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Message de Kepler-199z - Histoire Très Courte

Histoire Très Courte "Message de Kepler-199z" est une histoire très courte mise en ligne par "Donald Ghautier"..

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Message de Kepler-199z

La séquence de mise en orbite s’amorça sous la supervision de l’ordinateur de bord, une intelligence artificielle embarquée dernier cri dénommée SISTER. Les passagers sortaient de leur longue période de sommeil, une phase de stase de quatre années. Le voyage à destination de Kepler-199 z prenait fin. Ils pourraient étudier cette planète et peut-être, par la même occasion, découvrir ce qu’était devenue la précédente mission dirigée par le commandeur Wilson. La sphère verte s’affichait sur l’écran de contrôle, belle et majestueuse, une perle lumineuse dans un éther froid. Le commandant Ackerman ne put s’empêcher de penser à son prédécesseur dont malheureusement personne n’avait eu de nouvelles depuis sa dernière transmission. Kepler-199 z constituait la promesse du siècle pour l’espèce humaine, une exoplanète qui abritait la vie. SISTER interrompit ses pensées.

- Nous recevons un signal provenant de la planète, dit SISTER.

- De quel type ?

- Binaire pulsé.

- Un vaisseau ?

- La séquence est trop complexe.

- C’est-à-dire ?

- C’est un langage avec des incidentes, des illogismes et des variations.

- Et quoi d’autre ?

- L’entité émettrice est émotive.

 

Ackerman convoqua son équipage. Désormais, cinq paires d’yeux regardaient l’écran de contrôle tandis que SISTER expliquait son observation. L’exobiologiste Mirisova lança la première hypothèse.

- La planète nous parle, avec un langage de type delphique.

- Nous avons trouvé la planète de Flipper, ironisa le navigateur Peyton.

- Cette hypothèse est loin d’être idiote, avoua l’ingénieur Bergman.

- SISTER, peut-on traduire ce que nous dit cette voix ? demanda Ackerman.

- Je dois envoyer des séquences de réponse et analyser les retours.

- Combien de temps faut-il ?

- Cela dépend de la qualité de la réponse.

- En langage clair, s’il te plaît.

- Plus la conversation est intelligente, plus facile est l’analyse, expliqua Bergman.

- D’accord. Bipe nous quand tu as fini de traduire. 

 

Le commandant ne transpirait pas la sérénité. Atterrir sur une planète inconnue ne le gênait pas outre-mesure, il l’avait déjà fait. Cependant, celle-ci était supposée abriter la vie. L’objectif initial, décliné sous les variables du pourquoi et du comment, s’entachait d’une nouvelle composante, un risque de menace par une espèce jamais rencontrée. Dans sa logique militaire, il s’avérait parfois nécessaire de s’équiper lourdement en armement et se positionner sur une orbite géostationnaire élevée en attendant de clarifier la situation. Il donna des ordres dans ce sens.

 

L’intelligence artificielle émit un sifflement. Ackerman convoqua de nouveau l’équipage en séance plénière dans la salle de commandes. 

- SISTER a décrypté le langage de l’inconnu. Nous allons pouvoir parler avec lui.

- Je crois que c’est une femelle, précisa SISTER.

- Merci pour la précision. Qui veut lui poser une question ?

- Je me lance, proposa Mirisova. Est-elle seule sur la planète ?

 

SISTER envoya le message tel que formulé par l’exobiologiste. La réponse ne tarda pas à s’afficher sur l’écran de contrôle : « Oui, je suis seule et unique. ». Ackerman trouva la formulation sibylline et pas vraiment rassurante. Il ordonna à son ordinateur de bord de poser une autre question, plus ciblée, celle qui lui brulait les lèvres depuis le début, afin de savoir ce qu’étaient devenus le commandeur Wilson et son équipe. « Ils sont moi. » répondit l’entité.

 

Ackerman regarda Mirisova et Bergman d’un air interrogatif.

- Que veut dire cette phrase à deux cents ?

- Elle a dû les intégrer, répondit Bergman.

- Tu veux dire qu’elle les a bouffés ? demanda Peyton

- En quelque sorte.

- Je pense exactement la même chose, ajouta une Mirisova dépitée.

- Si c’est le cas, nous sommes mal.

- Demandons-lui simplement, proposa avec calme le docteur Germain.

 

L’intelligence artificielle envoya le message à son destinataire. Il fallut plus de temps pour obtenir un résultat : « Oui. ».

 

Le commandant connaissait désormais la situation. Elle changeait l’objectif premier, le résumant à la survie de son équipage. Il expliqua sobrement la situation aux scientifiques, usant de pédagogie. Eux, cherchaient encore le pourquoi, alors que la menace se trouvait à moins d’un demi-million de kilomètres du vaisseau et que le comment importait finalement peu. SISTER émit subitement un couinement inhabituel. Ackerman regarda l’écran de contrôle. Ce dernier affichait un halo vert sur les trois dimensions, comme si l’astronef était entré dans une immense marmite de soupe au cresson. L’intelligence artificielle traduisit le dernier message de l’entité : « Vous êtes moi. ».

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Blog

Donald Ghautier

12-03-2026

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Message de Kepler-199z appartient au recueil Dystopie & Science-Fiction

 

Histoire Très Courte terminée ! Merci à Donald Ghautier.

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