Les vacances de la Toussaint arrivèrent. Tous laissèrent les salles vides pour une semaine. Silvère n'avait plus le moral. Début novembre, le jour de la reprise des cours, une grande nouvelle : il y avait une lettre d'une classe de CM 1-CM 2 qui voulait bien correspondre avec la leur. Bien sûr, ce n'était pas une école de ville mais d'un gros village dans les Alpes. L'effectif n'était pas tout à fait le même. Ils étaient vingt élèves qui voulaient échanger du courrier avec les vingt-six élèves du cours de M. Miroz. Le maître jugea qu'il était préférable d'accepter car il ne savait pas ce qu'était devenu son courrier. Ce fut une grande joie dans la classe. Il fut décidé de répondre le plus vite possible. L'après-midi fut rédigée la lettre suivante :

Chers amis,

   Nous sommes très heureux que vous vouliez bien correspondre avec nous. Bien sûr, nos classes sont un peu différentes mais nous pensons que nous arriverons à nous mettre d'accord sans trop de difficultés. Nous vous envoyons ci-dessous la liste des élèves de notre classe :

   Ainsi, vous pourrez déjà choisir votre correspondant. Nous savons que vous êtes moins nombreux que nous, alors nous vous laissons établir la liste des duos.

   A la fin de la semaine, la classe reçut du courrier de Bressac. Chacun put ainsi savoir avec qui il lierait peut-être amitié. Silvère lut le nom du petit montagnard qui lui était destiné :

Marc Quentin.

 

   Qui était-il ? Où habitait-il ? Il ne savait rien de lui. Il décida aussitôt de lui écrire. Il lui raconta quelle était sa vie, comment il avait eu un ami et l'avait perdu, comment s'étaient passées les vacances...

   Il attendit avec impatience la réponse. Au bout d'une semaine, il put enfin lire la première lettre de Marc. Elle lui apprenait qu'il vivait seul avec son père, que sa mère était morte depuis deux ans. Son père avait une petite ferme et élevait des chèvres. Il faisait du fromage qu'il vendait ensuite à une usine qui le distribuait dans les stations de sport d'hiver. Marc écrivait bien. Son écriture était régulière et la page bien présentée. Silvère était ravi. Il appréhendait cependant de lire ce texte à sa mère. Elle espérait qu'il eût un correspondant du même rang que lui. Ce qu'il redoutait arriva. En rentrant, Silvère ne put cacher sa joie et il montra ce qu'il avait reçu. Claudie lut et dit aussitôt :

    — Il ne sera pas question que tu ailles chez lui, vous pourrez vous écrire mais ce sera tout.     L'enfant répliqua :

   — Et pourquoi ?

   Elle le fusilla des yeux et lui répliqua d'un ton sec :

  — Parce qu'il n'est pas question de recevoir un fils de berger chez nous. Que diraient les voisins !

   Silvère allait exploser. Il monta dans sa chambre, se jeta sur son lit et pleura .

   Sa mère ne changea pas d'avis dans les semaines qui suivirent. Lorsque Antoine insistait, elle disait seulement : « Nous verrons. »

   On arriva ainsi aux vacances de Noël. Silvère reçut plusieurs lettres et n'en parla à personne. Il allait partir aux sports d'hiver dans les Alpes. Il n'était pas question de demander de faire un détour par chez Marc. Il ne s'ennuierait pas car il aimait beaucoup skier, mais les soirées seraient longues. Dès le premier jour des vacances, il reçut un message du Brésil :

Porto Alegre, 20 décembre.

Cher Silvère,

      Ici, il fait chaud et je suppose que chez vous, il n'en est pas de même. J'ai une folle envie de sports d'hiver. Mes parents m'offrent le voyage en France, si tes parents veulent bien me recevoir. Je sais que tu vas certainement partir dans les Alpes. Je suis prêt à venir. Par la firme où travaille mon père, j'ai des réductions sur les vols. Récris-moi vite.

  Amitiés.

Charlie.

   Silvère trouvait que le ton de la lettre n'était plus le même mais fut ravi de pouvoir recevoir son ami. Sa mère, bien sûr, ne ferait aucune difficulté pour Charlie.

   Toute la famille monta dans la voiture. Sur la galerie, les skis étaient solidement attachés. Chacun portait un vêtement chaud : Claudie avait revêtu sa fourrure, Mélanie son manteau en lapin ; les « hommes » étaient déjà prêts à s'élancer sur les pistes, ils avaient mis leur anorak de ski. Il faisait très froid. « Le temps est à la neige » disait Maria qui restait à la maison. On devait retrouver Charlie à l'aéroport. Ils arrivèrent un peu en retard car il y avait eu un accident sur l'autoroute. Charlie accompagné par une hôtesse, attendait dans le salon d'attente. Cette dame était chargée de remettre le jeune garçon de 11 ans à la famille Boismorin. Les retrouvailles furent extraordinaires. Le voyage ne parut pas long aux deux amis. Mélanie qui était fatiguée demandait sans cesse si c'était encore loin.

   Ils parvinrent en soirée aux Menuires. La montagne était belle, blanche à l'infini. Antoine était épuisé. Ils descendirent dans un hôtel trois étoiles. Le lit fut le bienvenu. Le lendemain, la journée serait rude.

   Tout le monde fut sur pied de bonne heure. Il fallait aller faire la queue au bureau pour avoir des forfaits. Personne ne devait louer de matériel, à part Charlie qui n'avait plus rien. Antoine l'accompagna au magasin. Ils durent attendre un long moment car les gens semblaient s'être donné rendez-vous en même temps.

    Les garçons commencèrent par une pente douce pour reprendre contact avec la neige. Charlie avait froid. La température était si différente au Brésil ! Il remettrait un pull supplémentaire. Son teint bronzé aurait pu faire croire qu'il était déjà là depuis longtemps. Ils descendirent jusqu'au ruisseau, prirent le télésiège qui les remonta à la station. Ils ne pouvaient en faire plus car il était l'heure de déjeuner et le restaurant n'attendrait pas. Ils retrouvèrent les parents Boismorin qui skiaient avec Mélanie. L'après-midi, ils iraient avec eux, mais, pour le lendemain ils envisageaient de prendre ce qu'ils appelaient « les œufs », sortes de cabines de téléphérique ovales, et d'aller très haut. Ils savaient bien skier et n'avaient peur de rien. Ils ne le diraient pas aux adultes qui s'inquiétaient facilement.

   Ils prétextèrent une petite « balade » à ski. Les parents qui voulaient être tranquilles avant tout, laissèrent partir les deux garçons. Mélanie qui voulait les suivre fut repoussée sans ménagement. Le temps était gris lorsqu'ils s'installèrent dans les cabines. Plus ils montaient, plus ils s'enfonçaient dans la brume. Ils espéraient qu'elle serait passagère. Lorsqu'ils arrivèrent au sommet, ils étaient entourés par le brouillard. Silvère voulait redescendre par le téléphérique mais Charlie le poussa à ne pas le faire :

   — Eh bien l'ami, tu es devenu une poule mouillée, je ne te connaissais pas comme cela.

   — Ce n'est pas ça, répliqua Silvère, mais c'est dangereux, nous ne connaissons pas la piste.

   — Allez, Bébé, viens, suis-moi, se moqua Charlie.

   Silvère ne lui répondit pas et commença à s'enfoncer dans le coton. Il avait peur mais il bravait.

   Ils ne voyaient rien, ils devaient suivre les jalons qui traçaient la piste mais ils les distinguaient à peine. Cela n'allait pas très mal. Soudain, ils se trouvèrent en présence d'un trou que les gens de la station appelaient un « mur ». La neige était verglacée et les skis dérapaient. Ils n'arrêtaient pas toujours où ils auraient voulu. Une bande de jeunes les dépassa à toute vitesse. Leurs voix diminuèrent dans l'abîme. Silvère était crispé et ne demanda pas à Charlie s'il l'était. Les deux garçons se suivaient, silencieux. Ils ne descendaient pas vite et le temps semblait long. Silvère aurait voulu se trouver bien au chaud dans le salon de l'hôtel devant un chocolat. Plusieurs fois, ils manquèrent de fàire une chute. Enfin, le « mur » redouté fut vaincu. Les deux enfants s'arrêtèrent un instant pour se reposer. Charlie dit :

   — Dis donc, Silvère, tu étais vert de peur. Si tu étais au Brésil, il faudrait que tu sois moins peureux. Moi, je n'ai même pas eu un petit frisson.

   Il mentait. Silvère ne daigna même pas répondre et continua la descente. La pente était moins abrupte. Ils accéléraient un peu quand, soudain, Charlie fit Lw faux mouvement. Les deux skis se détachèrent, il dévala sur le dos plus de vingt mètres. Les bâtons volèrent dan,. l'air et Silvère faillit en recevoir un sur la tête. Les lunettes quittèrent le nez de son ami lorsque celui-ci le racla sur la neige, dans une glissade sur le ventre. Silvère fut terrorisé et resta cloué au sol. Charlie n'allait jamais s'arrêter ! Enfin, la chute fut amortie dans un creux plus profond. Silvère se précipita vers son ami qui hurlait. Il avait récupéré les skis et les bâtons au passage.

   — Tu as mal Charlie ?

   — Oui, à la cheville et j'ai quelques bosses à la tête. Tu parles d'une descente ! C'est drôle, je n'ai pas eu peur.

   — Je t'en prie, tu mens, répliqua Silvère.

   — Mais non, je t'assure.

  — Bref, n'insistons pas, regardons plutôt ta cheville. Elle est très enflée. Peux-tu quand même bouger ?

   — Bien sûr, je vais serrer ma chaussure et descendre.

   — Tu ne veux pas que j'aille chercher du secours ? proposa Silvère.

   — Ça ne va pas, répliqua Charlie méchamment. 

  Silvère ne l'avait jamais vu ainsi, il pensa qu'il souffrait et que la douleur le rendait agressif.  

   Ils se remirent en route pour la vallée. Heureusement, ils n'étaient pas très loin du but. Ils rentrèrent à l'hôtel. Les parents s'inquiétaient. Silvère expliqua ce qui s'était passé. Charlie rageait. Il lui avait it de ne rien dévoiler de leur escapade. Cependant, Silvère avait jugé plus prudent  de prévenir son père. Son ami avait une bonne entorse. Il dut rester tout le temps allongé pour pouvoir marcher pour repartir. Silvère demeurait près de lui. Non camarade était nerveux et n'était pas gentil avec lui.

    L'enfant pensait que c'était l’inactivité qui le rendait ainsi. La dernière semaine fut aussi insupportable pour Silvère que la première. Et pourtant, il n'allait pas skier pour pouvoir être sans cesse aux côtés de son copain. L'amertume commença à emplir son cœur. Charlie avait changé. Du gentil garçon bien élevé que Silvère adorait, il était devenu un petit vantard désagréable. Silvère sentit que quelque chose était cassé entre eux et il en souffrit beaucoup. Le jour du retour arriva et la guérison aussi. Cependant Charlie n'était guère plus aimable. Il en voulait à Silvère d'avoir prévenu son père, pourtant, il le fallait. Antoine le reconduisit à l'aéroport. Ce ne fut pas le grand désespoir du départ de juin.

   L'amitié s'était tuée dans cette chute aux Menuires.

   Depuis, plus de nouvelles de Charlie Brunoy.

   Silvère espérait, mais il savait dans son cœur que ce ne serait plus comme avant.

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Auteur

Yanerwan

23-11-2018

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Marco, mon frère appartient au recueil Ecriture longue

 

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