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La loi du marché - Critique de Film ou Série

Critique de Film ou Série "La loi du marché" est une critique de film ou série mise en ligne par "Benadel"..

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La loi du marché

 

Un titre qui accroche, mais un film qui décroche      

 

Le nouveau film de Stéphane Brizé « La loi du marché » est un film conçu sous forme d'une série de tableaux qui se veulent représentatifs d'une économie déshumanisée. En une vingtaine de scènes d'assez courtes durées, le réalisateur tente de nous donner un échantillon des vicissitudes d'un chômeur qui est appelé à se débarrasser de son amour propre et à se soumettre au joug de ceux qui lui veulent soi-disant du bien. En s'ouvrant sur un prologue, un plan fixe où l'on voit Vincent London (dans le rôle de Thierry) égrener ses reproches au fonctionnaire qui, se retranchant derrière la logorrhée répétitive, évite de lui donner raison, le réalisateur nous montre que le déséquilibre relationnel penche bien souvent en faveur de celui qui est assis derrière un bureau.

L'entretien d'embauche par écrans interposés que le réalisateur met par la suite en scène s'il est édifiant à cet égard, met aussi en exergue la perversion sadique de celui qui, imbu de pouvoir, souffle le chaud et le froid : entretenant d'abord l'espoir d'être embauché, il met fin à l'entretien en lui prononçant froidement la sentence qui l'achève moralement. Et lors d'une scène mémorable, on voit l'humain devenu un zombie, désarticulé sans âme, se laisser dénigrer avec une totale passivité par ceux qui sont chargé de lui donner des cours sur la tenue et le comportement à adopter face à un recruteur.

Si tout le film avait été de la même veine, Stéphane Brizé aurait réalisé un chef-d’œuvre. Mais voilà, il a cru bon de saupoudrer son propos de séquences, parfois proches, mais souvent loin de ce qu'il entendait dénoncer au début. Cela nous donne un film décousu et sans fil conducteur scénaristique. Et quel est le rapport, par exemple, entre les cours de danse de Thierry, son refus de marchander la maison mobile, l'employée de banque qui le baratine et le statut de chômeur.

Par ailleurs, dans le dernier tiers du film, on entre de plein pied dans la vie d'un grand magasin ; on y voit Thierry, en uniforme, surveillant les clients. D'une cabine de vidéo surveillance, nous suivons les instructions qu'un moniteur lui donne et les commentaires qu'il lui fait au fil des images d'une caméra voyeuse. Puis s'ensuivent des scènes nous montrant une célébration pour un départ à la retraite, l'arrestation d'individus n'ayant pas payé leurs dus, l'infidélité d'une caissière prêtant à un client sa carte de fidélité.

Ce film n'est donc finalement qu'un fourre-tout d’instantanés de la vie quotidienne d'un personnage, et le titre accrocheur « La loi du marché » ne reflète en rien le sujet du film qui, bâti de bric et de broc, prétend la pourfendre. Dommage, car tous les acteurs jouent savamment leur personnage, notamment, Vincent London qui mérite amplement sa récompense pour avoir su incarner magistralement cette révolte sourde qui emprunte parfois des chemins surprenants.

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+7

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Blog

Benadel

10-06-2015

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La loi du marché appartient au recueil I - Chroniques

 

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