"Rose récidive" est une nouvelle mise en ligne par
"Mégalac"..
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Il y a des tableaux aux murs et une sculpture en fils de fer qui, au poids de la ferraille, vaut rien, mais aux prix du marché, doit valoir mes deux bras. Je décline mon nom et prénom, âge, mon adresse, et à la question : pourquoi je suis dans cet hôtel ? Je réponds un brin taquin : Pour dormir. Le fauteuil arrête d’un coup ses pivotements. - Ne me prenez pas pour un con, je vous le conseille. - Je trouve que la question est ridicule. Je suis en vacances dans cet hôtel, donc j’y mange et j’y dors également. Désolé, cela m’a paru tellement évident. - Avez-vous remarqué une attitude, un incident, même insignifiant ? - En arrivant aux abords de la piscine, j’ai croisé Franck qui m’a semblé marcher vite, la tête basse, comme si un problème le dérangeait. La porte s’ouvre et un jeune gendarme se présente. - Excuse mon commandant, mais le procureur a déjà appelé trois fois, il est furieux… - Merci maréchal des logis, vous continuez, je vous écoute. - J’ai également constaté l’absence du barman, il avait préparé des mojitos à l’avance !!! J’ai été surpris par l’absence de Rose car elle avait déclaré venir à la piscine. Léa et Martine m’ont indiqué ne pas l’avoir vu à leur arrivée. Doucement, le fauteuil a repris ses mouvements. 11h55 : Léa ressort du bureau et se jette dans les bras de Martine et lui déclare qu’elle a préféré dire la vérité. Martine lui répond qu’elle a eu raison et qu’elle se moque bien de l’avis des autres. C’est à son tour de passer à l’interrogatoire. Elle ressort le sourire aux lèvres, s’assoit à côté de Léa et lui prend la main. 12h05 : Cyril est de nouveau interrogé par les gendarmes. Il ressort tout blanc et visiblement très gêné. 12h15 : Franck nous rejoint sans les menottes, jette un regard vers les deux filles, qui le toisent, le regard fixe, et leur jette un merci du bout des lèvres. En le regardant mieux, il me semble qu’il a des marques rouges sur une joue… Les gendarmes nous indiquent que nous pouvons aller manger et que les derniers interrogatoires auront lieu l’après-midi. Le commandant s’éloigne et téléphone à quelqu’un qui doit être le procureur, il est presque au garde à vous. Chose curieuse, le groupe se retrouve à la même table contrairement à la veille au soir. Nous avons tous les yeux braqués sur Franck qui semble captivé par son assiette, joue avec les cornichons qui accompagnent la tranche de pâté qu’il n’a pas touchée. Voyant qu’il est observé, il craque et nous explique que la gifle, c’est lui qui l’a reçue et que c’est Léa qui lui a donnée. Léa confirme. Il les a trouvées, toutes les deux, allongées derrière le comptoir, enlacées en pleine activité amoureuse. Il a voulu prendre une photo pour ses copains. Léa, l’ayant vu, l’a giflé et il lui a déclaré ce que Cyril a entendu. C’est pourquoi il est remonté en urgence dans sa chambre pour se mettre de l’eau froide sur la joue. Rien d’autre. Cyril nous explique son erreur et s’en excuse auprès de Franck, qui ne répond rien. - Quand je suis arrivé à la piscine, Rose était sur un transat et Franck lui faisait la conversation. Il n’y avait personne d’autre. J’ai fait une vingtaine de longueurs de piscine, et quand je suis sorti j’ai nettement entendu la gifle et un homme dire » salope, tu vas me le payer ». Pour moi, il n’y avait que Franck et Rose. J’en ai déduit que c’étaient eux. Mais je n’ai rien vu, juste entendu. Voilà pourquoi j’ai accusé Franck et je m’en excuse encore. Franck nous explique qu’il a pris un vent magistral avec Rose et qu’il a préféré faire un tour dans le jardin qui jouxte la piscine pour évacuer sa déconvenue. Quand il est revenu au bar, il y avait Léa et Martine qui…enfin vous voyez. Autre chose de super flippant : Rose est morte d’un choc à la tête. Les gendarmes parlent fort. J’ai bien entendu, ils sont persuadés que c’est un meurtre et attendent les résultats de l’autopsie. Martine nous informe que pendant leur « activité », elles ont entendu une voix de femme, qui pourrait bien être Rose, qui parlait avec un homme, et qu’il y a eu des bruits un peu bizarres avant l’arrivée de Franck. Lydia nous indique que sa relation avec Kevin est exclusivement professionnelle. Il y a quelques temps, elle l’a interpelé pour un trafic de stupéfiants et en a parlé aux gendarmes qui en ont profité pour saisir son stock d’amphétamines, et le mettre en examen pour trafic de stupéfiants. Chloé interpelle Pierre. - Je voudrais savoir si la mort de Rose te touche, car tu ne dis rien et tu passes ton temps à scroller sur ton téléphone. Dans le genre accro compulsif, tu es champion. Pierre nous explique qu’il connaît Rose de vue car il l’a croisée en tant que donneur à la banque du sperme de l’hôpital de sa ville. Qu’ils se retrouvent ici était un hasard incroyable. Et visiblement elle ne l’a pas reconnu, ce qui ne lui a pas déplu. Tout le monde ne comprend pas toujours bien la motivation des donneurs. Alors sa mort est tragique, mais comme beaucoup d’autres, déclara-t-il. - Pour moi c’est un fait divers un peu trop près de moi, rien d’autre. Et ce que je fais avec mon tel me regarde. - On verra si les gendarmes sont d’accord. Je te trouve bizarre, je te préviens, lui balance Cloé. Pierre hausse les épaules en signe de réponse. Les dernières auditions de Cloé et de Pierre terminées, le commandant regroupe son équipe et fait le résumé de la journée. - Nous avons une jeune femme qui est morte à la suite d’un choc à l’arrière du crâne hier après-midi. Il n’y a pas eu de violence sexuelle, elle portait ses bijoux et son petit sac à main était intact et contenait de l’argent liquide. Le vol est à écarter. Il nous reste donc un accident ou un assassinat. Aux vues des témoignages, l’action a été rapide. Le médecin légiste devra nous dire si le corps a été déplacé. La scientifique a relevé des dizaines d’empreintes. On ne pourra pas en tirer quelque chose d’utile. -Julien et David, vous allez fouiller son téléphone et ses comptes bancaires, il y a peut-être une piste. Julien, ce sera un très bon exercice pour ton stage. Jean-Pierre, tu regardes si tout ce beau monde, en plus de Kevin, est connu de nos services. On se retrouve demain matin à l’hôtel à huit heures tapantes. - Ok commandant. Le lendemain matin, le commandant et son équipe à peine arrivée ont été assailli par le directeur de l’hôtel, le rouge aux joues, la respiration sifflante. - Le procureur, qui est un ami de longue date, a clairement avalisé ma demande de réouverture de la piscine. Il doit vous en informer au plus tôt. En effet, le téléphone du commandant sonne avec l’air de la marche funèbre. - Le proc glisse Jean Pierre à ses collègues. - Allo, bonj…, mais… bien Monsieur, j’ai parfaitement compris, bien monsieur je prends immédiatement les dispositions dans ce sens. Au Rev…clic, le procureur a déjà raccroché. - Monsieur le directeur, la piscine est libre mais pas le local technique. C’est une zone potentielle pour l’enquête. Lorsque le médecin légiste nous aura expliqué comment est morte votre cliente dans vos locaux, vous pourrez l’utiliser à votre convenance. - Mais sans local technique, la piscine est inutilisable… - Votre ami le procureur me demande de libérer l’accès à la piscine, c’est fait. Bonne journée… et tant que vous êtes là, que faisiez-vous hier après-midi vers 17:30 ? - Je préparais le planning des semaines à venir dans mon bureau. - Seul ? - Ben, oui…seul comme d’habitude… - Seul, ce n'est pas bon ça. - Vous… , vous me soupçonnez ? - Pas encore, mais on cherche un coupable. Ne quittez pas l’hôtel sans ma permission. Le directeur, un peu blême et soudainement beaucoup plus calme, retourna à ses affaires sous les regards appuyés des gendarmes. - Bon, on reprend les derniers témoignages. J'aimerais bien avoir celui du barman. Il a peut-être vu ou entendu quelque chose. David, c’est pour toi. Nous, on retourne sur les lieux pour essayer de comprendre le minutage et voir si un indice nous a échappé. Nous assistons à la scène depuis la salle du petit-déjeuner. S’il y en avait, on aurait entendu les mouches voler. Les organisateurs nous informent que notre stage a été supprimé et qu’un remboursement nous sera envoyé dans quelques jours. Nous sommes confinés dans l’hôtel et personnellement la piscine a perdu de son attrait depuis qu’une collègue de stage y a été assassinée. Super les vacances… Elle va m’entendre, la copine. Cyril s’approche de Franck et lui glisse avec un petit sourire : - Alors, tu me fais voir la photo des deux nanas ? Ne me dis pas que tu n’en as pas pris au moins une, je ne te croirais pas. Franck soupire un grand coup, sort son téléphone et manipule l’écran pour accéder à ses photos. Avant qu’il comprenne ce qui se passe, Martine a bondi, saisi le téléphone qu’elle balance dans l’aquarium aux homards. - Vous êtes deux gros connards, leur crie-t-elle. Franck se précipite, mais à la vue des homards, il stoppe sa tentative de sauvetage de son tel. - Bordel, mais tu es tarée toi. Je voulais lui laisser fouiller mes photos pour lui prouver que je n’avais pas de photos de vous deux. Comment je fais maintenant, tu vas me payer un autre tel et tout de suite, sinon… - Sinon quoi ? Je vais finir dans le local technique de la piscine ? Je suis sûr que les gendarmes vont adorer cette petite phrase. Le commandant appelle son adjoint et lui demande de faire une sorte de reconstitution des évènements. Ils nous rejoignent dans la salle de séminaire et nous demandent de l’attention. Il s’approche de Léa et de Martine et leur déclare : - Détruire une preuve matérielle est passible d’une condamnation, Madame, j’ai tout entendu. Je parle du téléphone que vous avez détruit dans l’aquarium. Il est possible que nous en discutions à nouveau. Son adjoint prend la parole. - Pouvez-vous nous indiquer où vous étiez installé en arrivant ?
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Rose récidive
appartient au recueil J'en étais sur !!!
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