"Femme Vata" est une grande nouvelle mise en ligne par
"Ancolies".. Venez publier une grande nouvelle ! / Protéger une grande nouvelle |
|
Page :
1
2
3
4
5
6
7
|
|
|
|
|
|
05 Resto chinois
C’est chouette, c’est impromptu : on est comme d’hab un soir chez moi et, pas comme d’hab on décide de s’offrir un resto dans le coin. C’est chouette. Hormis les berges de Garonne et les jardins verts, on est toujours chez moi (12 m2). Ce soir fait donc exception, et ça ou autre chose je me sens guilleret. Dans les rues piétonnes je marche en lui tenant la main, en balançant nos bras à la recherche de la gargote appropriée. Ce sera un chinois, pas terrible pour tout dire mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! Je t’aime ! je lui dis plusieurs fois, toujours en balançant les bras, sur le chemin retour. Ma parole, la soupe à la citronnelle te rend sentimental ! elle remarque. C’est vrai que je prends pas souvent l’occase de lui dire. Elle est là, elle sera toujours là elle me l'a dit. C’est clair, ça suffit. Je t’aime ! je lui dis dans la rue à minuit. On balance nos bras en cadence et on rit. 06 Loin vers l’autre
les forêts se livrent, les aveux gémissent buissons de myrtilles, piqûres aux chevilles c'est lutter contre, les vents, les songes longue rencontre, lente distance, loin vers l'autre c'est lutter contre, les vents, les songes longue rencontre, lente distance, loin vers l'autre
07 Amour, patience et limonade
La femme vata. La femme réelle. La femme qui fait sans le soupçonner mon renouveau, mon désir d’être. Des fois je l'appelle Fillette. Parce que je l'aime à mort évidemment. Ce qu'on fait ensemble ? On sourit, quoi d'autre ? On sourit le moment offert. Le regard l'un dans l'autre. Le chemin loin vers l'autre. L'émeraude, le rubis sur la table. Le cadeau. Des crétins diraient qu’on chante pas très juste, les crétins auraient tout faux. On chante le cadeau, la joie, la simplicité et la force d'aimer. On chante d'être ensemble. De pleinement se recevoir et se donner. On chante d'être si haut, en plus que hop ! tout ça juste comme ça, hyper facile, les doigts dans le nez. Personnellement je savais même pas que des choses pareilles pouvaient réellement, dans la chair des sentiments, dans la longue rivière de la vie qu'on dévale et écrit, je savais même pas que des choses pareilles pouvaient réellement exister. Elle est fortiche à ce jeu-là Fillette. C'est qu'elle en a partout en elle, des chansons hyper belles. Bien sûr entre les bras, mais surtout partout partout dans le cœur et entre les oreilles. D'abord elle capte les mélodies du presque premier coup. Et puis. Et puis quoi ? Et puis tout. Tout, je lui dis tout. Dire tout. Vous parlez d'un trésor. Tandis que d'autres amours sont si bizarres et injustes, qui doivent composer et mentir, garder pour eux peurs, péchés et doutes afin que le bateau et le contrat engagé voguent vaille que vaille. Est-ce que notre amour avec Fillette est si riche et si libre parce qu'il n'est pas libre, parce qu’il est clandestin ? Ô je sais, il m'en reste des choses à comprendre et des foutus futurs remords à vivre. Ceux de l'amour simplement libre et riche. Tout, je lui dis tout. Nu comme un vers dans la vie devant elle, et elle m'aime. Tu parles d'un trésor. Amour Patience et Rigolade ! je lui sifflote à l'oreille gauche tandis qu'elle fait la vaisselle (c'est moi qu'ai fait le dîner). Amour Patience et Rigolade ! je lui sifflote aux récurrents moments où entre deux mille chansons on est bien un peu beaucoup contraints de faire attention à notre amour illégal. Amour Patience et Limonade ! elle embraye à la tierce. C'est dire si on s'entend. Une fois elle remonte chez moi à quatre heures du mat, quatre secondes après en être descendue. On m'a volé mon vélo, c'est ma faute, j' t'aime trop ! elle sanglote. Jamais on s'est fait la moindre anicroche, la moindre égratignure. Jamais au grand jamais. Toujours tout au cadeau et à la joie. Envers et contre tout, toujours toujours et toujours chanter. Je t'aurais pas rencontré, j'aurais passé ma vie à te chercher, elle me maile une fois. Amour secret, amour très très intime. Amour balèze.
08 Les gestes transparents
Je prends des trains dans l'air, dans des gares passagères Aux souvenirs futurs, je croise des messages Je fais les voyages pâles, les trajets inutiles
Dreling dreling dreling ! C'est quoi ce truc, ce dreling ? Ça me sonne aux oreilles, mais je le sais pas encore. J'entends rien. Complètement sourdingue. Endormi comme un vieux parapluie au pays du soleil, niché dans la problématique de ma vie pourtant bien secouée. Dreling dreling dreling ! Femme vata. Fan de toi. Je le sais pas encore que je pourrais tout écrire sur toi. Que je suis dingue de toi. De l'acceptation totale, de l'amour indélébile mutuel. De la joie, rien que la joie. Rien que le renouveau. La force de vivre, la force d'être ensemble. Et comme l'amour est simple et vaste. Et la vie avec elle. Aimer quelqu'un comme un océan. Femme de la maturité et, comme un con d'adulte/ado je le sais pas encore. Dreling dreling dreling ! Z'êtes malins, z’êtes finauds vous, vous devinez la suite. Tandis que moi, merde, putain c'est quoi encore ce truc que j'entends même pas ? - Eh mec, tout à tes affaires, tout à ton univers, à ton rêve et tes fées enchantées. Tout à ta femme vata tant chantée. Toujours à compter les avions, toujours plus haut, toujours plus seul avec tes amis les oiseaux, et au diable le reste du monde. Ouais, et ben tu ferais bien de faire un peu gaffe à ce reste de ce monde que superbement tu ignores, et vice-versa il faut bien le dire. Gaffe à ouvrir un peu tes yeux et tes oreilles. T’es intelligent, paraît-il, alors écoute, écoute le frêle tintement des inquiétantes clochettes emmitouflées de neige, écoute les flocons qui tombent en diagonale douce du ciel. Réveille-toi un peu mon gars, secoue donc un chouïa tes chères ancolies. Et pronto fissa, conseil d’ami ! - Quoi ? Vous voulez me dire que le temps nous est compté ? - Et tu sais ce qu'on dit qu'est le temps, crétin. De l’amour ! Magne-toi merde.
Qu’elle est douce, qu’elle est tendre ma femme vata adorée et chérie. Et généreuse avec ça, si vous saviez ! Par exemple elle me prête sa Ford Focus quasi neuve que vient de lui offrir son père. Elle me la prête pour une demi-journée ? Bien sûr ! Et tout un week-end si j’ai besoin ? Bien sûr aussi ! Et même, là elle me la laisse trois semaines, le temps que je parte loin, très loin, en Vendée, en vacances avec mon fils. Pendant ce temps que je lui laisse ma vieille ZX pourrie. Mais nan ça la gêne pas. Elle me la prêterait pour trois mois sa merveilleuse Focus si besoin était. Quel plaisir de rouler dans une caisse moderne, confortable, économique et super fiable. Le voyage de huit cent kms se déroule les doigts dans le nez pour l’heureux conducteur, et son jeune fiston qui dégueule pas une seule fois. S’aimer n’a que des avantages pas vrai ! Ben mon vieux, t’en as une copine sympa ! s’exclame ma famille vendéenne au vu de mon splendide véhicule. Ah mes pauvres, cette fille ferait tout pour moi si vous saviez ! Je pourrais lui demander n’importe quoi ! je leur réponds pas avec mon intimité maladive. Je suis un ingrat et un grossier personnage. Je lui téléphone à peine, à ma femme vata, pendant ce séjour de trois semaines au pays de la fleur de sel. Savoir qu’elle est là, à huit cent bornes, qu’elle m’attend et qu’elle m’aime suffit à mon amour, à mon bonheur. A ma légitimité aussi. Si tu n’aimes pas et n’es pas aimé, qui tu es ? En plus qu’elle a quitté son copain. Je vous l’avais pas encore dit ? Nan, oui ? Oui oui, elle l’a quitté il y a déjà quelques mois et a trouvé un chouette appart. Je l’ai plus qu’encouragé à prendre son autonomie. Elle est passée par trop de fourches masculines caudines. Vas-y, lance toi je lui ai répété. Trouve tes marques ! Et nos marques à nous ? Ben on y va mollo, le temps de s’accommoder à la nouvelle situation, mais nos amours n’auront plus à rester forcément clandestines. Elle est pas belle la vie ? Les vacances vendéennes se déroulent comme un tapis rouge. Je prends soin de sa voiture comme de la prunelle de ses yeux, je limite le sable de plage sur les tapis de sol et les sièges. Je visite les côtes de Noirmoutier, slalomant comme un chef entre les mauvais conducteurs et le guano des mouettes. Et puis bien sûr, vient le jour où il faut laisser les planches à voile et regagner le bercail. Ça tombe bien, je commençais à me languir sacrément d’elle. Voyage retour sans souci, puis je passe la focus par les cases aspi, lavage et plein à ras-bord de gas-oil. Eh ouais, on est correct et reconnaissant ou on ne l’est pas. Et maintenant je vais la retrouver et dîner chez elle, afin de procéder à l’échange de sentiments directs et tendres et à celui des voitures. Souhaitez-moi donc une belle soirée ! Mais oui, promis, je vous raconterai !
|
|
"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Femme Vata
appartient au recueil Rencontres
Lire/Ecrire Commentaires
|
|
  | |
Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.