" Le cycle" est un texte court mis en ligne par
"Ancolies"..
|
|
|
|
|
|
Le cycle Dans la tiédeur du soir calme, le parfum des roses qui se fanent, ou dans la fraîcheur de la rosée bleue matinale, ou encore dans la torpeur endormie de l'après-midi l’enfant vient au monde et pousse ses premiers cris. D’abord il ne connaît que son environnement familial. Tendre ou violent, tout lui semble normal puisqu’il ne connaît justement rien d’autre. Puis il rejoint l’école. Sans les comprendre encore il note quelques différences avec ce qu’il avait ressenti, observé peut-être. Puis viennent l’âge de raison, des comparaisons, de la réflexion, puis l’âge des décisions. Ô combien ne les prennent pas ces décisions, ne bougeant pas d’un iota, ignorant sans doute même qu’ils disposent d’un libre-arbitre, d’une liberté qui sait. Et nous voilà déjà dans la masse, dans la nasse. C’est quoi ces gens qui chouinent à 22 ans, 25, 35, 55, 65 etc… parce qu’ils vont mourir ? S’ils chouinent c’est qu’ils sont morts depuis longtemps. Parce qu’ils sont restés dans la masse, dans l'étrécie nasse. Parce qu’ils ont négligé, ou pas, le temps de la réflexion et n’ont de toute façon pas pris la décision. Je le sais, je ne voulais pas le croire mais je l’ai appris : tous, enfin la majorité n’en sont pas capables. Je suis au-delà du Nevada. J’ai traversé le Grand Canyon, entendu les Tuniques Bleues aux vestes rouge sang qui s’avancent et claironnent, vu l’indien mort. Lui n’en avait pas peur de cette mort, il rejoindrait, du moins le croyait-il, les vastes Prairie Eternelles. Je ne crois pas aux Prairies Eternelles, je ne crois en rien ou alors je ne sais en quoi je crois. Nous tirons notre temps ici-bas voilà tout, et si je me trompe bah ! En temps et en heure je verrai bien, non je ne m'inquiète de rien. Vous croyez que parce qu’il y a un bas, il y a forcément un haut ? A voir. J’ai refusé la masse, la nasse. Ce n’était même pas tant une question de choix que de pure et simple impossibilité. Mon souffle était éteint, mes poumons étaient cendres, je n’y respirais pas. Alors j’ai marché sans jamais regarder en arrière, sans jamais me retourner et, comme je suis encore là, je marche toujours. Combien en ai-je gravi de marches ? Aucun intérêt. Ce qui devait a été. Hier, ce matin sont déjà poussière, seul compte le nouvel instant, celui du présent. Cette vie n’a pas tourné en votre faveur, examinons-là ensemble pour voir comment vous ferez mieux la prochaine fois. Une prochaine vie ? Merci bien, une fois c’est bon, une fois suffit. Je ne veux pas être une vieille âme. Et gardez vos retrouvailles, elles ne me disent rien qui vaille. Il n’y aura pas de corbillard, tout peut s’en aller, cela ne changera rien. Maintenait je suis dans un état proche du Nebraska. Oui je marche encore, je marche toujours. Combien de pas à allonger encore, combien de jours ? Tout cela ne m’importe pas, la vie c’est simplement le temps qui de toutes ses racines pousse sans peine, la vie c'est simplement chagrin son toutr, sapin son tour. La vie ? Une nano étincelle jaillie parmi mille milliards d’année-lumière. D’années-lumière d’obscurité. Que diable n’importe lequel d’entre nous pourrait bien y changer ? Et pourtant tu veux essayer ! Même si je la comprends, quelle étrange idée. Prière, colère, retourne en avant, retourne en arrière. Tu es sable de pierre, tu es vent froid de l’hiver, soleil noir qui court hurlant au fond des mers. 20.000 fois j’ai visité 20.000 lieux sous les mers. Je n’ai rien trouvé que vases mouvantes, verte grenaille, profondeurs sans pensées, non vraiment rien qui t’aille. T'as d' la peine poussin, t'as d' la peine qu'est c' qui t'arrive, quelqu'un a ouvert les écluses, quelqu'un qui part ou qui arrive pour une raison impérative ou 200.000 raisons confuses. T'as d' la peine, tu t’éteins bébé tu t’éteins. A peine apparue, frêle buée sur le miroir d’étain, tu t’éteins. Ne t’inquiète de rien, je ne suis pas là, tu t’éteins tout va bien, juste tu t’éteins. Non ne t’inquiète de rien, oui tout va très bien, jusque l’infidèle éternité tout va très rien. |
|
|
"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Le cycle
appartient au recueil Nouvelles du monde
Lire/Ecrire Commentaires
|
|
  | |
|
Texte court terminé ! Merci à Ancolies. |
|
Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.