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Rose récidive - Nouvelle

Nouvelle "Rose récidive" est une nouvelle mise en ligne par "Mégalac"..

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Chacun décrit où il se situait. Cyril explique que les deux animateurs étaient un peu à l’écart et qu’ils nous observaient. Si quelqu’un a vu quelque chose de curieux dans cette pièce, c’est bien eux.  Rose est partie la première, suivie par Cyril, Franck, Martine, Léa et moi indique Pierre qui déclare aussi n’avoir pas bougé. Cloé explique qu’elle discutait avec un animateur, je confirme en indiquant que j’ai fait cette observation à mon retour de mon tour en ville où j’ai vu Lydia et Kevin se parler. En y réfléchissant, il n’y avait qu’un coach avec Cloé. Ils discutaient face à la baie vitrée donnant sur la plage. L’autre était absent. Martine et Léa indiquent qu’elles sont parties juste derrière moi et qu’elles ont été directement vers la piscine.

Bien merci à tous. Restez à notre disposition, désolé pour ce désagrément, mais il y a eu un meurtre et le ou la coupable doit être identifié.

David se présente devant son commandant, salut et attend qu’il lui donne la parole.

- Alors David, ce barman ?

- Je ne le sens pas chef. Il a quitté son poste de travail pour un soi-disant mal au ventre soudain, et il est rentré chez lui pour se soigner et se reposer. Il n’a pas averti son boss pour, selon ses dires, ne pas perdre de salaire car le directeur est strict sur les absences.

- David, seules les preuves comptent. Ton sentiment, oublie-le. Il ne sera pas le premier à tricher sur les horaires, je me comprends. Cela n’en fait pas un suspect. Et les fadettes du téléphone de la victime, où en est-on Jean-Pierre?

- Je suis dessus, chef. Je pense les récupérer auprès de son opérateur dans la

Matinée.

- C’est trop long, mets-leur la pression. Et les relevés bancaires ?

- Rien de particulier. Pas de découvert, pas d’entrée d’argent inopinée, le compte en banque de Mme tout le monde.

Et y en a-t-il un ou plus de connus de nos services, en plus de PV de circulation et du Kevin ?

-  Rien, mon commandant, répond Jean-Pierre.  

Julien, le jeune stagiaire gendarme, arrive avec un grand sourire.

- Mon commandant, il y a du nouveau. Le légiste a terminé son travail et je peux vous dire qu’il y a de la news !!! Bon pour moi, cela a été une première de pénétrer dans une morgue. Honnêtement, je n'en menais pas large. C’est incroyable ce que la science et la police d’investigation peuvent faire aujourd’hui. Cela doit vous changer de vos débuts, hein mon commandant. Grâce à un minuscule indice, ils peuvent expliquer une scène de crime. Et surtout, ils nous apportent une aide considérable. Sans eux, nous ferions souvent chou blanc. Le commandant regarde Julien les yeux écarquillés.

- … ? Super Julien, super, et sinon tout va bien pour toi ?

- Oui, merci beaucoup, mon commandant.

- Julien, tu nous expliques le rapport du légiste s’il te plaît. Le commandant et nous, on l’attend avec BEAUCOUP d’impatience. Demande David avant que le commandant déjà tout rouge n’explose.

- Ah oui, le rapport. Alors, la scientifique a retrouvé une petite trace de sang avec trois cheveux sur une bordure de sentier à côté du local technique. Eh bien, tenez-vous bien, le sang et les trois cheveux appartiennent à Rose. Elle a visiblement été poussée violemment avec les deux mains. Il y a des micro-hématomes sur sa poitrine. Ensuite, l’usure de ses talons correspond aux résidus de plastique trouvés sur l’allée qui conduit au local technique de la piscine. Donc elle a été traînée, sur environ un mètre quatre-vingts, par une personne qui l’a prise sous les bras pour la dissimuler dans le local, car l’usure des talons des chaussures est identique. Heure de la mort entre 17h00 et 18h30. Conclusion du légiste : mort accidentelle avec dissimulation volontaire du corps.

- Merci Julien. Tu vois quand tu veux… Maintenant tu guettes l’arrivée des fadettes du téléphone de la victime et tu nous fais un résumé le plus vite possible de tout ce qui te semble hors routine.

- Ok mon commandant. Je m’y colle dès que j’ai terminé ma pause.

- Pause ? Quelle pause ?

- Mon commandant, vous nous avez demandé de tout faire pour rechercher l’excellence dans notre travail. Alors je me suis bien étudié et j’ai découvert que j’étais beaucoup plus efficace si je ne passais pas d’une tâche à une autre sans faire une petite pause.

 

- David, tu vas gérer Julien à partir de maintenant, parce que là, moi je vais craquer.

- Si vous voulez, mon commandant, je peux vous faire une infusion calmante de ma grand-mère…David lui coupe la parole.

- Julien vient avec moi, j’ai deux trois trucs à te dire…C’est quoi ce sketch ? Quand tu parles au commandant, c’est pour faire un rapport le plus pro possible. Tu ne lui racontes pas ta vie et ce n'est pas ton pote. Va falloir ramer sec si tu veux remonter dans son estime. Rappelle-toi que c’est lui qui rédige ton rapport de stage…

Il y a la fille de l’accueil qui fait des grands signes à David, c’est sûrement les fadettes qui sont arrivées. En effet, le document est disponible sur la messagerie cryptée de la gendarmerie. David imprime les feuilles et les donne à Julien.

- Tu ne pars pas sans avoir terminé le job. Passe-me voir quand tu auras terminé. Julien surligne un numéro qui revient fréquemment. Certains jours, il y a plus d’une dizaine de tentatives que Rose a toujours ignorées. Un autre numéro est pris par Rose tous les lundis soir. Le reste est sans intérêt. Julien, qui a bien compris que le commandant l’a dans le nez, passe voir David comme convenu. Il demande s’il peut aller présenter son analyse au commandant.

- Mais Julien, tu n'as fait que la moitié du travail. Il va te jeter.

- Comment ça, la moitié. J’ai contrôlé tous les numéros.

- Ah oui, alors c’est qui les propriétaires des numéros qui reviennent souvent ?

- Ah bah oui, je comprends.

- Je vais t’apprendre comment il faut faire. Prenons celui qui revient tous les lundis soir. Tu ouvres cette application, tu inscris ton matricule ici et le numéro dans cette boîte de dialogue. La recherche n’est pas trop longue et cela te donnera l’opérateur de son téléphone. Ensuite, tu les appelles en donnant notre indicatif qui est noté sous le clavier. Certains sont plus lents que d’autres. Mais en général, tu attends 10 bonnes minutes. Pile le temps qu’il te faut pour aller me chercher un café expresso maintenant.

- Ok super facile, et ça a l’air rapide. Avec du sucre ?

- Merci pour le café. Alors non, ce n’est pas rapide. Si tu es dans leur créneau horaire, c’est assez rapide. Si tu passes ta demande avant 10h30, tu as une chance de récupérer le code d’accès avant la fin de la journée. Sinon, tu as la réponse le lendemain.

- Ok, j’ai l’opérateur, je leur téléphone, on verra bien. Le code, c’est par SMS ou par mail ?

- Par mail sur l’ordinateur sécurisé. Avec notre indicatif, ils savent où envoyer le message. Mais il faut être titulaire pour pouvoir y accéder. Donc tu ne pourras pas le récupérer. Je regarderai ce soir avant de partir, mais vu l’heure, ta recherche sera pour demain quand nous aurons reçu le code. Le lendemain, Julien a enfin le sésame permettant de connaître le nom des contacts entrants ou sortants. Une fois le code saisi, il rentre le numéro du tel de Rose et un listage avec la durée, la date, si l’appel est entrant ou sortant, et surtout le nom de la personne propriétaire du numéro de téléphone. Julien pousse un cri de surprise car le numéro le plus surligné du listage est celui de Mr Grandin Pierre. Le pierre qui passe son temps sur son smartphone.

- David, David, j’ai un super scoop. C’est Pierre Grandi qui harcelait Rose. Cloé nous avait expliqué qu’elle le trouvait bizarre, bingo. L’autre numéro, celui du lundi soir, c’est la sœur de Rose.

- Super job Julien, viens, on va en parler au commandant. Il m’a demandé de rejoindre l’équipe à l’hôtel si on a du nouveau pouvant faire avancer l’enquête. Le commissariat n’étant pas loin de l’hôtel, nos deux compères s’y rendent à pied. À peine a-t-il reçu l’info que le commandant demande à voir Pierre Grandin. Pendant qu’un de ses subordonnés part le chercher, le commandant regarde Julien et lui glisse :

- Alors Julien, bien la pause ?

C’est David qui répond avant que Julien puisse placer un mot.

- Ne vous inquiétez pas, mon commandant,  terminées les pauses. Julien a fait un bon travail ce coup-ci.

Entre-temps, Pierre est arrivé. Un gendarme l’a fait entrer dans le bureau. La caméra est branchée. Le commandant s’assoit en face de Pierre, qui debout n’en mène pas large.

- Asseyez-vous et expliquez-nous pourquoi vous avez harcelé Rose Parcelle au téléphone depuis plusieurs semaines. Nous avons les relevés de son téléphone, vous ne pouvez pas nier. Il faudra aussi nous expliquer pourquoi vous nous avez caché votre besoin de lui parler.  

- Harcelé, tout de suite les grands mots, j’ai un peu insisté pour lui parler, rien de plus. Mais elle, elle refuse de prendre mes appels. Pour qui elle se prend celle-là ? Un jour, pour l’obliger à me rendre service, je suis allé la rencontrer sur son lieu de travail, à l’hôpital. Ce jour-là, elle m’a fait virer par les vigiles. Bonjour l’accueil. C’est dégueulasse de refuser de m’aider.  

- Vous aider à quoi ?

- Je vous ai déjà dit que j’étais donneur volontaire de sperme, et je voudrais connaître mes enfants. Cela m’obsède. Elle avait accès aux dossiers des receveurs, une copie ne l'aurait pas tuée… Enfin, ce n'est pas la bonne formule, mais vous comprenez, hein ?

- Voilà ce que je comprends, moi. Monsieur Grandin Pierre, à compter de cette heure, vous êtes en garde à vue pour le meurtre de Madame Rose Parcelle.

Le commandant, le visage éclairé par un grand sourire, s’éloigne, prend son téléphone, compose un numéro et nous entendons : « Bonsoir Mr le procureur… »

Nous sommes trois attablés devant une bière. Personne ne parle. C’est Lydia qui rompt le silence.

- J’ai du mal à imaginer Pierre tuer, même accidentellement Rose. Personne ne l’a vu sortir de l’hôtel. Franck tente sa chance sur le bord de la piscine et se fait jeter rapidement par Rose. Il part se remettre de sa déconvenue dans les jardins. Quand Léa et Martine se pointent, il n’y a personne dans et autour du bar. Ce qui, de caresses en câlins, les entraîne derrière le comptoir du bar. Peu de temps après, c’est le retour de Franck qui a vu les filles se chauffer et comprend ce qui se passe entre elles. Il tente de prendre une photo, se fait chopper par Léa qui lui balance une beigne illico. Pas très chanceux le Franck : Jeté par Rose et claqué par Léa en moins d’une demi-heure !!!!

À mon tour, je réfléchis à voix haute.

- C’est à ce moment que je le croise en train de remonter dans sa chambre. Je trouve Léa et Martine un peu bizarres, mais maintenant je comprends pourquoi. Donc Rose a disparu entre le départ de Franck pour sa balade dans les jardins, et l’arrivée de Léa et de Martine. Je vous paye ma tournée. Bières pour tout le monde ?

Toutes les mains se lèvent. Je me tourne vers le barman pour lui demander de faire le plein. Il est immobile, les yeux grands ouverts, le visage blême. Je m’approche de lui pour m’informer de son état.

- Alors, toujours ce mal au ventre ? Faudrait consulter, vous savez, l’appendicite c’est potentiellement grave. Vous nous remettez trois bières sur mon compte, s’il vous plaît.

Le gars arrive avec son plateau. Il tremble tellement qu’une bière dégringole sur les pieds de Lydia.

 

- Il n'est pas vrai ce mec. J’ai plus qu’à aller me changer.

Lydia relève les yeux pour voir la tête du super serveur qui lui a ruiné ses mocassins. Leurs yeux se croisent. Lydia connaît ce regard, elle l’a vu si souvent.

- Bon, ce n’est pas grave, vous savez. Asseyez-vous, vous ne semblez pas être dans votre état normal. C’est quoi votre problème ?

Lydia lui pose la main sur l’épaule. Le serveur essaie de s’en libérer, en vain.

- Asseyez-vous, on doit parler, lui assène Lydia, plus du tout aimable.

Le serveur, qui sent la main ferme de Lydia le contraindre à s’asseoir, s’exécute.

- C’est comment votre nom ?

- Luc Droutu, mais ici tout le monde m'appelle Lolo.

- A tout hasard, l’après-midi où Rose est morte, vous avez vu quelque chose d’inhabituel ?

- Vous êtes qui pour me poser des questions ? Le responsable a été arrêté, alors foutez-moi la paix.

- Nous, on est persuadé que les gendarmes se sont trompés de client, alors on ne voudrait pas être témoin d’une erreur judiciaire. Vous, cela ne vous gênerait pas ? Donc, avez-vous vu ou entendu quelqu’un faire du mal à Rose ? Parce qu’un serveur qui prépare des boissons à l’avance et qui disparaît juste quand une cliente se fait refroidir, c’est, comment dire, pas très habituel.

Nous faisons le cercle autour de Luc. Je me lance.

- Vous connaissiez Rose ? Déjà venue à l’hôtel, peut-être ?

Le gars pique un fard, en nous bredouillant un non pas du tout convaincant. Lydia, qui a bien vu son trouble, reprend l’interrogatoire.

- Alors, ancienne petite amie ? Connaissance de jeunesse ?

- Petite amie, sûrement pas elle…

Je sursaute.

- Donc vous la connaissez, expliquez-nous.

- Notre serveur se prend la tête dans les mains. Quand il nous regarde, ses joues sont mouillées de larmes.

- Lydia nous demande de surveiller Luc. Elle prend son téléphone et appelle le commissariat pour informer le commandant que Pierre est innocent et que le coupable est entre nos mains. Il ne met pas dix minutes pour nous rejoindre. À peine arrivé, il demande à Luc de donner sa version.

- J’ai côtoyé Rose au lycée pour mon malheur. Elle est la seule à avoir vu, à l’époque, que les lettres de mon nom et de mon prénom étaient un anagramme pas génial. Du jour au lendemain, ma vie a basculé quand elle l’a rendu publique. Même les professeurs souriaient quand ils prononçaient mon nom. J’ai vécu l’enfer. Alors quand elle m’a reconnu et qu’elle m’a appelé par mon surnom maudit » trou du cul » pour ceux qui n’ont pas décrypté l’anagramme, qu’elle a essayé de ne pas payer ses consommations, j’ai vu rouge. Je l’ai entraînée vers le local pour exiger, sans témoins, qu’elle arrête son harcèlement. La seule chose qu’elle m’a dit, c’est : « Tiens, tes boules sont descendues, bravo !!! ». Je l’ai poussée, elle est tombée à la renverse et sa tête a dû taper trop fort le sol. Je l’ai cachée dans le local, car pour moi elle était juste évanouie. Quand je suis revenu du bar, j’ai compris que le choc l’avait tué. Je me suis enfui. Vous connaissez la suite. Je m’en veux terriblement, même si c’était une mauvaise personne, elle ne méritait pas de mourir. Je suis un idiot, ma vie est foutue, car je suis responsable de sa mort.

 Le commandant fait venir une voiture pour que Luc soit conduit au poste, puis se retire le plus loin de nous, sort son téléphone et joint le procureur.

- Monsieur le procureur, il y a du changement. Pierre Grandin est innocent. Oui, on en est sûr. J’avais un micro-doute que j’ai voulu lever. Bien m’en a pris car nous tenons le responsable qui vient d’avouer, avec tous les détails, la mort de Rose Parcelle. Cette fois, je vous assure, monsieur le procureur, l’enquête est définitivement fermée.

 

GG24

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Auteur

Mégalac

14-08-2026

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Rose récidive appartient au recueil J'en étais sur !!!

 

Nouvelle terminée ! Merci à Mégalac.

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