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Je t'aime - Texte court

Texte court "Je t'aime" est un texte court mis en ligne par "Deogratias"..

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Je t’aime

Avec le chant des moineaux, je marche au soleil et dans le vent. Le printemps approche, tout frémit d’une joie nouvelle. Les bourgeons se dressent, les fleurs timides sortent enfin de terre.

Je place mon "je t’aime" dans le souffle de la brise, je le place dans les écorces des pins et leurs épines. Puis, tant que j’y suis, je les pose aussi sur les gouttes d’eau de l’étang. J’en mets partout : dans la lumière et la chaleur qui vient, dans le sourire de l’enfant qui passe.

C’est fou le nombre de "je t’aime" que je cueille aussi un peu partout : dans les souvenirs qui reviennent, dans les yeux fantômes qui m’habitent encore, dans les coins reculés de ma mémoire apaisée.

Ce qui nous épuise n’est pas l’amour, mais l’oubli d’aimer.

Avec le violoncelle à la sonorité grave, je déambule entre les branches et les roses, entre les boutiques et les passants. Peut-être bien aussi entre hier et aujourd’hui. Qu’importe le temps passé, le temps enfui, le temps qui va toujours trop vite, j’avance : la joie de l’astre solaire irradie mon intériorité ravie.

Je regarde autour de moi, je recommence ma vocation étrange : je dépose mon "je t’aime" dans les pétales éclos, les livres ouverts, dans l’ombre et le sable, la balançoire des petits et les bancs publics esseulés.

Ce qui nous lasse n’est pas l’amour, mais de ne pas savoir aimer.

Mes "je t’aime" sont invisibles, nul ne les entend, nul ne s’en doute. Ils sont des spectres inodores, atypiques, tellement irréalistes. À ce qu’on dit.

Quand j’aime une pâquerette, un merle frimeur, les yeux délavés de ma voisine âgée, les beaux tissus à toucher, les saveurs de mon repas… Qu’est-ce que cet amour-là ? À quoi bon ?

Il sert la vie, il féconde la terre, il sème la paix, la beauté, l’espérance. Ne me demandez pas pourquoi, ni comment, mais j’en suis sûre : mes "je t’aime" aux végétaux, à la faune ou au ciel donnent à ce monde ce qui lui manque tant.

Ce qui nous fatigue n’est pas d’avoir trop aimé, mais plutôt pas assez.

Je continue ma vocation transcendante dont les frissons d’amour se propagent bien au-delà de ce qu’on voit. Je réunis mes forces fragiles, je n’épargne personne : ni les murs, ni les fontaines, ni les étoiles, ni les prairies. Je mets mon "je t’aime" partout, et partout il m’est rendu, à sa manière.

J’ai dans les tiroirs de ma chambre intérieure toute une brassée d’amour anonyme : celui donné, celui reçu, celui refusé. Des créatures aux cœurs froids aux solitudes infinies, rien n’est dépourvu de « je t’aime » ou de « je t'ai aimé ».

Ce qui nous use n’est pas l’amour, mais notre soif inexplorée.

À force d’en laisser aux quatre coins de ma vie solitaire, dans les yeux de l’indifférence, dans les jardins sans roses et les mauvais coups du sort, je regarde vers le haut, de là où descend tout amour vivant.

Rien n’est vain. Il se répand plus vite qu’on ne croit. Je me dilapide, perdue dans les arcanes de ce monde endolori. Je poursuis ma quête et ma récolte, mes rêves et mes moissons.

Ce qui nous vide n’est pas l’amour, mais sa mauvaise direction.

Je me prodigue à qui ne veut pas, je disperse les germes, les mots sans retour, les caresses rejetées. Je me gaspille en temps et contretemps, je ne saurai jamais cesser d’aimer. Je brûle seule dans l’amour refusé, mais au moins je brûle.

Ce qui nous rend vivants, ce n’est pas la vie, mais l’amour au-dedans.

Mes "je t’aime" aux allures inutiles, aux robes déchirées, aux larmes vagabondes, je vous en prie, emportez-moi.

L’amour ne fatigue pas parce qu’il serait trop grand.


Il se multiplie en minuscules, en nanosecondes, en millièmes d’atomes, du plus petit au plus grand.

Ce n'est pas l'amour qui meurt, c'est nous.

Je continuerai à dire "Je t'aime".

(Il s'agit ici d'une méditation personnelle, d'une écriture réfléchie et non pas d'une leçon. Je préfère préciser pour les esprits chagrins)...

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Deogratias

17-03-2026

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