"Don Cretino" est une histoire courte mise en ligne par
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Don Cretino
- Allez les gars, débarquez-moi tout ça fissa ! Les gars s’exécutent, transportant les caisses de la barque à la fourgonnette. - Plus vite ! Les garde-côtes peuvent débouler à tout moment ! - Pfffttt ! hausse les épaules le dénommé Pedro, Alfonzo et sa bande font diversion à la crique du Miramar ! - Alfonzo ou pas, dépêchons ! Sont plus malins que tu crois ces plouctons-là ! Son équipe redouble d’efforts. Ça y est, la barque est vide. - C’est bon, on y va. Pedro, tu me nettoies les traces sur le sable et tu nous rejoins après avec ta caisse. - Ok ! acquiesce celui-ci, haussant les épaules pour la seconde fois. Déjà l’aube pointe et le soleil commence à émerger dessus l’horizon lointain de la mer. La fourgonnette et la seconde voiture dégagent, la barque dégage. Ils ont rejoint le repaire. - Tout est ok patron ! déclare Guillermo à Don Diego. Bien. Ouvrez-moi ces caisses. Dans les caisses, des kala, des munitions à la pelle, des fumigènes, des grenades. - C’est bon ! dit Don Diego. Tout est prêt. Demain matin, tout le monde ici à six heures et bingo, à l’assaut du palais de cette crapule corrompue qui joue au Président. C’est clair pour tout le monde ? - Tout-à-fait clair ! rétorque le groupe, composé d’une douzaine d’hommes. Ils se dispersent. Cet après-midi-là, certains traînent dans les bars, Pedro lui s’adonne à une sieste érotique avec sa compagne Madonna. **** **** **** Lendemain 6 heures. Ils sont tous là, Guillermo et Alfonzo les deux chefs de groupes et bien sûr Don Diego. On y va ! déclare celui-ci. Ils s’ébranlent à cinq voitures. Les véhicules se sont répartis deux par l’entrée Est, trois par l’Ouest. Ils brisent les barrières de sécurité et pénètrent dans l’enceinte tandis que les sirènes lancent leurs cris d’orfraies. La milice présidentielle monte la garde autour du palais. Feu ! intime Don Diego équipé d’un mégaphone, debout à l’arrière d’un pick-up. Les kala font mouche, pas un seul milicien n’en réchappe. "On entre !" déclare Don Diego. Quelques miliciens se trouvent au rez-de-chaussée du palais. Ils subissent le même sort que leurs petits camarades du dehors. Le groupe balance des fumigènes pour bien foutre le boxon puis ils grimpent quatre à quatre les marches du vaste escalier tout en marbre. Tandis que les hommes désignés surveillent les couloirs, Don Diego, Alfonzo et Guillermo ainsi que deux acolytes pénètrent dans la chambre du Président, lequel réveillé par le boucan est en train d’enfiler à la hâte un pantalon. Brutalement bousculé, il tombe au sol. Ils lui lient les mains dans son dos. Le pouvoir change de camp. Don Adriano, je vous arrête pour prise illégale du pouvoir et corruption. Le Président n’a même pas eu le temps de finir d’enfiler son falzar. C’est t-shirt flottant sur son caleçon qu’il descend l’escalier, encadré de ses ravisseurs. On est bien loin de la martiale photo de lui qu’il a faite accrocher aux murs des écoles et des mairies.
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Don Diego siège au Palais. Il a remanié le gouvernement, personne n’a protesté. De toute façon, dans ces pays ils sont habitués : un dictateur chasse l’autre. Le nouveau Président a nommé Alfonzo à l’Intérieur, Guillermo à la Défense et Pietro un autre de ses fidèles à l’Economie. Tout marche à la baguette. Les fonctionnaires rackettent à qui mieux-mieux, Si l’un d’eux tente de détourner une partie de l’argent qu’il a été envoyé récolter, il est aussitôt expéditivement jugé à huis-clos et exécuté dans la foulée. Peu s’y risquent donc. Tout marche donc comme sur des roulettes, les caisses du nouvel Etat sont pleines aux as. Et gentiment vidées par Don Diego et les siens qui ont ouvert des comptes off-shore aux Bahamas. Les larrons fêtent leur victoire avec de somptueux banquets chaque soir. Bimbos comprises évidemment. Les femmes ou compagnes de Don Diego & Co font la gueule. Lorsque les ministres et lieutenants rentrent à pas d’heure raides bourrés, elles les abreuvent d’insultes. Bah, ils s’en foutent ! Parle à ma migraine chérie, ma gueule de bois est malade ! Quelques semaines suffisent pour qu’elles en aient leur claque et, malgré l’argent et la pétoche, elles se barrent, elles les plaquent. Bah, ils s’en foutent ! Ils ont des grosses bagnoles et font les marioles. Ils bossent cependant. Toujours sans prendre de gants. Harcèlent les paysans, font marner plein-pot les plantations, développent la flottille et s’adonnent aux douces joies du narcotrafic. Effectivement, exaltés par leur pouvoir, ils s’en donnent à cœur joie : les feuilles de coco font les maousses magots. Ah ça non, intouchables qu’ils sont, pourquoi se gêner, ils ne font pas dans la précaution. Las ! A inonder le marché comme cela, le Président de la première puissance du monde libre fronce les sourcils. C’est qu’il ne désire surtout pas que ses électeurs deviennent des décérébrés qui vont aux prochaines élections voter pour le camp d’en face. Aussi envoie-t-il ses torpilleurs et destroyers couler ces navires qui se contrefichent de la loi et du bon ordre moral. Mais, c’est bien connu, partout où ils opèrent les narco-trafiquants trouvent d’excellents partenaires : il t’a coulé trois bateaux, tiens en voici quatre au prix de gros ! Humilié dans les grandes largeurs, ridiculisé même aux quatre coins du globe pourtant rond, le Président du monde libre se tourne alors vers ses services secrets : C’est bon ce cirque ! Vous allez vite et bien fait m’organiser un coup d’état et me foutre en l’air ce maudit Don Diego et avec lui toute sa clique ! Gros bonnets ou petites mains, les services secrets se mettent d’emblée à pied d’œuvre. Pour commencer il faut trouver un remplaçant, un autre crétin à assoir à la place de ce foutu Don Diego. Ils mettent rapidement la main sur un certain Don Alejandro, un exilé qui brûle de prendre une revanche de première. Ne reste plus qu’à organiser et fourbir l’opération.
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- Allez les gars, débarquez-moi tout ça fissa ! Les gars s’exécutent, transportant les caisses de la barque à la fourgonnette. - Plus vite ! Les garde-côtes peuvent débouler à tout moment ! - Pfffttt ! hausse les épaules le dénommé Pietro, Alfredo et sa bande font diversion à la crique du Miramar ! - Alfredo ou pas, dépêchons ! Sont plus malins que tu crois ces plouctons-là ! Son équipe redouble d’efforts. Ça y est, la barque est vide. - C’est bon, on y va. Pietro, tu me nettoies les traces sur le sable et tu nous rejoins après avec ta caisse. - Ok ! acquiesce celui-ci, haussant les épaules pour la seconde fois. Déjà l’aube pointe et le soleil commence à émerger dessus l’horizon lointain de la mer. La fourgonnette et la seconde voiture dégagent, la barque dégage. Ils ont rejoint le repaire. - Tout est ok patron ! déclare Vito à Don Alejandro. - C’est bon, rétorque celui-ci. Préparez-moi tous vos lassos, demain matin six heures, on passe à l’assaut. |
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Don Cretino
appartient au recueil Polars'oïds
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Histoire Courte terminée ! Merci à Ancolies. |
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