" La guerre de Toi n’aura pas lieu" est un texte court mis en ligne par
"Ancolies"..
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La guerre de Toi n’aura pas lieu
« Bien sûr que je ne t’ai pas suivie, Même si cela a été long, de la vie j’ai appris. C’est bien le minima qu’on encaisse un chouïa à mesure de dériver sur son erre et du chantier sans fins de ses errances et ses erreurs, de ces cernes qui si vite apparaissent, de ces lumières dans ton regard qui disparaissent. La poussière est montée de la terre, j’en étais au centre, j’ai beaucoup et longtemps toussé et serré la bouche et les dents avant de parvenir à me dégager. Et le temps si impatient a tracé sa route comme un géant. Je ne sais s’ils sont passés vite ou lentement, les arbres de la route, et il s’est en même temps passé tant de chose, Il y a bien longtemps que j’ai outrepassé le soleil chaud du mois d’août, celui où l’on croit qu’on a cessé de regarder les poutres. N’ai crainte, je ne te ferai pas la complainte de l’hiver. L’hiver est la plaine arrivée, à la fois la peine profonde et autant profonde la paix. Sache une chose bébé, même si tout toujours peut être ébranlé, j’ai cessé maintenant de douter ». J’ai poursuivi. « Je t’aurais suivie dans quelle saison dis-moi, celle de l’illusion ? Qui aurait également si vite glissé de déceptions et la trahison ? Les propres cadeaux que tu t’es faits, tes propres désertions, tes propres trahisons à toi-même. Non je n’aime pas ça, les petits arrangements entre soi-même et entre amis. Je suis trop solitaire pur jouer aux âneries ou fantasmes des autres, ça ne fonctionne plus. Dieu a toujours renoncé et je n’ai pas attendu pour rejoindre mon silence. Ce cœur est usé, compté est l’amour qu’il lui reste à donner. Il est toujours bienveillant et courtois mais il n’a plus la politesse d’accorder sa patience à ceux qui ne la méritent plus, même si des missels d’évangiles nous disent qu’en chacun il y a quelque chose à aimer, et le plus souvent quelque chose à sauver. J’en ai eu un tout-à-l’heure, un vieux de la vieille que j’avais depuis longtemps viré, il était en sacrée détresse, en terrible tentative de reconstruction. Je lui ai dit doucement et sobrement que je ne désirais pas l’aider. Cela coupait court à la conversation. Nous avons raccroché ». J’ai repris. « Je t’encourage bébé, sauve-toi toi-même. Je suis un fou et un sage alors je dis vas-y baby. Puisque tu ne peux stopper le train aveugle et fou de ton chemin, alors reste dedans jusque sa fin, qui ne sera peut-être pas ta fin. Oui, si la rédemption, soutenue par la réalité de ton désir, t’accorde un temps supplémentaire, tu auras une autre vie avant ta fin. Ce temps peut être court, ou peut-être plus long, de toute façon cela te sera égal. Tu seras arrivée à l’endroit où tu devais, si jamais tu le cherchais, être. Je ne te décrirai pas cet endroit, seule si ta bonté profonde en fin de ce songe qu’est la vie t’y mène, tu le découvriras seule. En bien des fondations il est le même qu’un certain nombre d’autres mais ta façon de faire à toi, les couleurs pourpres ou le silence blanc que tu y mettras seront uniques, ne dépendront que de toi. De ton talent d’aimer à la façon dont tu le veux. Alors ces lumières qui depuis si longtemps ont quitté ton regard seront remplacées par les nouvelles lumières, celles de ton enfance associées à celles de ton actuelle présence. Aussi va, va ton train fou, ton inconnu chemin, tandis que de mon côté je suis le mien. Moi je suis le fou doux sauvage. Les deux n’étaient pas faits pour s’accorder, simplement le temps d’un ciel changeant se croiser. Il n’y a pas d’illusions, de frère au soleil, ceux-là n’existent plus. Il n’y a que le silence et la solitude nourris et sobrement bavards des souvenirs toujours plus nombreux car chaque matinée, chaque après-midi, chaque nouvelle nuit les enrichit. Ces nouvelles pensées qui t’ont occupé, ces images nouvelles ou répétées seront autant de souvenirs supplémentaires qui mèneront ta barque jusque la dernière banquise. Et la mienne de même. Tu crois que nous nous retrouveront alors en une immense étendue bleue, je ne crois rien. Rien qu’à maintenant. Je t’ai dit ce que je savais, alors allez va et bonne chance bébé, j’ai à vivre et travailler » J’avais fini. Je t’ai embrassée et je suis parti. Nous n’avons jamais connu que la condition d’être seul. |
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La guerre de Toi n’aura pas lieu
appartient au recueil Ancolies
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Texte court terminé ! Merci à Ancolies. |
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