Texte court ; Prose poétique ; Poème en prose → Précisez en haut de votre page.
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La promesse d'une belle journée
Texte court
Chercher mes mots, choyer la bonne graine qui pousse dans mon coeur déguingandé, demain c'est dimanche, tous les mots qu'il prononce sont des mots d'amour, il s'appelle F, une fois il m'a demandé s'il pouvait me prendre par la main, c'était un gentleman, une belle personne, il aurait pu être mon homme. On s'est arrêté à temps, on a bien fait, même s'il aurait pu me le donner ce baiser derrière l'écurie, les chevaux piaffaient d'impatience, ainsi mon coeur apeuré qui battait la chamade. J'ava...
Texte court
Chez la marchande de couleurs, on trouvait de drôles de choses. "Quel est le prix du bonheur pour cent grammes de légèreté, quelle est la valeur de la joie pour cent grammes de Carambar?" C'étaitt de drôles de calculs savants, fantaisistes, bizarroïdes. J'aimais la marchande de couleurs, chez elle la liberté se vendait par pot de 250 grammes, j'aimais comme elle présentait gaiement ses articles exposés sur des étagères décorées d'un feston à petits carreaux rouges et blancs. J'aimais comme e...
Texte court
Marcher pieds nus sur les pavés chauds du parvis de l'église avec à la main, le bouquet de la mariée, compter sur les sourires des demoiselles d'honneur pour donner toute sa grâce à la noce. Dans le grand salon des fêtes, pièce montée et pyramide de verres de cristal scintillant sous les lumières des grands lustres baroques, j'entre dans un château où l'on m'a invitée, toute de blanc vêtue. ça me rappelle un royaume et ses remparts dorés qui protégeaient un roi et une reine qui s'aimaient de...
La Nostalgie
Texte court
La nostalgie a souvent mauvaise réputation. Associée au regret, à une tristesse tournée vers ce qui ne reviendra pas. Elle ramène des images anciennes, des voix lointaines, des instants que le temps a emporté. On se compare à là, assis seul, dans nos pensées, se disant que le passé était meilleur. Elle peut devenir un piège lorsqu’elle transforme le passé en refuge idéalisé. Les souvenirs ne sont qu’embellis parce que le cerveau n’a voulu garder que le positif, afin d’atteindre le cœur et de ...
Texte court
Vivre avec les mots des jeunes enfants: "J'ai mal au ventre, je veux pas aller à l'école, je veux une glace au chocolat, je vais à la pistoche...", tout cela n'est qu'apparence, il y a en moi une femme bien cachée dans sa cabane sur une colline généreuse qui nous a offert tant de jeux à foison. Ils étaient ma paix, mon équilibre, y avait dans l'air quelque chose de fin et serein, nous baignions tous dans une félicité enjouée, nous les enfants de la placette. Cette dernière était notre royaum...
Texte court
Pulpe de fruit, pulpe d'amour, de rêve, M'enchanter d'une romance, m'émerveiller d'un songe, d'une nuit d'été, de vent maritime. Regarder la voie lactée, l'admirer, l'envelopper d'un fin papier cadeau , d'un voile opaque écru, scintillant. Qiuand l'univers brille, quand l'univers pleure de ses larmes lourdes, perles de rosée, perles de source, nuée éphémère. Flotte la lune, flotte la nuit et ses nuages cristallins, toutes les étoiles s'éparpillent, vacillent et se répandent dans les champs d...
Texte court
Ce qui m’a retenu Il y a eu un balcon. Une nuit sans témoin. La pluie tombait comme si le ciel lui-même ne voulait pas parler. J’étais trop petit pour comprendre la justice des adultes. Trop entier pour supporter ce qui me traversait. Le béton était froid. Le monde aussi. Alors j’ai pris un tabouret. Comme on prend une décision quand on ne sait plus où aller. Ma jambe a franchi la rambarde. Le vide ne disait rien. Il attendait. C’était simple. Presque rassurant dans sa promesse de silence. Et...
Texte court
Ouvre ton cœur Pour lui, les mots sont des mots. Rien de plus. Enfin, c’est ce qu’il dit. En réalité, il ne parle pas. Il bavarde. Il ne se livre pas. Il raconte. J’aimerais tant qu’il dise ce qu’il porte en lui : les fleurs fanées de jadis, les sentiers perdus, les pierres du chemin, les arbres abattus. Les mots sont des coquillages, mon ami. Prends-en un, rien qu’un. Pose-le contre ton oreille : écoute ce qu’il te murmure. Entends-tu les vagues mugissantes de tes pleurs refoulés ? Recueille...
La cupidité fait des ravages
Texte court
« Humains, moi qui vous observe d’un coin éloigné de l’univers, votre civilisation met en péril d’innombrables êtres vivants. Humains du fait de votre cupidité vous bouleversez leur mode de vie. Humains, il est temps de remettre en question vos pratiques. Humains, vous seul êtes capables de changer le destin funeste de la planète, agissez ! Humains aidez la nature à reprendre sa liberté, qu’elle soit totale, retirez-lui ses entraves, laissez-là se mettre à son aise, s’épanouir. Humains, l’es...
Texte court
Je t’aime Avec le chant des moineaux, je marche au soleil et dans le vent. Le printemps approche, tout frémit d’une joie nouvelle. Les bourgeons se dressent, les fleurs timides sortent enfin de terre. Je place mon "je t’aime" dans le souffle de la brise, je le place dans les écorces des pins et leurs épines. Puis, tant que j’y suis, je les pose aussi sur les gouttes d’eau de l’étang. J’en mets partout : dans la lumière et la chaleur qui vient, dans le sourire de l’enfant qui passe. C’est fou ...
Texte court
Normalement, ou alors généralement - les connards sont parmi nous -, on aime ses enfants. La réciproque n’est pas du tout évidente. Ce qui peut se comprendre dans le cas où les parents se sont montrés défaillants. Bon, tous les parents se montrent défaillants c’est le simple et inévitable désordre des choses, un passage obligé, mais certains, de très nombreux même se montrent très très défaillants. La raison n’est pas à chercher loin : juste dans le modèle de leurs propres parents et les care...
Et si tu m'oubliais... ♫
Texte court
Va-t’en, laisse-moi... Je ne veux pas de tes mots qui voudraient m’ôter tout espoir. M’entraîner dans tes couloirs sombres où les portes restent closes. Je te fuis, je t’ignore, je te maudis et ne te laisserai pas jeter mon besoin d’y croire. Non, tu n’arracheras pas mes larmes pour te réjouir du mal qui s’écoule. Je ne plierai pas, je ne flancherai pas, je te résisterai pour te priver du plaisir de gagner. Va-t’en, laisse-moi en paix !
Texte court
Je m’agrippe comme les deux bras d’un enfant entourent les jambes de sa mère. Je tiens bon, je ne veux pas mourir. Hors de question d’abandonner le combat, c’est une question de vie, que dis-je, de survie. Je ne veux pas tomber sur le sol en larmes en ce jour de pluie. Oh bien sûr, je suis tout mouillé de chagrin, des gouttes d’eau me glissent un peu partout, ce n’est pas grave. L’essentiel, le plus vital, c’est de continuer mon labeur, ma vie, que dis-je, ma survie. J’escalade le long des p...
Texte court
S’il vous plaît, arrachez-moi le cœur ! Ne dites plus qu’il ne reste plus d’amour ici-bas. Ce n’est pas vrai. Non, ce n’est pas vrai. Comme vous, je contemple les fumées des bombes dans les rues, les immeubles éventrés, les morts par centaines, les voitures calcinées. Ici, là-bas, si près. La guerre. Partout. Pourtant, pourtant, il reste encore la lumière dans les yeux des enfants candides. Dans les fleurs énamourées du printemps qui approche. Dans les clignements d’yeux du chien qui me fixe....
Texte court
Le Vent du Cœur Dis-moi : comment fait-on pour aimer moins lorsque l’on aime très fort ? Je ne sais pas, mon enfant, ma blessure. Je ne sais pas. Les bourrasques font tourner les girouettes sur le haut des toits. Rien ne les empêche. Rien ne les freine. Pas même les oiseaux, ni les arbres, ni la pluie, ni les fenêtres closes. Rien ne les empêche. La tempête surgit, renverse tout, puis détale. Dis-moi : comment agir pour l’aimer moins que maintenant ? Je ne sais pas, mon cœur, ma brisure. Je n...
Texte court
L’Important J’ai vécu des années sans télévision. Puis, parce que le monde, la vie, les autres… je me suis acheté de nouveau un téléviseur. Je me souviens très bien du jour où je l’ai reçu ; je ne risque pas de l’oublier. Alors que le vendeur l’installait à mon domicile et procédait aux réglages, on voyait, en direct, les avions traverser les tours du World Trade Center. Une date mémorable. L’écran entrait chez moi par le fracas du monde. Après ce premier contact, je me suis habituée. Je rega...
Le vertige de l'inachevé
Texte court
Et si la nuit, dans son manteau de velours, décidait de refermer le livre avant que j’aie pu en écrire le plus beau chapitre ? Je regarde l’obscurité et je me demande : si je partais cette nuit, que deviendraient mes rêves ? Ces fragments de moi, si précieux, si fragiles… s’éteindraient-ils avec mon dernier souffle, comme une bougie qu’on oublie sur le rebord d’une fenêtre ? Je crains ce noir, non pas pour le silence qu’il impose, mais pour la lumière que je n’ai pas encore eu le temps de di...
Texte court
Les doigts courent sur le clavier, entraînés par la musique d’un concerto de Bach, ils vont et repartent avec la même agilité que les oiseaux dans le ciel. Il n’est jamais perdu le temps à écrire un peu de beauté, un peu de vie, un peu de son cœur sur le papier. Nous célébrons l’aurore du jour qui se lève ou la nuit qui tombe. L’inattendu vient alors au moment que l’on n’avait pas anticipé. Là, soudain, il arrive, vêtu de sa robe en dimanche, blanc, immaculé, paré de sa beauté première, sans...
Texte court
J’avais un rendez-vous pour un examen médical. Dans la salle d’attente, j’ai ouvert mon portable pour regarder les statistiques d’une de mes dernières vidéos. Le résultat tomba comme un couperet : la moyenne des vues sur un réel de quinze secondes était de sept secondes. Sept secondes. Je repensais à un ouvrage dans la vitrine d’une librairie près de chez moi : « La mentalité des poissons rouges ». Livre à succès dont le sous-titre est : « Addict aux écrans, comment en est-on arrivé là ? » S...
Texte court
Le ciel est bas en ce mois de février. La pluie abreuve la terre jusqu’à saturation, les fleuves débordent et les rues sont trempées. Les oiseaux se cachent quelque part où on ne peut les déranger. Les branches dénudées des arbres ressemblent à des squelettes qui auraient gardé leurs bras levés. Leurs troncs écorchés dégoulinent de larmes en rigoles. Le bitume gris s’étonne des passants aux parapluies bien inutiles, comme si ces couvercles colorés pouvaient arrêter le chagrin d’en haut. Quel...
Montre du doigt
Texte court
On dit qu’on pointe du doigt ceux qui dépassent du cadre, Mais moi c’est l’inverse : c’est eux qui m’écrasent du regard. Dans leurs dossiers, j’suis une ligne, un code, un soupir , Un “cas compliqué”, un vieux trop vif, un humain trop réactif. On est fichés, classés, rangés dans leurs tiroirs, Comme si nos vies tenaient dans trois cases Traités d’agités, présumés trop bêtes c’est la base Humiliés en silence, et faut encore apprendre à se défendre. J’ai le verbe haut, ouais, et l’allure d’une ...
Elle
Texte court
-poème en prose- Tard le soir, elle regarde le plafond allongée sur le sol. Elle le fixe sans bouger pendant des heures, son esprit est déjà loin. Elle pense à tout, elle pense à rien, trop de choses se bousculent et pourtant elle ne s'est jamais sentie aussi vide . Cependant, un souvenir ne cesse de revenir, elle a beau le chasser autant qu'elle le veut il revient encore et encore et toujours plus fort. Elle voit ces yeux, ces yeux qu'elle a parfaitement mémorisé mais qu'elle ne saurait déc...
Texte court
Je n’ai jamais été au désert, enfin, pour de vrai. Je n’ai jamais foulé ce sable chaud sous la chaleur caniculaire. Je n’ai jamais enduré la marche sous un soleil de plomb. Non, je dois l’avouer, j’aurais bien du mal à en parler. Pourtant, oui, pourtant, je connais le désert. L’aridité de son paysage m’est familière et, pour tout dire, puisque j’en suis aux confidences, j’ai rencontré, au cœur de son décor lunaire, un homme à l’âme tourmentée. Un cœur torturé par le vide d’amour qui l’oppres...
Texte court
J’ai retrouvé mon île. Vous savez, celle dont je parle souvent. L’intérieure, l’exilée en terre inconnue. Quelque part entre ici et ailleurs, à cheval entre absurdie et non-sens. J’ai retrouvé mon île, elle flotte sur la mer ; ce n’est pas l’eau qui mugit et la terre qui chante, c’est l'inverse. Ce petit bout de jardin esseulé s’en va à la dérive, elle glisse sur les vagues contraires, elle voyage et nul ne sait la rejoindre. Abîmée entre le ciel et l’air, elle avance sans bien connaître le ...
Texte court
Le cycle Dans la tiédeur du soir calme, le parfum des roses qui se fanent, ou dans la fraîcheur de la rosée bleue matinale, ou encore dans la torpeur endormie de l'après-midi l’enfant vient au monde et pousse ses premiers cris. D’abord il ne connaît que son environnement familial. Tendre ou violent, tout lui semble normal puisqu’il ne connaît justement rien d’autre. Puis il rejoint l’école. Sans les comprendre encore il note quelques différences avec ce qu’il avait ressenti, observé peut-être...