"Réalité" est un texte mis en ligne par
"Ancolies"..
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Réalité
C’est quoi la réalité ? Si l’on s’en réfère aux dires du duo Bashung/Gainsbourg « Réalité, réalités, punition exemplaire ». Voilà qui n’est guère engageant. Tentons de faire mieux. Réalité : d’abord je suppose ce qui nous entoure, ce que l’on voit, y compris soi-même. Mais notre regard n’est-il pas complètement biaisé ? Notamment par ces putains d’écrans rois qui ont tout détourné de ce qu’est réellement cette réalité, à travers dans le désordre aussi bien les films, les séries, la pub, les people, ce que l’on nomme la télé-réalité où cette dernière est tellement mise en scène qu’elle n’a plus rien à voir avec ce que nous réellement sommes etc etc. La vie tente d’imiter les médias qui tentent d’imiter la vie, moyennant quoi ni la vie ni les médias n’ont la moindre idée de encore une fois ce que et ce qui réellement nous sommes. Une fausse réalité donc que l’on voit, et donc tellement détournée qu’on en est à se demander si la véritable réalité n’est pas au fond ce que l’on ne voit pas, plus proche de ce que l’on perçoit. Dissimulée derrière les mots non-dits, les gestes non effectués. Encore une fois nos regards, nos sentiments, nos sensations sont totalement biaisés. Nous sommes tellement pollués de névroses et d’inconscient collectif, notre regard n’a rien d’objectif. La réalité est-elle à sa juste place dans ces conditions tronquées, est-elle bien ce que nous voyons, ce que nous croyons, que nous pensons, que nous disons ? Bien sûr que non. Ce qui est objectif : nos actes. Eux ne mentent pas, disent qui nous sommes. Ils ne s’arrêtent pas à un facile ou en tout cas largement dépassé « Dis-moi qui tu aimes, qui tu hais, je te dirai qui tu n’es pas, qui tu es ». Oui, facile et dépassé car dans l’environnement où nous nous débattons, qui nous aimons ou détestons ne sont que miroirs déformants, perverties projections de nous-mêmes. Êtes-vous à même de la voir votre propre réalité, réalisez-vous vos actes, connaissez-vous en la signification réelle, ce qu’ils entraînent, tout ce qu’ils disent de vous-même ? La réalité dépasse la fiction entend-on souvent. En effet nous sommes capables de mensonges tant incommensurables à notre propre endroit que nos vies en deviennent pure fiction. Et si toute la vie est un rêve, alors pourquoi rêver encore je suis peut-être déjà mort… Je suis lâche, je suis radin, grandement irresponsable, je fais du mal ou même strictement aucun bien à mon prochain, je suis un planqué de première, oui je le reconnais sans broncher puisque et uniquement puisque tu me le mets sous le nez. Et alors ? Crois-tu que je vais en être d’un millimètre ébranlé, assis fissuré dans mon canapé, que je vais bouger, me remettre en question, me changer pour autant ? Bien naturellement que nan ! Oui, même si tu me la mets sous le nez et que je suis bien forcé de l’admettre, je m’arrête là, non je ne veux pas, je suis tout-à-fait incapable de la voir ma réalité. La voir en face, tu parles si j’en ai envie, tu parles d’une bonne putain de farce ! Ahlala le gratte-papier, l’as du clavier, eh non même pas tu ne m’agaces, retranché que je suis dans mon bunker de sparadrap et d’acier. Et ainsi nous allons et ainsi nous vivons, croyant aller et vivre tandis que nous sommes chacun notre propre pantin, tricotant telle Pénélope les ficelles d‘une main, les détricotant de l’autre. Et que font nos pieds dans le même temps ? La même chose exactement, 1 pas en avant, 3 pas en arrière, allant joyeusement devant et surtout derrière. Nous sommes des putains d’exemples pour nos enfants. Quelle est la réalité de nos enfants ? Quelle est leur identité ? La leur, vraiment vous croyez ? Non, celle dont vous parents incompétents les affublez. Séquelles, séquelles, c’est tout ce qui leur reste de caractère. Ah si la majorité des parents étaient compétents ça sauterait aux yeux, l’actuellement si triste tableau de la vie en serait immédiatement et diamétralement transformé, une bonne part d’obscurité serait réduite au silence, il y aurait tellement et infiniment plus d’êtres libres et clairs, d’êtres de lumière, oui il y en aurait tant et tant que les mots bateaux tels bonne entente, harmonie, bonne intelligence, cohérence, fraternité et solidarité ne seraient plus simples et inaccessibles concepts mais bien de sens, de chair, d’os, de muscles et de sang. Familles je vous hais, disait Gide. Sans doute voulait-il dire Parents incompétents je vous hais. La haine ne faisant pas partie de mon vocabulaire émotionnel, ma position sur la question est Familles : machines à salir. La réalité toute entière du monde, la réalité dans son ensemble commence par la sienne. Par sa propre vérité. Vous, lecteurs/trices dont je n’agace pas une microseconde la sempiternelle ronde tournant immuable sur elle-même, vous la prenez quand par les cornes la vôtre, de réalité ? Pas demain la veille, mémé, pas demain la veille, faut pas croire aux merveilles mémé remonte ton réveil… |
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Réalité
appartient au recueil Nouvelles du monde
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