"Marco, mon frère" est un roman mis en ligne par
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Je vous présente mon premier roman écrit en 1980 ! Marco, mon frère genre : petit roman d'amitié jeunesse " L'enfant est si fragile devant la vie qu'il a sans cesse besoin de se sentir aimé. Silvère, onze ans, fils de médecin, habitant la banlieue d'une grande ville, ne peut vivre sans son meilleur ami Charlie, jusqu'au jour où..." Première partie CHAPITRE I La famille La dame blonde reposa le magazine sur la table basse et fit un clin d'oeil à un jeune garçon, blond lui aussi, qui portait une écharpe autour du cou. Des pas résonnèrent dans le couloir et la porte vitrée de la salle d'attente s'ouvrit. Un homme légèrement grisonnant, vêtu d'un costume marron, appela d'une voix douce les deux dernières personnes. Celles-ci se levèrent et le suivirent le long d'un couloir assez sombre, tapissé d'un papier à motifs géométriques. Le petit homme tenait fermement la main de sa mère car il n'aimait guère fréquenter les médecins.
La pièce était petite et carrée. Au centre, un immense bureau en acajou foncé frappait l'attention. Des tas de livres étaient rangés sur le côté. Sur la gauche, une lampe de bureau style anglais éclairait faiblement. A droite de la fenêtre, une bibliothèque ancienne supportait de gros livres reliés rouges et noirs. Dans un coin du cabinet, un lit qui ressemblait à une chaise longue élevée, attendait qu'un patient vînt s'y allonger pour le temps de l'auscultation. Le garçonnet n'eut pas à s'y étendre car le médecin lui demanda d'ouvrir la bouche afin d'examiner ses amygdales. Le docteur fixa une lampe autour de sa tête à l'aide d'une tige de fer flexible et dit : — Eh bien ! cher enfant, tu as une magnifique angine qui doit te faire souffrir terriblement. Cinq jours d'antibiotiques et il n'y paraîtra plus. Le médecin s'assit afin d'inscrire la liste des médicaments sur l'ordonnance. Il compléta la feuille de maladie qu'il tendit à la maman. Cette dernière lui remit un chèque, remercia et se leva. L'homme au costume marron raccompagna ses clients jusqu'à la porte de son cabinet. Après un sourire et quelques paroles aimables, il regagna son bureau afin de ranger quelques derniers papiers importants. Au bout d'une dizaine de minutes, il reboucha son stylo qu'il mit dans la poche intérieure de son ves-ton, se frotta les yeux, passa ses doigts dans ses cheveux, bailla et s'étira. Il boucla sa sacoche, éteignit la lampe, regagna le couloir. Ses pas résonnèrent sur le plancher puis il dévala l'escalier à toute vitesse. M. le docteur Antoine Boismorin venait de terminer sa journée, il était 21 heures. Il monta dans sa superbe CX beige qu'il venait d'ache-ter la semaine précédente. Elle sentait bon le « neuf ». Il lui fallait une demi-heure pour regagner sa maison en banlieue. La nuit tombait très tard en ce mois de juin. Il faisait chaud et on aurait dit que toute la ville s'était donnée rendez-vous aux alentours de la place de l'hôtel de ville. M. Boismorin dut s'arrêter plusieurs fois sur son trajet car des files de voitures attendaient aux feux rouges. Il stoppa devant le bureau de tabac « Le Flip » pour acheter un paquet de « Zilix » filtres. Il laissa tourner le moteur de sa voiture, il n'en avait pas pour longtemps, seulement quelques secondes. Un peu après il s'arrêtait devant la grille d'une imposante demeure bourgeoise. Il appuya sur un bouton, ce qui déclencha l'ouverture d'un portail en fer forgé. La voiture fit le tour du parc et en passant devant le perron, le chauffeur klaxonna avant d'aller au garage. La demeure de la famille Boismorin était une bâtisse assez lourde. La façade était couverte de lierre. De très nombreuses fenêtres étaient éclairées. Le docteur revint, sa sacoche à la main et franchit en courant la dizaine de marches pour arriver à la porte d'entrée. Il entra dans le vestibule, posa sa serviette sur une table basse, ôta sa veste qu'il accrocha au portemanteau et chaussa ses pantoufles. Il ouvrit la porte qui donnait dans le salon. Tout ceci ne prit que peu de temps car Antoine avait hâte de se retrouver en famille. Tout le monde l'attendait au salon sauf Maria, la bonne, qui se trouvait à la cuisine à préparer le repas. Cette vieille dame avait élevé les deux enfants, Silvère et Mélanie, lorsqu'ils étaient petits. A cette époque, Claudie Boismorin était infirmière. Elle cessa de travailler lorsque son mari termina ses études et ouvrit son cabinet à la ville voisine. Mme Boismorin et les deux enfants se levèrent lorsque Antoine fit son apparition. Il les embrassa tous les trois et demanda si le repas était prêt. Les enfants, qui étaient déjà en pyjama, dirent bonsoir à leur père et se retirèrent dans leurs chambres respectives. Ils avaient eu la permission de veiller un peu plus tard car il n'y avait pas classe le lendemain, c'était mercredi. Claudie et son mari passèrent dans la salle à manger. Deux couverts étaient mis face à face sur une nappe blanche. Maria apporta les plats. Tout tenait sur un grand plateau. Elle avait l'habitude de la maison depuis onze ans qu'elle y travaillait. Elle savait que le souper de ce soir devait être simple et peu copieux. C'était toujours ainsi lorsque M. Boismorin rentrait tard de ses consultations. Il mangeait un goûter consistant avant l'heure de ses visites lorsqu'elles commençaient à 16 heures, ce qui lui permettait de ne pas être affamé dans la soirée. Madame avait soupé avec ses enfants et grignotait seulement pour tenir compagnie à son mari. Maria revint chercher le plateau, débarrassa les assiettes qu'elle emporta dans la cuisine pour les laver. Elle en apporta un autre sur lequel se trouvaient deux tasses et un sucrier. Elle versa la tisane de Madame et, Monsieur, qui n'en voulait pas, préféra un petit digestif après cette journée fatigante. Mme Boismorin lui demanda des nouvelles de son travail. Elle lui raconta également sa séance chez le coiffeur, où elle avait rencontré une amie d'enfance qu'elle n'avait pas vue depuis longtemps. L'emploi du temps du mercredi étant aussi chargé que celui du mardi, Antoine et Claudie montèrent dans leur chambre. Dans leur lit style Louis XV, Antoine s'endormit aussitôt. La nuit précédente, il avait été réveillé par un malade. Claudie, par contre, lut un peu avant d'éteindre sa lampe de chevet. Elle pensa quelque temps au programme du len-demain. Une amie l'avait invitée à assister à un défilé dans un grand magasin et à l'apéritif organisé par le directeur pour un petit groupe de clientes bien connues et d'amis. Claudie était ravie à l'avance. Elle aimait ses enfants, bien sûr ; c'était mercredi, leur jour de congé, elle aurait pu leur consacrer un peu de son temps ! Mais, elle ne pouvait contrarier son amie Lucie. Maria, qui s'occupait bien d'eux, était là. Elle pouvait partir tranquille. De bonne heure, le lendemain matin, Antoine sur-sauta, décrocha machinalement le téléphone et le reposa, en hochant la tête. Ce n'était que le réveil qui lui rappe-lait les rendez-vous de la journée. Claudie soupira et se retourna sur le côté, lorsqu'il se leva. Il mit sa robe de chambre, passa ses mains dans ses cheveux, se frotta les yeux et sortit. La nuit avait été trop courte, encore une fois. Il descendit l'escalier et se rendit à la salle de bain. Une demi-heure après, il en ressortit habillé. Il était rasé de près. Ses cheveux grisonnants n'étaient plus embrouillés. Il portait un costume vert foncé, une chemise beige et une cravate en laine de la même couleur que son costume. A quarante ans, Antoine était encore un homme élégant ; pourtant, son métier ne lui permet-tait pas de pratiquer le sport. Les fois où il accompagnait son fils au tennis étaient rares. Peu de temps après, le bruit de la voiture sur la route s'atténuait déjà. Monsieur était parti et ne rentrerait que le soir pour souper. Tous les mercredis, il participait à un stage de formation continue. « Les médecins doivent toujours être au courant des dernières découvertes et sans cesse apprendre » disait-il à ses enfants, lorsque ceux-ci lui demandaient pourquoi il se rendait avec d'autres docteurs dans une grande école pour parler ensemble. Le calme régna encore longtemps sur la maison après le départ du maître. Silvère fut réveillé par le bruit des casseroles venant de la cuisine. Maria était déjà debout. Il se leva, regarda dans le miroir accroché au mur quelle tête il avait, tira la langue à l'individu qui l'admirait, enfila sa robe de chambre. Mickey y était représenté sur les manches, dans le dos et sur la poitrine. La ceinture était la queue de la célèbre souris. C'était le dernier cadeau de sa mère. Un mercredi qu'elle était allée à une exposition avec une amie, elle était rentrée avec un paquet pour lui et un pour sa soeur. Peut-être, était-ce pour se faire pardonner son absence ? Mélanie, blondi-nette de 6 ans et dont le nez était recouvert de taches de rousseur, avait reçu une magnifique peluche. Elle l'avait bien vite ajoutée aux nombreuses autres qui peuplaient sa chambre. « On a peine à mettre un pied devant l'autre dans votre chambre, Mademoiselle Mélanie » grondait sans cesse Maria avec un sourire au coin des lèvres. Mélanie aimait beaucoup les surprises. A chaque sortie de sa mère, elle se demandait toujours : « Que va-t-elle me rapporter ? » Même un sachet de bonbons était le bienvenu. Silvère, lui, appréciait également, mais, à 10 ans, lorsqu'on est couvert de présents depuis toujours, cela n'a plus le même intérêt. Lorsque Silvère pénétra dans la chambre de sa soeur, elle dormait encore. Il ouvrit doucement les rideaux roses. Le soleil, qui était au rendez-vous, fit aussitôt son entrée dans la pièce. Un rayon vint caresser le dessus de lit en dentelle. Mélanie ouvrit un oeil, son frère embrassa l'autre qui était resté fermé. La fillette éclata de rire, un rire ressemblant à une cascade tombant d'un rocher. Ses deux yeux bleus regardaient les deux billes marron de son frère. Mélanie ressemblait à son père par la blondeur de sa chevelure et la pâleur de son visage. Silvère avait hérité de la teinte et de l'épaisseur des cheveux de Claudie. Il avait aussi la peau très mate de sa mère. En effet, cette dernière avait eu une arrière-grand-mère espagnole dont elle était le portrait vivant. Tout en elle rappelait le soleil et la chaleur de l'Espagne. Silvère n'était jamais allé dans ce pays où sa mère n'avait plus que des cousins éloignés que les Boismorin ne fréquentaient plus. Depuis longtemps, on était Français dans la famille. Mélanie adorait son frère de quatre ans son aîné, pourtant si différent d'elle. Lui, s'il avait une grande ressemblance avec sa mère, avait le caractère de son père. C'était un enfant aimant beaucoup la solitude. Il n'avait qu'un seul ami de classe, Charlie, qu'il recevait souvent chez lui. Cela ne l'empêchait pas d'être bon camarade avec les autres. Mélanie, comme Claudie, avait beaucoup d'amies. Elle avait le goût du changement et c'était le défilé des copines à la maison. Les deux enfants descendirent l'escalier en riant. Silvère chatouillait sa soeur. Claudie les rappela au calme. Elle venait juste de sortir de sa chambre et apparaissait en haut des marches. Ils entrèrent tous dans la salle à manger où le petit déjeuner allait être servi. Sur la table, trois grandes tasses blanches sur leur soucoupe reposaient sur des carrés de tissu beige aux côtés frangés. Sur un plat en inox étincelant se trouvaient les pots de différentes confitures : groseille pour Mélanie, abricot pour Claudie et orange pour Silvère. A côté, on pouvait voir une corbeille de fruits et une autre de croissants frais et de pain grillé. Maria arriva juste après que chacun eût pris place. Elle avait les bras chargés de paquets de céréales : flocons d'avoine, pétales de maïs dorés... Elle tenait dans une main trois grands verres. Elle en déposa un devant chacun. Son arrivée fut très bien accueillie : — Bonjour, tout le monde, avez-vous bien dormi ? — Oh oui ! dirent ensemble les enfants. — A peu près, j'ai eu la migraine avant de m'endormir, fut la réponse de Claudie. S'il vous plaît, Maria, voulez-vous avoir la gentillesse de cirer mes chaussures fines, je dois partir aussitôt après le petit déjeuner. Je ne rentrerai pas ce midi. — Bien, Madame, répondit Maria. Elle prit, sur une desserte, un pichet de jus d'orange. Elle en remplit chaque verre. Silvère choisit ses céréales. Mélanie préférait les croissants et Claudie le pain grillé. Pendant que tous mangeaient de bon appétit, Maria versa du café au lait fumant dans la tasse de Silvère, du chocolat dans celle de Mélanie, mit le sachet de thé à infuser dans celle de Claudie et déposa à côté un petit pot de lait froid. Ah ! la pauvre Maria avait du travail avec le petit déjeuner afin que le goût de chaque personne fût satisfait. C'était tous les matins le même cérémonial chez les Boismorin sauf pour Antoine qui était toujours pressé et qui se préparait lui-même son café matinal. Il ne voulait pas que Maria se levât très tôt à cause de lui. |
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Marco, mon frère
appartient au recueil Ecriture longue
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