
Exil Y a-t-il un ciel derrière les nuages qui les étouffent ? Ils quittent le temps comme ils abandonnent leurs bagages et leurs maisons aux chiens de guerre sur leurs chevaux de démence. Chiens affamés pourtant déjà trop nourris mais toujours prêts à dévorer. Leurs hurlements emplissent le ciel, déchirent comme la foudre, s’abîment dans l’épouvante pour décharner le squelette de la terre. Chassés brutalement, s’ils ne sont pas tués aveuglément, ils tentent de ramasser leurs os sur les route...
Le répertoire Le répertoire de ta mémoireaux pages de sourires, d'insouciance,de contestation et d'espoirs,de convictions de liberté,de non-conformisme assumé,porte les traces du récitfamilial noble et généreuxsous le ciel écrasant de chaleurle long des berges des deux Nils,pages qui risquent des taches de sangentre les mains d'ignobles manants.Le répertoire de ma mémoireest usagé de plusieurs vieset d'une inconsolable mort,de pages perdues, déchirées.Y restent les pages de bonheurdes journé...
A la recherche des mots Je longe la plage, solitaire,pour accompagner la mer,venu chercher un messagequi éclairerait ma page.Les vagues rejettent l'écume en eauqui sur le sable écrit, dessinetoujours les mêmes mots.Mais qui s'en plaint ?Dans ces rochers devenus poudres'écrit l'empreinte de mes pieds.Ô plaisir : la voir se dissoudrel'instant d'après,comme le poèmeque tu ne saisis pasà l'instant où il le demandeet qui jamais ne reviendra.Je verse du sable dans ma mainainsi c'est le temps que j...
Entre saules et peupliers en pleurs Sauvage je ne t'ai pas connuecar docile tu es devenueau trop rude contact des hommesde leur destin, de leurs frayeurs.Fatigués de tes humeursils ont placés leurs ouvragespour tenir en laisse tes cruesnourricières mais ravageuses.Pourtant toujours si impétueusetu changeais de lit, baladeuse,au gré de toutes tes envies,des saisons et de leurs pluies.Jaillit blanche l'étoile Caniculedans un ciel sans nuage qui brûle.Depuis, aux averses bienvenuestu ne t'accor...
Canicule Se pose sur mon lit un nuage de canicule.Mon corps brûlant pleure sans scrupuleSous l’haleine du ventilateur.J’en fuis même les bras de Morphée pour leur chaleurDans mon vain espoir d’un sommeil réparateur.Rêves de sous la moustiquaire,D'hiver, de rafraîchissements,De pôle, glaçons des océans,De joie du drap tiré que la fraîcheur confèrePour juste quelques instants polaires.Mais le temps s'envole des clochers,Torture : se lever - épuisé !Le matin les persiennes, tirées à quatre épin...
Au Fil de ma Loire La rivière aux eaux tranquilles n'est pas une nature docile, elle est capricieuse, sauvage domptée par les seuls barrages. Qui ose défier ses tourbillons peut être entraîné par le fond. Miroir où arbres et rochers peuvent se refaire une beauté, elle paresse au creux d'son lit où elle se détend sans bruit s'immisçant dans chaque fissureelle file jusqu'à son embouchure. Elle est le sang de la terre, sait être douce et nourricière, chante aux pêcheurs à la ligne qui rêvent da...
Fenêtre sur Rue De la fenêtre sur rue entre la pénombre.Sur les étagères des livres en grand nombre.Deux petites figurines veillent le silencequ’éclaircissent trois toiles de leur élégance. Devant la fenêtre, sur la table - posés :une petite lampe allumée, des carnets,un troupeau de crayons qui s'y prélasse, des choses en désordre, des choses à leur place. Sur la fenêtre sur rue, de temps en temps,se posent une mésange ou quelques moineaux qui observent leur reflet, divertissant,assis à la t...
Avec le Fleuve Le bateau repose sur la surface de l'été, bordée d'arbres et de falaises. Tout un univers ce Lot qu'il remonte en long, en large, en travers. D'écluses en écluses qui régulent entre les bouées (sous la divine protection de croix et chapelles) le calme et la lenteur au rythme des manivelles lâchant les vannes et les portes qui endiguent les flots.Dédaignant les martinets survolant les eaux,des vautours planent sous les cheveux au vent du ciel.Entre les falaises la lumière afflu...
Le Hameau En bas de la colline est blotti le hameau On a vécu des siècles au bas de ce coteau Les feux se sont éteints, les hommes s'en sont allés, Les brebis aussi, les herbes folles ont repoussé. Aux murs de pierre de pays s'accrochent des lichens Tous en ruine, des buissons à leurs pieds les maintiennent Des araignées pendent aux aisselles de poutres noircies Qui portent le ciel et quelques ardoises amaigries. A l'aube des formes s'estompent excusées par la brume Pouvant laisser penser qu...
Forêt Congolaise Sous les arbres le jour s'est éteint.Dans la moiteur qui nous étreint,Sous le bord d'un ciel sans étoileLes flammes crépitantes, infernalesIlluminent la peau des danseurs Où fébrilement perle la sueur.Ils tournent, s'agitent, rugissent,Les ombres reflétées s'entrelacent,Entre ombres des vivants et des morts.Les arbres tremblent au rythme des tamboursQui battront jusqu'au petit jour.Stupeur de regards exténuésOù s'agitent des foudres de démence,Secrets nourris au fond de l'âme...
L'Encre Bleue Pour voyager, c'est beau l'encre bleueÇa accueille les étoiles sur un drapeauQui comme la mer porte le bateauD'où tu admires leur scintillementAu milieu du firmamentPour partir, c'est beau l'encre bleueElle te guide vers l'horizonDes immensités, au-delà de ta prisonVers l'espoir de jours meilleursPleins de calme, d'amour et de chaleurPour écrire, c'est beau l'encre bleueÇa dessine des lettres de couleurQue tu calligraphies avec ardeurPour faire des motsQue tu pourras clamer trè...