
Affliction Dans le va-et-vient des vagues Tu marches seul vers le ciel Paupières baissées Tu ne cesses d’échapper À l’horizon qui te devance Au rythme de tes pas Tu ne sais pas où te mène Le vide qui demeure en toi Sur ce chemin qui arrête D’aller quelque part Tu ne sais pas mais tu avances Pourtant vivre tu ne peux plus Ne te retourne pas On ne mange pas le temps Le remonter serait te souvenir Les vagues accueillent ta douleur N’impose rien Avance ta main mêlée au silence Vers le poème qui t...
Désillusion Il y a quelques années J’ai finalement pénétré Le royaume d’Afghanistan Un rêve Porté par les cavaliers* Après des jours d’engouement Le rêve s’est évanoui Pas de bouzkachi Dans un réveil brutal De rivalités infernales Au-delà des sommets enneigés Qui encerclent la ville Des espaces inaccessibles Car sur nous Soudain Kaboul s’est refermée Cauchemar de chaque matin De lancer les dés du destin Faire valser les heures Échapper Par différents chemins Aux explosions soudaines Lamentat...
Anacarde, graine de pomme de la discorde Qui sans chaleur, Sans bain de vapeur Reste un caustique fruit défendu Ainsi tu prépares ton corps Pour lui offrir ses meilleures saveurs Dans les prémisses De notre corps à corps
De l’érotisme d’une pince à linge Tu retiens de fines dentelles Que traversent et sèchent les rayons du soleil Celles qui recouvraient sa peau Juste pour mon plaisir de l’en dépouiller Tu laisses le vent soulever Ses parures qui s’enroulent autour de son corps À loisir ses formes m’assaillent Rêve d’un corps nu à travers la campagne Toi, deux corps dans un cœur à cœur enlacés Amants faits du même bois L’amour est ton ressort pinçant ces appas Une rêverie exaltante D’un amour sensuel ne tenant...
La Mort d'une Mouche Derrière la fenêtre, ce bord inentamé du jour, l’aube se hisse au dessus du mur du jardin. La pâle rougeur, qui peine à chasser l’obscurité régnant en maître dans la maison, attire une mouche vers les carreaux. Une mouche normale, noire et verte, cette calamité du monde qui fait penser à la putréfaction, à la mort. Elle va, elle vient, fait l’empressée. Son chant, ses heurts contre la vitre portent l’espoir de rejoindre la lumière, importunent mon réveil. J’entrouvre la f...
Un dimanche en été La lumière cogne aux portes de l’obscurité Au travers des persiennes tirées à quatre épingles Quand les pas des premiers passants piétinent sept heures En route vers un miracle, au tintement des cloches Qui s’éparpillent aux quatre vents dans la vallée. Sous les pinceaux du soleil les rues se remplissent Puis les terrasses des cafés, de gens dans l’attente Que l’église déverse son lot de croyants Les langues fanfaronnent, les verres se remplissent et tintent Ce n’est qu’apr...
Contrition Nous possédions autrefois la jeunesse et l’éclat Pour résister aux tempêtes tel un fameux trois-mâts Nous avons ce souvenir où tout était possible Ou impossible mais tout nous paraissait facile Sur cette terre nous nous voyions comme ayants droit La frénésie du monde elle s’apaisera Poursuivant un mirage nous étions insouciants Envers l’humanité sans doute trop indulgents Assise sur les rochers l’humanité végète Si indifférente à notre monde dévasté Aujourd’hui les vagues vomissent...
Espace De ma fenêtre sur le monde mon horizon inonde l’autre côté de la ruelle et un petit carré de ciel. Cette trouée en clair-obscur s’ouvre sur une façade à colombage où le temps s’arrête au Moyen Âge et sur un arbre près d’un puits laissé là par coquetterie qui étend ses feuilles contre la pierre à la recherche de lumière. Au-dessus des toits discrètement le ciel me boit mon âme transpire ses souvenirs ceux qui prêtent à rire ceux qui mouillés font pleurer ceux qui sèchent au soleil de me...
Faible remous J’aime ce calme sur la ville que le plus léger mouvement vient à perturber avant que les oiseaux commencent à s’installer chacun sur sa branche, posté entamant le chant du crépuscule d’été. Tout est quiétude versatile comme s’il y avait une veille tout est attente, c’est de cela qu’il s’agit. Bientôt dans les nuits chaudes noires au clair de l’été s’annoncent tous les cris des libations de la nuit où les plaisirs éphémères règnent ces ruses qui retardent le sommeil et qui nous f...
Namib Désert Il te faut regarder Ces petites fleurs jaunes Venues avec la pluie Comme étoiles de jour Parmi les cailloux Un lézard se cache Endormi à l’ombre de l’acacia Surprenant de solitude Tous deux, ta main dans la mienne À l’approche du vlei Au pied de la dune ocre L’ascension commence Nous grimpons doucement Sans bruit Au rythme de nos souffles Au plus près du ciel et du vent Nous restons là, sur la crête Assis dans l’écume de sable À regarder le soleil se coucher Sur une mer d’ocre ju...
Fête de la musique *** La chaleur apporte une pesanteur Une vision troublée De pierres, métal, bâtiments Tous miroitants. Je marche d’une rue à une autre Frayant mon chemin Parmi les badauds en joie S’accumulant les uns sur les autres. La musique me foudroie Dans trop d’endroits Trop proches, trop soudain Dans chaque café, chaque recoin Même derrière moi. Musiciens et chanteurs Se disputent la ferveur De la foule enivrée À coups de décibels augmentés Qui ricochent entre les murs. La lumière d...
Nous disions : plus jamais, nous pensant à l’abri D’une terre s’embrasant, d’un monde en furie En direct et en continu sur nos écrans Où souffle avec fureur la propagande de guerre. C’est l’aboiement des légions, d’enfer en enfer De leurs fusils et de leurs drones à profusion. Chaque jour nous sert son plat de détonations Chaque jour nous sert son plat de débris de fer. Murs écroulés, cimetières aux tombes pleines d’os sans nom Tous ces plats submergés de sanglots et de larmes De ruines, de t...
Recueil : Souvenirs à venir Voyagez au fil des mots avec Marc Lejars, médecin nomade et poète, qui capture la beauté des instants fugaces Avec ce recueil attachant, il fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature. Médecin nomade à l’âme bohème, venu tardivement à la poésie, il révèle que chacun peut devenir l’écho des émotions humaines, capturer les instants intimes de la vie, les éclats fugaces de bonheur, les tourments de l’âme, et la beauté cachée dans les détails du quotidien...
Soudan : Devoir de Mémoire La guerre souffle deux bougies Dans l’indifférence, le mépris De ceux qui ont perdu la vie. Car le monde l’a oubliée Ses regards s’étant détournés. Pourtant, il voudrait faire croire Qu’il va arrêter ce mouroir. Toutes les puissances très impliquées Ont prévu de se rencontrer. Où est leur impartialité ? Car ils n’ont aucun intérêt Dans ce désastre humanitaire Victime de leur avidité À mettre leurs armes aux vestiaires. Bah ! Se réunir laissons les Pour tous les mass...
Pixels À peine réveillé, tenaillé par la faim Smartphone, caché sous l’oreiller, déjà en mains Les pixels, ces rectangles de couleurs, rongent ta vie. Ils abolissent le temps et l’espace, ces amis Qui t’éblouissent. Ce bonheur est-il dommageable ? Certains étudient ce sujet incontournable. On saura plus tard. Pour le moment tu t’envoles, Oublieux du soleil, dans une farandole, Risquant de te bruler les ailes dans la manœuvre. Tu fulmines, affamé tu avales les couleuvres Que te donne ton télép...
Une corniche*, non pas cet élément architectural en saillie, mais cette voie piétonnière, minéralisée, imaginaire urbain au bord de l’eau, c’est le plaisir de marcher en tenant l’eau par la main, la mer ou la rivière dans un même enthousiasme. La ville dans l’autre main. Elles sont loin du naturel et du verdissement des villes ces langues de béton, ombragées ou non. Pourtant je les aime. Que je le veuille ou non. Que je le cache ou non. Les remous de l’eau, les tourments de la ville s’y renco...
Demain, on oubliera Les rues exhibent les corps. Seule la poussière s’aventure Sans aucun risque de blessure Dans le vent d’épouvante Qui souffle sur les décombres, Éphémères sépulcres sans nombre. Dans cette horreur aberrante S’arrête, avant la lèvre, le cri Comme le fruit la pensée pourrit Les ténèbres chassent les Lumières Dans la détresse de ces guerres. Avec l’énergie du désespoir Sans souvenir sans mémoire D’un point à un autre, on erre On absorbe des illusions Pour faire fuir les démon...
Magie de Noël Dans la lumière de nos nuits Réjouie d’effluves de vin chaud De gaufres et de marrons grillés Une foule aux yeux écarquillés, bruyant et déraisonnable flot, Glisse en une longue flânerie En quête d’agapes et cadeaux. On perpétue les traditions. Rituels païens ou bien chrétiens Ils restent une célébration Des dieux de la consommation. Qu’importe, nous commémorons Le grand retour de la lumière Après le solstice d’hiver Nous renouons avec le divin. Plus de tracas dans nos prières Q...
Soins Intensifs Urgents Après presque deux siècles et demi d’une vie mouvementée, la plus grande démocratie mondiale est morte des suites d’un long déclin dans une dernière fièvre électorale. Elle rendit son dernier souffle, étouffée par l’argent, l’avidité, la bêtise, l’ignorance et la vulgarité d’un violent populisme débridé. Érigée en gendarme du monde, elle en devient le troisième membre ripou de la nouvelle triade mondiale : Trump, Poutine, Xi Jinping. La maladie est contagieuse. L’épidé...
Et si c'était vrai ! I Je vivrai par-delà la mort, Je chanterai à vos oreilles Je m’assiérai à votre table Bien que mon corps paraisse absent, Je vous accompagnerai dans vos champs, Esprit invisible. Je m’installerai avec vous devant l’âtre, Hôte invisible aussi.* Et si c’était vrai Que le temps d’après C’est juste passer Dans la pièce d’à-coté Le bonheur de regarder Les vivants Qui ne nous voient pas Ne nous entendent pas De pouvoir leur chatouiller Les pieds Sans les hanter Juste assez Pour...
Divagations Automnales Cet automne ramène les miasmes Pestes et scrofules Qui s’ajoutent Aux cohortes depuis longtemps En ordre de bataille La terre s’enivre Massacres, marée de sang Tortures et cendres Rien qui n’étonne les hommes L’ignoble et le banal Dans la routine quotidienne À quoi ressemble Dieu ? Quels sont ses pouvoirs ? Est-ce le séjour d’éternité Qu’il nous propose ? En plus s’y superpose Après la caresse brûlante D’un soleil en feu Sous des sabots de pluie La terre s’est enivrée L...
Renaissance Tendrement choyée son éternelle jeunesse Venait de s’envoler. Cette infâme vieillesse Traînant ses provisions de maladies, brisait Son coffre plein de quelques rêves et de promesses. La malchance à sa porte aurait-elle frappé ? La souffrance était là, son haleine brûlante Pétrie par ceux perdant toute lueur d’espoir L’obscur emplissait sa chambre de désespoir. La nuit longue infestait ses jours, si lancinante Le temps long de la douleur s’était installé. Sans y prendre garde, lui ...
Il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, dit Baudelaire, et qui, à en juger par leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune. Ainsi, pourquoi tant d’enfants ont le cœur qui bat plus fort que leurs rêves, brisés avec fracas ? Combien ont trop de larmes d’une peur sans trêve ? Combien sous le grondement des avions rêvent en tremblant ? Pourquoi cette enfance, aux mains vides, aux yeux morts mais déjà lucides, abreuvée de trop d’amertume ? E...
.Je vous propose d'écrire un texte avec une anaphore (*) qui permet de déployer sa pensée de plus en plus tout le long du texte. Exemple : "Moi, président...".. (*) Anaphore : Répétition d'un mot en tête de plusieurs membres de phrase, pour obtenir un effet de renforcement ou de symétrie * * * Chaque Texte ou histoire dramatique, humoristique avec ou sans suspense doit faire entre 2000 et 7000 signes.
Bouquet de pensées L’esprit tout entier dans ma main Puisse-t-il être plein de semences Pour éclaircir ma page blanche. Toute ma pensée dans ma main Ma plume court sur le papier Aligne les mots et les phrases Noircit les pages de vérités Ou de tas d'histoires inventées Des aventures, des illusions Des sensations, des émotions De joie, espoirs et désespoirs De mes peines et de mes regrets Des signes qu’il me faut moirer De mots simples, jubilatoires D'amour, de haine et de stupeur Accusateurs...