"Arrachez-moi le Coeur !" est un texte court mis en ligne par
"Deogratias"..
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S’il vous plaît, arrachez-moi le cœur !
Ne dites plus qu’il ne reste plus d’amour ici-bas. Ce n’est pas vrai. Non, ce n’est pas vrai. Comme vous, je contemple les fumées des bombes dans les rues, les immeubles éventrés, les morts par centaines, les voitures calcinées. Ici, là-bas, si près. La guerre. Partout. Pourtant, pourtant, il reste encore la lumière dans les yeux des enfants candides. Dans les fleurs énamourées du printemps qui approche. Dans les clignements d’yeux du chien qui me fixe. Avec vous, j’entends le bruit des querelles inutiles, le vacarme des conversations vaines, les insultes et le mépris des grands pour les petits, les folles prédictions des prophètes de malheur. Pourtant, pourtant, il reste encore la pureté des glaciers à leur sommet, l’éclat lumineux de la lune ronde et pleine au milieu de la nuit et les étoiles rieuses qui parcourent la voûte des cieux. Oh, n’allez pas dire qu’il ne reste plus d’amour ici-bas. Ce n’est pas vrai. Non, ce n’est pas vrai. Levez vos yeux : regardez les branches levées des arbres qui cueillent le ciel d’azur, les plantes qui grimpent le long des murs, les coquelicots tenaces et les rêves enfantins auréolés de leur super-héros. J’entends les « je vous aime » des amoureux seuls au monde, les pas des randonneurs épris par la beauté, les artistes qui peignent des heures une rose vermeille et les premiers pas du petit d’homme, né d’une étreinte cachée. Oh non, ne dites plus qu’il ne reste plus d’amour en ce monde. Je ne peux vous croire, non, je ne le peux. Si c’est vrai, alors arrachez-moi le cœur, ou bien les yeux, ou bien les deux, moi qui le vois encore un peu partout. Avec vous, je devine les larmes des vieux et les souvenirs des combats d’autrefois. Je songe aussi aux risques nucléaires d’aujourd’hui ; je surprends les écrans avaleurs de regards, la vitesse numérique et les morts solitaires. J’entends les téléviseurs qui déversent leurs nouvelles sinistres, les enfants qui s’entretuent, les couteaux de sortie, les Somaliens qui meurent, l’Europe en feu et l’Afrique esseulée. Pourtant, pourtant, j’aperçois la course en trottinette de la gamine à la sortie de l’école, les baisers des mamans sur leur front et le sommeil des petits dans leurs poussettes. Je surprends le jardinier fidèle qui sème des primevères. Il m’arrive de découvrir des photos magnifiques de fleurs sur le fil des réseaux sociaux. Je me souviens du trophée de la victoire au premier mot balbutié par l’enfant qu’on croyait muet. Je demeure ravie devant le coucher du soleil dont les rayons traversent ma fenêtre et les fleurs de lilas impossibles à cueillir. Et que dire des caresses cachées, des mots doux murmurés à l’oreille de l’être qu’on aime ou des poèmes musicaux de l’écrivain inspiré ? Oh non, pitié, ne dites plus que l’amour disparaît, qu’il ne reste en ce monde que la froideur et l’indifférence. Je n’ai pas le goût du tragique bien qu’il s’invite un peu partout. Si vous le pensez vraiment, alors venez m’arracher le cœur, je vous en prie, ou bien les yeux, ou bien les deux, moi qui le vois un peu partout. Qui connaît l’élan oblatif d’un cœur consumé par le Divin, les dons gratuits des cœurs généreux, les vœux discrets des cierges allumés et les paroles chuchotées par l’enfant qui parle au Bon Dieu ? Sur les quais de gare, j’aperçois des mouchoirs en larmes et des mains qui s’enlacent. J’entends les chants des chorales un soir par semaine, les enfants de chœur prosternés devant l’autel, les cadeaux d’anniversaire et les faire-part de naissance. Ne dites plus jamais qu’il ne reste plus d’amour sur cette terre. Si c’est vrai, arrachez-moi le cœur. Une chanson qui rejoint mon texte, par sa beauté et l'amour qui s'en dégage...les images sont si belles...
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Arrachez-moi le Coeur !
appartient au recueil textes
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Texte court terminé ! Merci à Deogratias. |
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