"La vie en prose" est un texte mis en ligne par
"Ancolies"..
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La vie en prose Je me souviens de ce chanteur dont naturellement par charité athée je tairai le nom, de ce chanteur qui faisait le paon à une soirée où je me trouvai lors de mes années pub. Dans son dernier 33 tours qui venait tout juste de sortir, il faisait rimer cuisine avec cousine, le reste à l’avenant. Vous comprenez que dans ces conditions je me méfie comme d’une peste de la rime. Comme chaque nuit se termine, chaque rose a ses épines. J’avais envie de lui dire : ben mon gars associe plutôt cuisine avec j’ t’imagine ou, autre solution, essaie donc la vie en prose. La rime est adéquate quand le vers apporte une idée qui fait avancer la réflexion ou l’histoire. Si c’est elle qui dicte l’idée, cette dernière est souvent creuse. Vive le vers libre ! D’ailleurs, à mon âge, ce qui m’intéresse aujourd’hui c’est la prose poétique. Et quand je regarde en arrière je constate que mes textes de chansons sont denses, bien trop denses mais je ne peux pas considérer cela comme un défaut. Pourquoi faire moins bien lorsque l’on peut faire mieux. Les gens n’ont qu’à faire un effort, me dis-je égoïstement. Le croyez-vous, c’est authentique : lorsque j’ai fini d’enregistrer mon premier disque de 12 titres, un professionnel m’a dit C’est bien trop bien pour eux, cela ne marchera jamais. Et on me l’a redit récemment : ça ne nous intéresse pas, c’est trop qualitatif. Comment puis-je trouver que cela fait sens ? Oh je ne dis pas du tout que tout ce que j’ai écrit est qualitatif, y’en a des sacrées bordées à foutre au panier, clic droit, supprimer, mais au final j’ai un joli best of. Vois comme il est pâle le soleil natal. Tous tous les jours à faire l’éphémère. Comme ils regardent au loin, le château des humains. Mon prochain livre, autoédité ça va de soi, aura le titre le plus court du monde : Si tu les croises toi qui nais, salue-les les choses que j’aimais. Ce titre, avec une typographie adéquate et une bordure de couleur marine fera office de visuel pour la couverture, ce qui m’évitera d’avoir à me prendre la tête pour justement en trouver un, visuel. Ce n’est pas une mince affaire de choper le bon, l’un de mes écrivains américains de prédilection n’a que des couvertures de merde pour ses livres magnifiques. Et je dois ajouter des titres de merde. Le format court c’est pas son truc. Ah c’est sûr, ramasser en 3 mots le contenu d’un bouquin de 600 pages n’est pas forcément de la tarte. Et pour en revenir à la rime donc à la poésie, bien souvent j’ai envie de dire à l’auteur : écris ton poème en prose pour vérifier qu’il a bien un sujet. Oui, la rime est souvent un masque, sauf chez les plus grands naturellement. Pour ne pas parler des escrocs. Il y a un chanteur pour enfants dont je tairai toujours le nom toujours par pure charité qui a trouvé une bonne combine pour régler le problème de la rime : il répète chaque fois 2 fois son vers. Malin non ? La rime, le style, évidemment cela ne gâche rien mais c’est pour moi secondaire. Ce qui importe c’est le propos. Je préfère sans hésiter un bouquin écrit de traviole qui raconte quelque chose d’intéressant, d’émouvant (ce que je crains n’est pas la mort mas le masque à oxygène) à une superbe cathédrale de mots bien agencés qui ne brassent que du vide. Mais que suis-je pour juger des écrits d’autrui ? Cela devrait être inscrit dans les Dix Commandements : Tu ne jugeras pas ton prochain. A fortiori s’il t’apparaît comme un crétin. Minuit crétins, n’est-ce pas un chant religieux qui trouve sa place à la messe de la naissance du Christ Sauveur. Ne confondez pas avec la Pâque. Aux Saintes Pâques les serviteurs de Notre Maître et Seigneur entonnent en chœur : Christ est mort, Christ est vivant, Christ est ressuscité. Dieu quel répertoire sacré ! Ah que ne suis-je comme eux croyant, il est évident que cela m’éviterait bien des tourments. Je reviens à mon âge avancé qui m’a apporté relatives - et appréciables - sagesse et sérénité mais bon sang, que d’années aurais-je passées l’esprit totalement torturé ! Grâce à la contemplation prolongée de la paisibilité du fleuve qui coule seul dans son grand lit ainsi qu’à la simplicité que j’ai lentement et finalement acquise, mes maux métaphysiques et cérébraux appartiennent désormais au passé dans lequel je ne voudrais à aucun prix remettre les pieds. Et vivre est maintenant aussi facile et fluide que mettre un de ces pieds devant l’autre, arthrose comprise. Tout à l’heure, je me suis découvert dans le miroir de l’ascenseur - je ne me regarde jamais même lorsque je me rase - et j’ai découvert que, caché derrière mes éternels cheveux tombant sur le front, celui-ci est bien et profondément ridé. Bah ! Cela me fait penser à ce trentenaire, commercial de pub de son état professionnel, qui bénéficiait malgré une mince silhouette d’un joli petit ventre rond. Il l’affectionnait son petit ventre rond, le massait circulairement avec satisfaction car il était oui satisfait de sa vie et sa condition. Il était sympa ce gars-là, 40 ans après je me souviens encore de ses nom et prénom, Jean-Christophe pour le second. Bien dans sa peau. J’enviais ça, moi qui à cette époque flottais si mal dans la mienne tout en faisant de mes 2 pieds des slogans en évitant soigneusement l’alambiquement. Mais où m’égare-je ? Le titre et le propos éponyme de ce texte n‘est-il pas la vie en prose. Alors où dérive-je, à quoi divague-je ? Eh oui, j‘ai les rides qui s’emmêlent les pinceaux, elles sont trop nombreuses et profondes et mes doigts sur ce clavier vagabondent, tout à leur rivière rêverie et à leurs songes. En ces fluctuantes conditions, brisons donc là alors : Laya la claire, ces mots qui songent, sont faux mensonges, pour toi. C’est bien ça, bien ce que je voulais dire, Salve Regina et Ave Maria. |
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La vie en prose
appartient au recueil Nouvelles du monde
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Texte terminé ! Merci à Ancolies. |
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