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Tous ego - Texte

Texte "Tous ego" est un texte mis en ligne par "Ancolies"..

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Orgueil vraisemblamement bourré de préjugés

Je me crois sincèrement humble. J’aurais même une sacrée tendance à me sous-estimer, combien de fois me suis-je fait sous-payer pour mon excellent travail en moult occasions. Excellent car si je fais une chose, je la fais bien, sinon ce n’est pas la  peine. Humble ? Mais je me dis ce n’est pas possible, ce doit être une illusion. Tu es comme tout le monde, tous ego, la réalité est probablement que tu dois être pétri d’orgueil, et toi particulièrement de surcroit. Je me souviens il y a longtemps, très longtemps étant aujourd’hui sur la route du vieil homme, un prof m’a dit me rendant ma copie forcément provocatrice « Je vous mets 20 parce qu’on ne peut pas mettre plus ». Il n’empêche qu’ils m’ont viré en disant que je ne pourrais jamais m’intégrer à un groupe mais réussirait probablement individuellement notamment dans la satire. Je fais effectivement parfois dans la satire (jamais dans le cynisme) mais plutôt à toute vapeur dans l’autodérision et bien entendu le sens et la beauté. Combien de fois des commentaires, des remarques m’ont été faites « Ton texte, ta chanson, ton livre, ton dessin m’a aidé, m’a fait réfléchir et m’interroger… » et même une fois « Heureusement que des gens comme toi existent ». Je prends cela doucement, avec certes une petite reconnaissance mais c’est le travail qui m‘importe, et pas celui que j’ai déjà fait mais celui que je vais faire aujourd’hui tant qu’aujourd’hui se présente. Mais peut-être ces réflexions nourrissent-elles en fait mon orgueil démesuré. Emission de vanité h24 à la télé ! En écrivant j’ai tendance à penser que pas mal de choses que je suis en train de coucher sur mon écran sont fortes et puissantes. En les relisant quelque temps plus tard je me dis C’est bien faiblard tout ça. C’est la raison pour laquelle je mets pour l’instant de côté mon troisième « essai autobiographique » au titre provisoire « Nos amours infirmes » (qui fait suite à « Plutôt la Vie » et « La Joie Mélancolique », suivez un peu). Parce que les relisant pour les trier j’ai trouvé les textes faiblards. Il faut que je laisse décanter. J’ai également tendance à trouver nombre d’écrits, œuvres empruntées à la médiathèque ou chansons diffusées sur les grandes fréquences comme sur la fm, sacrément faiblardes elles-aussi. Il y a naturellement la majorité de la production qui ne vaut pas un clou, ça on connait trop bien cette chanson, mais il y a d’autres choses que je ne comprends pas du tout. Régulièrement je fais des exceptions pour voir si je ne me trompe pas dans ma routine de ne lire que des bouquins américains qui sont les seuls que je supporte, qui m’emportent. Récemment j’ai lu (ou relu je ne me souviens plus de toute ma jeunesse, vaut mieux d’ailleurs pas, j’ai déjà suffisamment de mauvais souvenirs comme ça), j’ai lu ou relu donc Jane Eyre et Les Hauts-de-Hurlevent. Ça des classiques ? Je n’en croyais pas mes yeux et ma vue baissante : Mais c’est petit, totalement étroit et carrément étouffant, et le souffle épique n’est guère puissant et le lyrisme est inexistant et la lande manque singulièrement d’espace et d’envergure. On se croirait presque dans un huis-clos. Pareil : j’ai relu 2 Zola, Thérèse Raquin et La bête humaine. Mais on étouffe là-dedans et l’auteur fait du voyeurisme en se vautrant à longueur de pages dans nos instincts les plus bas. De plus, en lisant les postfaces et notamment la correspondance échangée par Zola avec un critique, j’ai découvert que l’écrivain était assoiffé de notoriété, de célébrité. Ça ne m’a pas plu, je me suis même demandé si ce n’est pas pour cette raison qu’il avait écrit son J’accuse. J’accuse Zola d’une énorme et foutue vanité. Mais qui suis-je pour remettre en cause l’avis général, le patrimoine ? Hey Doc, suis-je normalement constitué ? Donnez-moi un diagnostic qui m’apprenne quelque chose, intéressez-moi Benoît, dîtes-moi quelque chose que je ne sais pas déjà. Mais peut-être ne me trompe-je pas : si j’y réfléchis, c’est bien le système qui nous indique la marche à suivre, les livres à lire, les chansons à écouter, c’est bien ce même système qui réécrit l’Histoire, faisant notamment des politiciens les plus fourbes et trompeurs, les plus opportunistes des hommes d’une immense portée morale ; c’est et ça a toujours été ainsi, la puissance dominante qui a fait et fait se dissoudre dans le flou notre ligne narrative, laissant de côté toute vérité, toute sagesse rétrospective, je me trompe ou non ? Ou alors c’est encore mon orgueil qui revient en force en écrivant cela. Mon orgueil ? Bof ! Lorsque je lis notamment mes tentatives de nouvelles et plus récemment de romans, et que je lis également mes auteurs américains de prédilection, non, décidément je  ne vole guère haut. Ce constat change-t’il quelque chose au degré sur l’échelle de Richter de ma vanité ? Jeune, mes frère et sœurs, cousins cousines me considéraient comme me croyant intellectuellement supérieur. C’était parfaitement faux. C’est juste que ce qu’ils disaient ne m’intéressait pas, les films dont ils parlaient, qui les faisaient rire, qu’ils trouvaient géniaux, ne m’arrachaient pas un sourire. A ma connaissance je ne me prenais pas pour supérieur pour autant, je me sentais plutôt étranger à tout ça. D’ailleurs ce roman-ci, L’étranger, m’a parlé, je m’y suis pour une part reconnu. Pour cette part d’indifférence de l’anti-héros. Un tableau, de Watteau je crois, présente un jeune homme debout, une moue mystérieuse aux lèvres, avec pour titre Ancolies le bel indifférent. Voilà, c’est moi. D’ailleurs je précise que je ne suis nullement un  casse-burnes d’intellectuel dont en général je ne bitte que dalle au jargon, je suis simplement un cérébral, ce qui n’est pas une qualité, juste un fait. Alors, humilité ou orgueil ? A peu près supportable ou repoussant de suffisance et d’arrogance ? Peut-être tout simplement les 2 à la fois comme c’est le plus courant. Qui peut parler de lui objectivement. J’y ai réfléchi dans un texte récent : des quasi 8 milliards que nous sommes, chacun est le seul à ne pouvoir se percevoir lorsqu’il entre dans une pièce en ne se connaissant pas. Qui, que les autres voient-ils ? Quasi 8 milliards moins un seul individu peuvent répondre, chacun sauf soi. Un ami, que j’ai fini par envoyer paître parce qu’il me provoquait trop pour me convaincre de croire en Christ, me répétait à l’envie de descendre de ma tour d’orgueil pour ramper nu devant mon Créateur. Christ est mort, Christ est vivant, Christ est ressuscité, c’est l’un des cantiques des saintes Pâques. Fort heureusement je ne suis pas Christ et n’aurai donc pas à me fader d’une résurrection. Une fois c’est bon, je ne remets pas le couvert. Je suis venu, j’ai vu, j’ai - au passage obligé - vaincu un certain nombre de choses, j’ai surtout fait le temps qui m’était unilatéralement imparti même si j’ai tenté en vain et plusieurs fois d’y mettre mon grain de sel, oui j’ai fait mon temps imparti et je suis parti, enfin je partirai. Pour j’espère bien ne plus revenir. Lazare a dû en verser quelques-unes lorsqu’il s’est vu lui-aussi ressuscité dans cette vallée de larmes. Ô il y a aussi le côté vallée de charme. Les jolies dames. Heureusement. Le parcours aura déjà été suffisamment coriace comme cela. Heureusement je ne m’appelle pas Lazare non plus. Ou alors la réincarnation est une réalité. Nul n’en sait rien, nul ici-bas ne peut résoudre le mystère de la création, et si les morts parlent aux vivants, ils n’ont rien dit à ma connaissance sur le sujet. Retournons à nos moutons : comment savoir si je suis un monstre d’orgueil ou même orgueilleux tout court. Déjà ne pas confondre orgueil et amour-propre, ce dernier relevant plutôt de la dignité, donc résolument nécessaire. L’orgueil n’est pas nécessaire, il est une plaie, il est un malus. Re tous ego, ceci expliquant l’incapacité des hommes à s’entendre durablement. C'est la raison pour laquelle j'ai 3 fois hélas dû dissoudre mon groupe rock, à cause de ces foutus problèmes d'ego qui m'empoisonnaient le projet. Je peux le dire aec certitude : seul le guitariste qui habitait sur sa lune, et moi, leader, auteur-compositeur-chanteur, producteur, co-manager, graphiste de ce groupe n'avions pas de problèmes d'orgueil mal placé. Je cite maitre Brassens : Le pluriel ne vaut rien à l’homme et sitôt qu’on, est plus de 4 on est une bande de cons. Alors l'orgueil, cette plaie, ce malus ? Ah ! Tu as roulé moins de 8000 kms cette année, tu conserves ton bonus de 10%, ton assureur et les écolos te félicitent. As-tu roulé ces moins de 8000 kms sur une route luisante et goudronnée de vanité, bordée de peupliers, platanes et cyprès s’inclinant sur ton passage ? Comment le savoir. Regarder en l’air ? Demander autour de soi ? Mais n’est-ce pas faire preuve de narcissisme que de poser une telle question ? Moi je la pose car je voudrai avoir la réponse. Pour le savoir. Pour m’améliorer. Pour être plus digne. Je suis déjà par mon parcours de vie mon propre père et son fils en même temps, je voudrais être mon propre et impartial juge. Pour connaître le diamètre de mes chevilles. Pour savoir si j’ai lors de mon parcours ici-bas correctement répondu aux exigences de l’éthique, de l’amour, du respect, du libre-arbitre et du bon sens, nécessaires à mon si long et si court séjour sur la terre.           

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Ancolies

26-08-2023

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Tous ego appartient au recueil Nouvelles d'une vie

 

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