Connexion :

Les Fréron - Domaine Public

Domaine Public "Les Fréron" est un texte du domaine public mis en ligne par "Voltaire".Vous voulez partager avec la communauté de DPP, un texte appartenant au domaine public. C’est ici !
Chacun peut ressentir l'envie de faire découvrir les œuvres de certains auteurs.
Alors n'hésitez pas à le faire, les auteurs et textes à découvrir seront mentionnés sur votre profil.

Venez publier un texte du domaine public ! / Protéger un texte du domaine public

Jean Fréron

 Élie-Catherine Fréron (1718-1776)

Célèbre critique & brillantissime journaliste à la plume caustique,

qui n'avait rien à envier à celle de Voltaire

connu pour être son adversaire et l'ennemi des philosophes.

Voltaire

Ne supportant pas ses sarcarsmes,

l’attaqua frontalement avec toute sa verve dans de nombreux

écrits satiriques : comme dans ce poème ci-dessous.

Les Fréron

D’où vient que ce nom de Fréron
Est l’emblème du ridicule ?
Si quelque maître Aliboron,
Sans esprit comme sans scrupule,
Brave les moeurs et la raison ;
Si de Zoïle et de Chausson
Il se montre le digne émule,
Les enfants disent :  » C’est Fréron. « 

Sitôt qu’un libelle imbécile
Croqué par quelque polisson
Court dans les cafés de la ville,
 » Fi, dit-on, quel ennui ! quel style !
C’est du Fréron, c’est du Fréron ! « 

Si quelque pédant fanfaron
Vient étaler son ignorance,
S’il prend Gillot pour Cicéron,
S’il vous ment avec impudence,
On lui dit :  » Taisez-vous, Fréron. « 

L’autrejour un gros ex-jésuite,
Dans le grenier d’une maison,
Rencontra fille très-instruite
Avec un beau petit garçon.
Le bouc s’empara du giton.

On le découvre, il prend la fuite.
Tout le quartier à sa poursuite
Criait :  » Fréron, Fréron, Fréron. « 

Lorsqu’au drame de monsieur Hume
On bafouait certain fripon,
Le parterre, dont la coutume
Est d’avoir le nez assez bon,
Se disait tout haut :  » Je présume
Qu’on a voulu peindre Fréron. « 

Cependant, fier de son renom,
Certain maroufle se rengorge ;
Dans son antre à loisir il forge
Des traits pour l’indignation.
Sur le papier il vous dégorge
De ses lettres le froid poison,
Sans songer qu’on serre la gorge
Aux gens du métier de Fréron.

Pour notre petit embryon,
Délateur de profession,
Qui du mensonge est la trompette,
Déjà sa réputation
Dans le monde nous semble faite :
C’est le perroquet de Fréron.

Voltaire (François Marie Arouet)

 

Lu par François Marthouret

Partager

Partager Facebook

Proposé par

Séléné

Auteur

Blog

Voltaire

06-05-2025

Couverture

"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
Les Fréron n'appartient à aucun recueil

 

Domaine Public terminé ! Merci à Séléné.

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.