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La Lune sinon rien - Grand Scénario ou Pièce de théâtre

Grand Scénario ou Pièce de théâtre "La Lune sinon rien" est un gand scénario ou théâtre mis en ligne par "Guy Favregros"..

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La Lune sinon rien

PIECE DE THEATRE EN QUATRE ACTES - Comédie

AUTEUR : Guy FAVREGROS

Personnages :

CELESTE Ingénieur dans l'aérospatiale.

ALEX Ingénieur dans l'aérospatiale.

ZOE Employée de l’ESA, spationaute.

MARTIN Employé de l’ESA, spationaute et gaffeur.

MOON-X Artiste excentrique, riche et célèbre.

Espion 1 L'homme au chapeau de paille

Espion 2 Homme à gages expert en explosifs et grand admirateur du « petit chaperon rouge »

Résumé : un couple de spationautes est envoyé « incognito » pour recruter deux anciens employés de l’Agence Spatiale Européenne pour organiser un voyage sur la Lune afin de la préparer au tourisme de masse. Les enjeux attisent une concurrence déloyale qui ne lésine pas sur les moyens pour saboter l’entreprise. Il est question également de chiens et de champignons…

Décors :

1. Un sous-bois avec une cabane et deux bancs.

2. Bureau d’études à l’ESA en Guyane française.

3. La Lune avec la Terre en arrière-plan (vous avez bien lu !).

ACTE I

SCENE 1

ESPION 1, ESPION 2

Avant le lever de rideau. Devant le rideau.

L’espion 1 porte une valise et va à la rencontre de l’espion 2 qui arrive de l’autre côté.

ESPION 1. – Joli travail !

ESPION 2. – Normal !

ESPION 1. – Ce fut un régal pour les yeux. Nous avons grandement apprécié votre feu d’artifice. Vous nous avez gâtés.

ESPION 2. – Normal !

ESPION 1. – Et comme tout travail – réussi – mérite salaire…

ESPION 2. – Normal !

ESPION 1. – Voilà pour vous ! (Il lui donne la valise.) Vous pouvez compter si ça vous chante… Sinon, tenez-vous à notre disposition. Il se pourrait prochainement que nous fassions de nouveau appel à vous et à vos doigts de fée pour régler d'autres affaires qui ne se règlent pas autrement que par procédé pyrotechnique.

ESPION 2. – Normal !

ESPION 1. – À défaut, je vous recontacterai très prochainement par le canal norm… euh, habituel.

Les deux espions repartent chacun de leur côté.

SCENE 2

CELESTE, ALEX puis MARTIN

LEVER DE RIDEAU

Nous sommes dans une clairière de forêt. Une cabane est à droite. Deux bancs de bois disposés en V face à la salle au centre. Céleste arrose des plantes et Alex ratisse des feuilles.

CELESTE. - Le ciel est d’une grande clarté. Nous pourrons l’observer cette nuit.

ALEX, levant la tête. - Et même depuis notre plate-forme si le vent cesse et nous en laisse le loisir. Ça te tente une petite grimpette ce soir, Céleste ?

CELESTE. – Oui Alex ! Mais n’oublie pas les couvertures cette fois-ci ! As-tu une préférence entre la Lune et Vénus ? L’une ou l’autre, c’est toi qui auras le choix de l’embarras…

ALEX. – La Lune, bien visible ce soir, nous nargue en permanence. Dire que nous étions à deux doigts de la grattouiller…

CELESTE. – Si possible muni d’une chignole équipée d'un bon foret, foi de forestière !

ALEX. – Nous, terriens, sommes trois fois rien… face à l’immensité qui s’offre à nous.

CELESTE. – Ton âme de poète reprend son envol. Toi, terrien… mais aussi tout pour moi !

Martin arrive par la gauche. Il porte un panier.

MARTIN. – « La Truffe » ! (Sifflements pour appeler un chien.) Au pied ! (Il voit Céleste et Alex.) Hé, bonjour ! Avez-vous vu mon chien ?

ALEX. – Bonjour et au revoir !

CELESTE. - Bonjour monsieur le promeneur ! De quelle race est votre chien ?

MARTIN. – Un setter irlandais ! Vous avez vu mon chien ?

CELESTE. – Aucun chien, pas même un setter irlandais.

MARTIN. – Alors, pourquoi voulez-vous savoir sa race ?

CELESTE. – Comme ça, par curiosité. Ou pour les prochaines fois si d’aventure un chien venait à passer par ici, je pourrai aisément l’identifier.

ALEX. – Savez-vous que vous êtes sur une propriété privée ici ?

MARTIN. - Désolé, mais mon chien n’est pas au courant !

CELESTE. - On l’aurait aperçu, on l’aurait informé !

MARTIN. - Excusez-moi. Je cherchais des champignons et mon chien s’est égaré.

ALEX. - Un chien ne s’égare jamais alors que le maître, si.

MARTIN. - Vous êtes rudes avec moi.

CELESTE. - Excusez-nous, habitant la forêt, nous avons peu l’habitude d’être dérangés par des chiens ou des hommes.

MARTIN. – C’est embêtant.

ALEX. – D’être isolés ?

MARTIN. – Non, de ne pas savoir où est mon chien. (Montrant un banc.) Puis-je l’attendre un instant ?

CELESTE. – Si vous voulez.

ALEX. – Ça dure combien un instant d'après vous ?

MARTIN. – Demandez à mon chien !

ALEX. – Comment vous appelez-vous, que je passe une annonce ?

MARTIN. – Euh… Martin.

ALEX, prenant un entonnoir pour faire porte-voix. – Le chien de Martin ridiculement ou prétentieusement prénommé « La Truffe » est attendu par son maî-maître !

CELESTE. – J’espère qu’il n’est ni susceptible, ni sourd !

MARTIN. – Moi, je viens de le devenir…

ALEX. – Sourd ? (Fort.) Et qu’avez-vous trouvé comme champignons ?

CELESTE. – Voyons, Alex. C’est indiscret !

MARTIN. – Non, non. Ce sont des lactaires délicieux. (Il les montre.)

ALEX, faisant la moue. – Y'a de délicieux que le nom. En plus, c’est bourré de césium 137.

MARTIN. – Ah ? Vous croyez ?

CELESTE. – Ne faites pas attention. Il vous charrie.

ALEX. – Si, si. Faites attention, à moins de vouloir éclairer tout votre quartier. Vu la quantité dans votre panier, vous venez de ratisser toute la forêt ! Logiquement, avec la dose de césium 137 accumulée, vous allez éclipser la Lune !

SCENE 3

CELESTE, ALEX, MARTIN, ZOE

Zoé arrive par la droite.

ZOE. – « La Truffe » ! Au pied ! Viens mon chienchien ! (Elle s’arrête.) Bonjour !

CELESTE. – Bonjour ! Nous n’avons pas vu votre setter irlandais.

ZOE. – Comment savez-vous la race si vous ne l’avez pas vu ?

CELESTE. – Comment, vous n’êtes pas avec monsieur (Désignant Martin.) ?

ZOE. – Non !

MARTIN. – Non, je ne connais pas cette dame.

ALEX. – C’est assez incroyable ! Vous avez perdu chacun un chien de même race, de même nom ridicule, au même endroit le même jour !

CELESTE. - Êtes-vous sûrs de ne pas avoir le même chien ?

ZOE. – Quand même !

MARTIN. – Quelle idée !

ALEX. – (À Zoé.) Et vous cherchez aussi des champignons ?

ZOE. – Des champignons ? Non, je n’y connais rien du tout. Je me promenais voilà tout.

CELESTE. - (À Zoé.) Mâle ou femelle votre chien ?

ZOE. – Euh… mâle, je crois.

CELESTE. - Un moyen simple de savoir, lorsque votre animal fait son petit besoin, regardez-le du coin de l’œil pudiquement pour ne pas le déranger dans son intimité. S'il lève la patte c'est bien un mâle.

ALEX. - (À Martin.) Et vous, votre chien est aussi un mâle ?

MARTIN. - Non, c'est une femelle.

ALEX. - Tout s'explique ; les deux chiens font une partie de pattes en l'air. Bientôt on aura plein de petits « La Truffe ».

CELESTE. – Excusez-nous un instant Martin et ?

ZOE. – Zoé.

CELESTE. - Nous vous laissons quelques minutes. Alex et moi, avons à nous entretenir. Installez-vous sur l’un des bancs.

Céleste entre avec Alex dans la cabane pendant que Martin et Zoé s’assoient sur le banc de gauche.

SCENE 4

CELESTE, ALEX, MARTIN, ZOE

Céleste et Alex sont à droite dans la cabane. Zoé et Martin sur le banc de gauche. Les deux actions sont censées être simultanées.

Éclairage côté cabane et bancs à l'ombre.

CELESTE. - Tu en penses quoi de ces gugusses ?

ALEX. – Ils m’ont l’air inoffensifs. Ce qui est clair c’est qu'ils sont venus nous espionner.

CELESTE. – Oui, mais on dirait qu’ils se sont mal concertés. Nul besoin d’être Sherlock Holmes ou docteur ès probabilités pour en déduire une approche ratée.

ALEX. – Le côté improvisé me rappelle incidemment une certaine époque quand nous travaillions à l’Agence Spatiale Européenne, quand il fallait tout concevoir à partir de zéro.

CELESTE. – C’est leur marque de fabrique en effet. Se passer des services professionnels d’une entreprise extérieure est une manie bien ancrée… On les garde un peu sous le coude pour en savoir un peu plus, non ? Il suffira de les cuisiner un peu.

ALEX. - Oui, et ensuite on pourra toujours faire une fricassée de champignons.

CELESTE. - Je croyais que tu ne les aimais pas…

ALEX. – Un peu de césium 137 avec modération ne me fera pas de mal.

CELESTE, levant la tête au ciel. – Oui, c’est vrai, les nuits rallongent…

Éclairage côté bancs et cabane à l'ombre.

MARTIN. - Vous allez tout faire foirer ! Ils se doutent de quelque chose.

ZOE. - Hé ! Je n'ai pas été prévenue de votre présence !

MARTIN. - Moi, non plus. Je remplace une personne qui s'est désistée.

ZOE. - Mais je ne me suis pas désistée. J'ai demandé un petit délai supplémentaire de réflexion, c'est tout.

MARTIN. - Si vous avez suivi les directives, pourquoi n'avez-vous pas de champignons ?

ZOE. - Mais je n'y connais rien aux champignons ! Je ne connais que les champignons de Paris. Je n'allais tout de même pas venir avec une boîte de champignons !

MARTIN. - Moi, je me suis bien débrouillé. Je les ai achetés au marché. Ils m'ont coûté une fortune, d'ailleurs. Ç’aurait pu être des truffes pour le prix. De plus, personne n'en veut. Si ça continue, je vais être obligé de les balancer dans la forêt. Et les chiens ? Vous n'y connaissez rien non plus ?

ZOE. - Ben, j'ai eu un doute car celui qui a rédigé le scénario n’a fait aucune allusion concernant le sexe du chien.

MARTIN. – Moi, j’ai improvisé.

ZOE. – Facile à dire après coup ! Attention, ils arrivent !

SCENE 5

CELESTE, ALEX, MARTIN, ZOE

Alex et Céleste sortent de la cabane et s’installent sur le banc de droite.

ALEX. – Bon, n’y allons pas par quatre chemins, ni même par quatre sentiers, que faites-vous précisément par ici ?

MARTIN. – Pardon ?

ZOE. – Ne vous-ai-je point dit que j’étais en promenade ?

CELESTE. – Si vous vous en tenez à cette version, nous vous invitons à prendre congé.

MARTIN. – OK, OK. Mais laissez-nous suffisamment de temps pour vous expliquer en détail avant de nous envoyer promener. C’est entendu ?

CELESTE – Promis.

ALEX. – Promis, juré, craché… Croix de bois, boîte en fer, fer à cheval…

ZOE. – Nous savons en fait qui vous êtes, Alex et Céleste, les concepteurs de vols spatiaux habités du programme lunaire. Personnellement j’étais admiratrice de votre parcours.

CELESTE. – Parcours stoppé net indépendamment de notre volonté, brutalement et bruyamment.

ZOE. – Oui, jusqu’à l’accident.

CELESTE. – Avez-vous réussi finalement à avoir plus de détails sur les causes de l’explosion ?

MARTIN. – Pas complètement. L’origine du présumé sabotage n’est pas connue, mais - et ça c’est très important pour votre réhabilitation – vous avez été blanchis.

CELESTE. – Enfin ! Tu entends ça Alex ?

ALEX. – Blanchis ! Oui, il ne faut pas oublier de blanchir les champignons pour en éliminer les toxines !

CELESTE. – Alex !!! Seulement le mal est fait et nous avons tourné la page. Nous avons adopté – non pas un chien, mais - un nouveau style de vie…

ALEX. – Qui nous convient parfaitement.

CELESTE. – Où nous avons nos quartiers…

ALEX. – Et nos petites manies…

ZOE. – Ce que nous vous proposons pourra certainement vous faire changer d’avis.

ALEX. – Je doute mais je demande à voir…

ZOE. – Il est question de vous laisser carte blanche. Vu le retard accumulé sur le programme, vous aurez les coudées franches pour concevoir le prochain vol lunaire. Aucun spécialiste ne vous arrive à la cheville. La concurrence internationale est rude actuellement. De plus, c’est moi qui doit embarquer dans ce vol alors vous comprendrez que je ne souhaite pas finir comme mes prédécesseurs. Si vous êtes à mes côtés, je serai plus confiante.

CELESTE. – Vous avez beaucoup de courage.

ALEX. – Oui, parce qu’avec un vol foiré sur un, ça nous fait un taux de réussite incroyable, garanti sans matières grasses, de… zéro pour cent !

MARTIN. – Hou-là, vous allez me faire peur !

CELESTE. – Hein ? Vous êtes du prochain voyage ?

MARTIN. – Normalement, non. Je suis sur la liste d’attente mais les forfaits sont de plus en plus nombreux. Quand tout va bien tout le monde se bouscule au portillon et quand tout va mal c’est « sauve qui peut » ! Personnellement, j’ai une formation de copilote et bientôt la qualification de pilote. Mon rôle dans le projet est de m’occuper principalement des plans de vol.

ALEX. – Martin et Zoé, vous ne vous connaissiez pas avant aujourd’hui ?

ZOE. – Je m’entraîne en Russie.

MARTIN. – Et moi, aux États-Unis.

CELESTE. – Ah, voilà pourquoi…

ALEX. - Pour ma gouverne, sommes-nous toujours sous contrat avec la puissante compagnie Bubble pour cartographier la Lune et ouvrir la voie au tourisme lunaire ?

ZOE. – Oui. Bubble est incontournable. Leur projet est hyper ambitieux avec une rentabilité hors normes. Nous devons cartographier la Lune et installer des bornes wifi. Les touristes lunaires sont déjà très nombreux à avoir réservé leur place. Les touristes exigent le wifi pour pouvoir poster sur les réseaux sociaux en temps réel ou quasiment. Parallèlement, nous avons également plusieurs autres sponsors, tel que Moon-X, un riche artiste excentrique qui veut exposer ses œuvres sur la Lune. Malheureusement, si nous prenons du retard, le contrat avec Bubble ira à la concurrence. Ce contrat est capital car il pèse les trois quarts du budget à lui tout seul. S’il est rompu, cela entraînera irrémédiablement la fin de nos ambitions françaises et européennes sur les vols spatiaux habités.

MARTIN. – Tous nos espoirs reposent sur vous désormais.

CELESTE. - On nous demande la lune sur un plateau, quoi !

MARTIN. – Faîtes-le pour nous tous et pour le destin national et européen ! Pour la France !

ALEX. – C’est bien joli tout ça mais que reste-t-il de notre fibre patriotique ? Hein, Céleste ?

CELESTE. – Nous vous laissons de nouveau quelques minutes. Alex et moi allons nous concerter. (Céleste et Alex entrent dans la cabane pendant que Martin et Zoé attendent sur le banc.)

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Auteur

Blog

Guy Favregros

16-09-2017

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La Lune sinon rien appartient au recueil Théâtre

 

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