"Un neurone sinon rien !" est une histoire très courte mise en ligne par
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Un neurone sinon rien !(version remaniée 2026)Le professeur Glouque n’en revenait pas : il avait devant lui un cerveau qui vivait et communiquait après une décapitation. Ce n’était pas banal. Les autorités compétentes l’avaient dépêché sur place pour évaluer la situation. Les services secrets et le gouvernement français souhaitaient savoir ce qu’une telle découverte apportait à la France, sinon cette singularité encéphalique terminerait à la poubelle. Le propriétaire de l'encéphale, un jeune postier, avait été percuté par un engin agricole. Son corps et sa tête s’étaient séparés à cette occasion. L’accident avait eu lieu près d’un hôpital psychiatrique dont le médecin-chef avait trouvé intéressante l’idée de conserver le cerveau dans une solution aqueuse puis d’envoyer le corps au service des dons d’organes. Glouque était arrivé trois heures plus tard sur ordre express du ministre de la défense. Sa mission consistait à étudier le potentiel d’une telle découverte. Il avait quatre jours, pas un de plus.
Le premier jour le professeur conçut un système d’autonomie pour le cerveau afin de rendre les tests plus aisés. Il lui demanda quel était son nom. Ce dernier lui répondit que son état civil l’emmerdait et que désormais il se ferait appeler Arthur.
Le second jour Glouque discuta avec Arthur de sujets aussi variés que la pisciculture, le Tour de France et l’économie de marché. Arthur était calé sur tous ces sujets. Le Tour de France représentait dans ses souvenirs la marotte des postiers, une vieille tradition héritée du XXème siècle. L’économie de marché l’intéressait car un illustre facteur l’avait dénoncée pendant des années. Son intérêt pour la pisciculture venait, selon lui, du passé cambrien d’homo sapiens et ses pairs, tous venus de la mer, au commencement.
Arthur se révéla différent, sensible, cultivé, raffiné même. Glouque tenta de multiples tests, freudiens, lacaniens, platoniciens. Cette impression se confirma. Débarrassé de son essence corporelle, Arthur ne focalisait plus sur le sexe, l’argent et le pouvoir. Il était devenu un pur esprit, un exemple de réflexion. Il apprenait à très grande vitesse, mémorisait tout et analysait dans les moindres détails chaque situation.
Glouque se dit que la science française tenait là un avantage énorme sur les autres pays, plus fort que des milliers d’ordinateurs géants mis en réseau, plus créatif qu’un service de renseignements entier, plus savant qu’une école normale supérieure. C’est en ce sens qu’il rédigea son rapport pour le ministère de la défense. Le monde allait changer.
La réponse ne se fit pas attendre. Le cerveau fut emmené manu militari dans une zone ultraconfidentielle quelque part au fond des Yvelines, passé à la question puis traité à la déchiqueteuse. |
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Un neurone sinon rien !
appartient au recueil Dystopie & Science-Fiction
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Histoire Très Courte terminée ! Merci à Donald Ghautier. |
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