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Mon Crime - Critique de Film, Théatre, série.

Critique de Film, Théatre, série. "Mon Crime" est une critique de film, Théatre, série mise en ligne par "Paulette Pairoy-Dupré"..

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Mon Crime

 

Sorti le 8 mars, le jour de la journée internationale des droits des femmes, « Mon crime » le dernier film de François OZON adapté de la pièce de Georges BERR et Louis VERNEUIL écrite et jouée pour la première fois en 1934 au Théâtre des Variétés, est une farce fantaisiste, légère, burlesque aux répliques truculentes, interprétée par une galerie de comédiens brillants.

On retrouve aux côtés de deux jeunes révélations récompensées aux Césars 2022 Rebecca Marder et Nadia Tereszkiewicz, Fabrice Lucchini, Isabelle Hupert, Dany Boon, Régis Laspales, Michel Fau, Daniel Prévost, André Dussolier, Félix Lefebvre, Myriam Boyer, Edouard Sulpice, des talents variés que l’on n’aurait pas imaginés être réunis en un même spectacle mais qui s’en donnent à cœur joie pour nous divertir.

Madeleine Verdier (Nadia Tereszkiewicz)), jeune actrice   sans grand talent vit avec son amie Pauline Mauléon (Rebecca Marder), jeune avocate qui n’a encore jamais plaidé. Les deux jeunes femmes sans le sou sont sur le point d’être expulsées de leur logis rudimentaire. Madeleine est accusée et s’accuse du meurtre d’un producteur par trop entreprenant et Pauline assure sa défense. Madeleine est acquittée pour légitime défense après un discours écrit par son avocate et récité par cœur, qui ébranle les jurés et le public aux applaudissements bruyants *. Viennent alors le succès, l’argent et la gloire. Mais c’est là un crime volé et la véritable meurtrière en réclame les retombées …

*"À vos filles, à vos mères, à vos épouses, à vos sœurs, je veux leur dire qu’à travers mon crime, j’ai défendu sans le vouloir notre cause à nous, celle des femmes, seules, pauvres et honnêtes, que la société jette en pâture aux instincts bestiaux des hommes !
Jamais je n’aurais pensé devoir tuer pour me défendre, jusqu’au jour où par malheur j’ai croisé un homme, qui a voulu abuser de moi, me violer et faire de moi son objet de plaisir. Alors oui, vous me direz, je suis une actrice, dépendante des regards, des désirs, du bon vouloir et du pouvoir des hommes, mais n’est-il pas possible en 1935 de mener sa carrière, sa vie de femme, sans contrainte, en toute liberté, en toute égalité ?"

Loin d’être un film militant, la comédie dresse néanmoins un tableau de la condition féminine d’hier dans une société dominée par les hommes où la femme n’avait pas le droit de vote, était dépendante financièrement, considérée mineure pour ses droits mais majeure pour ses fautes et fait réflexion aux violences faites aux femmes de nos jours.

N'allez pas croire pour autant que nos deux héroïnes auxquelles il faut ajouter Odette Chaumette interprétée par Isabelle Huppert sont de douces et honnêtes colombes. Plutôt mi anges, mi-démons, malicieuses, elles sont prêtes à tout pour mettre la gent masculine à leurs pieds, trouver les bons appuis pour résoudre leurs problèmes financiers et sentimentaux.

« Les coupables qui nient c’est ennuyeux mais les innocents qui s’accusent c’est exaspérant. »

La justice n’est pas épargnée par les auteurs de la pièce et le réalisateur du film qui a bien choisi ses acteurs pour interpréter un procureur lunaire (Fabrice Lucchini), un inspecteur de police mesquin (Régis Laspales), un juge misogyne et peu scrupuleux (Michel Fau) et un greffier aux répliques hilarantes (Olivier Broche). On ironise ici sur la justice qui n’est guère qu’un théâtre où chacun a un rôle. L’accusée joue tellement bien qu’elle quitte le prétoire sous un tonnerre d’applaudissements et va jusqu’à leur envoyer des baisers comme une star hollywoodienne.

Le film s’ouvre sur un rideau de scène et se termine par une scène de théâtre car comme le disait Shakespeare : « Le monde entier est un théâtre, et tous, hommes et femmes, n'en sont que les acteurs. Et notre vie durant nous jouons plusieurs rôles. »

Le générique de fin est original avec ses manchettes de journal sous le nom de chaque comédien.

 

Le théâtre dans le cinéma et la justice qui y fait son théâtre, une mise en scène bien rythmée , des décors magnifiques signés Jean Rabasse et des costumes de Pascaline Chavanne qui donnent un côté glamour hollywoodien à cette comédie d’époque.

Un agréable moment de cinéma !

 

CR/PPD Mars 2023

 

 

 

 

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Paulette Pairoy-Dupré

21-03-2023

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Mon Crime n'appartient à aucun recueil

 

Critique de Film, Théatre, série. terminée ! Merci à Paulette Pairoy-Dupré.

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