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Les oiseaux de parapluie - Texte

Texte "Les oiseaux de parapluie" est un texte mis en ligne par "Ancolies"..

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Les oiseaux de parapluie

 

Les oiseaux de parapluie ne sortent pas la nuit. Sagement ils restent à l’abri des mauvaises rencontres. Comme marcher contre son ombre et attraper un sort. Les oiseaux de parapluie ne sont pas craintifs, simplement ils trouvent logiquement inutile de prendre des risques inutiles. Et que se passe t’il lorsque des intempéries se déroulent durant la journée ? Eh bien ils sortent ravis de leurs nids et s’ébrouent joyeusement dans les gouttes et le vent, protégés comme leur nom l’indique par les atouts dont la nature les a dotés, des plumes étanches sur lesquelles l’eau tombant du ciel glisse doucement sans pénétrer leur plumage. Le Président des oiseaux de parapluie s’appelle Albert Perraldi. Ses couleurs sont le noir et le gris. Il est charpenté et solide, on ne peut le confondre avec un si fragile colibri. Bien entendu il a ses détracteurs qui l’appellent Albert pomme pourrie et il a des courtisans et des groupies. Les premiers sont obséquieux tandis que les secondes font la queue la nuit au pied de l’arbre où il a élu domicile, attendant sans désordre ni piaillements ni cris leur tour. On raconte qu’Albert a eu plus de 4000 oiselles dans sa vie. Et ce n’est pas fini car un célèbre médium a prédit à Albert qu’il vivrait 1000 vies. De plus, avec cette affluente gente féminine il n’a pas besoin de s’emmerder à se protéger car les oiseaux de parapluie sont naturellement immunisés contre le virus du VIH. Entre autres qualités, Albert a des baleines repliables ce qui est bien pratique car il n’aime pas s’encombrer. Il a tout compris, il ne faut pas s’encombrer pour voleter léger et être toujours disponible pour les surprises de son destin.

Comme cette fois où son cousin Julio, prince des Îles Canaries l’a de façon impromptue invité à passer quelques jours de vacances dans son domaine. Grâce à ces fameuses baleines repliables, Albert a fait le trajet en une demie journée seulement et a passé avec son cousin princier 3 semaines de vacances royales. C’était vers luisant, lucioles et vin de noix et de figues de barbarie à tous les repas et Albert le noir et gris était bien souvent gris après ces folles agapes. Lors de ce séjour il s’est également lié d’amitié avec la reine des cigognes qui a une de ses résidences secondaires également à Majorque et se trouvait justement sur place lors de cette période. Albert n’était pas peu fier d’avoir noué cette amitié avec ce majestueux volatile, les gracieuses cigognes jouant un rôle crucial sur cette basse terre puisque ce sont elles qui y apportent la vie. Le trio Albert, Julio et la reine prénommée Margaux s’est livré à de nombreuses parties de bridge à 3, jeu pour lequel ils se sont découverts à cette occasion une passion commune. Ils ont également fait de nombreuses balades en vélos volants, y prenant un grand plaisir tout en économisant les efforts de leurs ailes respectives. Albert n’a pour autant négligé les affaires de son territoire dont la capitale se trouve à la périphérie de Cherbourg durant ces vacances, s’entretenant quotidiennement par Messenger avec son grand échanson Napoléon et lui demandant notamment de faire passer le mot à ses groupies d’attendre patiemment son retour.

Concernant la race humaine puisqu’il faut aborder le sujet, Albert n’était pas particulièrement misanthrope mais préférait nettement à leur compagnie celle des arbres, ce que l’on peut facilement comprendre. Et mettre à son crédit quand on considère la cupidité et les atrocités dont les bipèdes malheureusement pensants sont coutumiers. Mais enfin, chacun chez soi et les prés seront bien gardés, malgré la présence envahissante des promoteurs immobiliers. Ceux-là, Albert savait les tenir soigneusement à distance, dispensant de sa foudre perraldesque au moindre d’entre eux qui approcherait de trop près son territoire susmentionné. Bref, la star des oiseaux de parapluie était heureuse comme un pape qui accueille avec reconnaissance les fonctions que ses pairs lui confient et, quand le pape est heureux, tous les oiseaux de parapluie le sont eux-aussi. Solidarité spirituelle et mystique naturellement.

Contrairement aux croyances bêtement répandues par le peintre Vivaldi, il n’y a pas 4 saisons chez les oiseaux de parapluie mais une seule, longue comme un doux et lent printemps infini, régulièrement traversé par les giboulées dont on l’a dit ils se réjouissent car ils ont été créés entre autres pour se rire et danser d’elles. Ô c’est bien connu, des hommes et des femmes chantent et dansent eux-aussi sous la pluie mais, outre en être trempés jusque dégouliner des os, ils attrapent sitôt rentrés chez eux bronchites et pneumonies, ce qui est tout sauf agréable pour ces malheureux. Ah ça oui, on est bien mieux lotis et plus heureux lorsque l’on est oiseau de parapluie. Tout ceci montre bien que les oiseaux de parapluie sont des êtres de valeur avec lesquels il faut compter et sur lesquels il faut prendre exemple. Ils feraient à n’en pas douter d’excellents camarades de compagnie. Mais il y a ce hic susmentionné : à la compagnie des humains, ils préfèrent celle des arbres, comme moi. Au jour ultime, grimperont-ils au Parapluie ? Quelle question ! Bien entendu puisqu’ils y sont déjà.     

 

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Ancolies

31-12-2024

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Les oiseaux de parapluie appartient au recueil Nouvelles du monde

 

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