"Le 15 août" est une pause-mélancolie mise en ligne par
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Le 15 août Non je ne l’aime pas ce 15 août. Pour moi, il signe presque la fin de l’été et les jours commencent à raccourcir. C’est triste. Tout môme, j’appréhendais cette période qui signait également le début de la fin des grandes vacances. Les grandes vacances, les seules qui vaillent, début juillet devant soi l’immense espace de 2 mois sans leçons ni devoirs - quoique toujours aussi sympa, ma mère nous obligeât quotidiennement nous ses 5 enfants à faire des devoirs de vacances et également à travailler notre piano et à partir de la classe de 6ème un second instrument, flûte traversière en ce qui me concerne. Malgré ces graves inconvénients qui gâchaient considérablement les choses avec un sentiment de punition à l’appui, les grandes vacances représentaient une aire de liberté presqu’illimitée à moi qui détestai l’école. Ma mère nous obligeait également à aller presque quotidiennement à la cueillette des mûres pour en faire des confitures pour l’année scolaire à venir. C’était sans relâche une corvée de plus. Un été nous réalisâmes 85 pots, 85 kilos de confiote, ce dut être notre record. La Vierge Marie peut bien se pomponner le 15 août, ce jour-là pour moi représentait le spectre d’un cafard comparable à un puits sans fond : la prochaine rentrée des classes. Aujourd’hui, ces jours qui raccourcissent m’attristent encore, même s’il y a longtemps que je ne prends plus de vacances, la seule chose m’important, hormis bien entendu la vie de mon fiston qui est désormais devenu adulte, étant d’écrire, d’écrire, d’écrire… Ajoutons qu’en solitaire professionnel confirmé, je ne supporte ne serait-ce que 2 jours la vie en société. Je ressens trop profondément les conflits larvés et sous-jacents entre les uns et les autres, les couples se nourrissant de rancune, je me demande bien comment font tous ces différents caractères pour cohabiter. Non, tel Brassens sous son petit tumulus sur la plage de Sète, je passe aujourd’hui ma vie en grandes vacances permpanentes à écrire, écrire, écrire…. C’est ce que j’aime, c’est ce que je fais. Le 15 août, la çomption, késaco ? Ah oui, la Vierge Sainte qui prend l’ascenseur pour grimper au ciel. Mon Dieu, faîtes que cet ascenseur n’ait pas la fâcheuse idée de tomber en panne subite et que notre Mère à tous reste coincée entre 2 étages dans la stratosphère. De plus c’est un jour férié, personne pour la dépanner. Elle n’aurait plus qu’à s’enfiler clope sur clope en attendant d’être secourue. Ça la feutrait mal avec la ribambelle d’anges chérubins qui l’attendent là-haut pour lui faire sa fête. Roux-Combaluzier, svp, le 14 faîtes réviser de fond en comble l’appareil. Le 15 août, jour de désespérance. Nous parlions d’espoir avec des amis. J’ai dit que je vivais sans espoir. Mais c’est triste, m’ont-ils répondu. Pas du tout. Je vis sans espoir car j’ai déjà tout ce qu’il me faut, que désirer de plus ? Qui avait raison ? Moi avec ma chanson « Je ne rêve pas ma vie, je la vis » ? Espérance de vie ? Non pas du tout. Le Seigneur ou l’emphysème peuvent me prendre cet après-midi, cette nuit, dans 2 ans, je suis prêt. J’ai lu dans un bouquin, américain cela va de soi, que la solitude et la paix avec soi-même étaient tout ce dont nous disposions pour affronter la mort. C’est ok, je remplis les cases depuis un long moment déjà. Il y a des années que j’ai organisé et réglé (payé) mon incinération, rédigé mon bref testament, écrit une annexe de 5 pages avec tous mes numéros d’adhérent, sécu, caf, caisses de retraite, banque, assurances, électricité, gaz, téléphonie…avec toutes les adresses et numéros de téléphone. Ceux qui auront à s’occuper de ma disparition n’auront quasi rien à faire d’autre qu’envoyer la copie de l’acte de décès aux organismes concernés. Avec cela, je vis léger, l’esprit tranquille. Peur de la mort ? Non pas du tout. Avant je disais que je n’avais plus peur de grand choses si ce n’est de moi-même. Ce n’est même plus vrai aujourd’hui. J’ai confiance en moi. Mourir un 15 août ou un 13 ou 25 décembre, je suis ok, je suis prêt. Sans regrets. Si tu les croises toi qui nais, salue-les les choses que j'aimais. |
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Le 15 août
appartient au recueil Nouvelles d'une vie
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Pause-Mélancolie terminée ! Merci à Ancolies. |
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