"Les guirlandes" est une tranche de vie mise en ligne par
"Ancolies".. Venez publier une tranche de vie ! / Protéger une tranche de vie |
|
|
|
|
|
Les guirlandes
A ma plus profonde stupéfaction, je me suis entendu lui dire Je t’aime après un premier baiser échangé. C’était faux mais comprenez-moi les amis, nous étions dans un hp et en ce type d’endroits les distractions sont rares. Evidemment elle m’a répondu Je t’aime. Elle était là pour dépression et anorexie. Elle était belle naturellement, sinon non, désolé pour les autres. Les arbres nous encerclaient, autour dans la nuit. Autour de nous, assis pour un instant sur ce banc. C’était juste un passe-temps. Les arbres ont peu ces soucis-là, le temps. Qui afflige, déçoit, ratatine, fait de pauvres victimes. Je hais le temps qui passe, qui sans cesse nous taraude nous menace, de notre jeunesse à nos éternelles vieillesses. Non, c’est faux : ce temps qui passe j’y vois quand même un avantage. L’expérience. C’est bon une fois pour toutes, toutes les brûlures de l’enfance, les viols, toutes les souffrances. Derrière et je ne suis pas prêt d’y retourner. Justement elle, elle cette étrangère, elle voulait y retourner, que je lui fasse un enfant. Là, maintenant, sur le tapis de feuilles humide. Un enfant sans amour, voyez-vous ça ! Bon, c’est vrai que j’aime bien dire Tu es belle et je t’aime. Mais c’est la beauté, seulement la beauté que j’aime. Un baiser d’hôpital, ça ne pouvait pas faire de mal. C’était une romantique pur jus. Sur l’instant elle y croyait. A ce baiser, à cet enfant. Etais-je malhonnête ? Bien sûr. Oui j’aime dire Tu es belle et je t’aime. Le problème c’est qu’elles le croient. Elles sont si maltraitées, elles en ont tant besoin. Après j’ai animé. C’était la nuit de Noël et les infirmières avaient promis une surprise Quatre-vingt fantômes sur les chaises alignées de la réalité le long des quatre murs de cette immense salle en rectangle. Attendant la surprise. La surprise ? Un antique et mini magnéto k7. La play-list ? Claude François, Alexandrie, Alexandra, j’ai plus d’appétit qu’un barracuda. Le son ? Puissance zéro. Alors je suis allé dans ma chambre et j’ai attrapé ma guitare. C’est pas que j’en avais envie mais on se faisait trop chier et malgré les cachetons personne n’avait envie d’aller se coucher. C’était Noël quand même et ce jour ressemblait trop au précédent et à celui d’avant. J’ai joué si fort que j’ai cassé une corde. J’ai chanté si fort que j’ai cassé une corde. Ils ont tapé des mains. Le lendemain, au repas du 25, ils ont voulu me remercier. Porter un toast de flotte. Laissez tomber j’ai dit tout de suite. Autant porter un toast au cuisinier ! La cuisine pour 80 dans un hp, chépa si vous imaginez. A ma plus profonde stupéfaction, je me suis entendu lui dire Je t’aime après un premier baiser étranger. C’était faux bien entendu. Après j’ai fait le mur et les guirlandes, et ils ne m'ont pas revu. |
|
|
"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Les guirlandes
appartient au recueil Nouvelles d'une vie
Lire/Ecrire Commentaires
|
|
  | |
|
Tranche de Vie terminée ! Merci à Ancolies. |
|
Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.