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Le nécessaire - Coup de gueule

Coup de gueule "Le nécessaire" est un coup de gueule mis en ligne par "Ancolies"..

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Le nécessaire

 

Vous avez quoi dans vos caddies ? Prenons un exemple quasi au hasard parmi l’une de la foultitude de saloperies de pubs auxquelles on ne peut échapper. Un film Amazon. Scénario : une succession de plans très courts sur une suite de personnages, l’un tient un râteau à la main, l’autre une brosse à dents, l’autre encore la zapette de la saloperie de tv ou encore un sèche-cheveux. Et dans l’autre main naturellement leur indispensable saloperie de portable. Le nez rivé dedans renaturellement et chacun d’à son tour s’écrier enchanté, ravi devant son écran tout petit petit « Wôôôôh ! Ça c’est un super prix ! ». Le prix de quoi, de quel produit ? Pffttt ! Aucun intérêt gamin, ce qui compte c’est que ce soit un super prix. Dans ces conditions vite que je te me précipite sur le site et sans hésiter que je te m’en profite. Et voilà, quelle bonne affaire j’ai faite ! Et ce que j’ai acheté ? Aucune foutue idée, aucune importance. Et si j’en avais besoin ? Aucune foutue importance vous dis-je et vous répète-je.
Et voilà le travail : crétins comme vous l’êtes on ne prend même plus la peine de vous vendre des saloperies de produits, on vous vend des prix, des super prix. Des saloperies de super prix. Et crétins comme vous l’êtes vous vous empressez de vous jeter les deux pieds en avant bien dans le centre du panneau. Vous êtes désespérants.

Je vous prends pour des gens intelligents (j’ai pas de mérite, j’ai le pardon facile), je passe donc les explications scolaires des méfaits de la saloperie de société de surconsommation en me rendant droit à la conclusion : virez tout. Virer ? C’est ça, jette baby jette. Vous savez un truc ? Moins vous en avez, plus vous êtes libre. Plus vous en avez plus vous êtes entravés. Ô oui vous en avez et regardez-vous, vous êtes indisponible, vous êtes toujours pris par le manque de respiration, d’observation, de contemplation, de réflexion en découlant, pris par le manque de temps. Ça c’est sûr, toutes ces saloperies de conneries que vous avez de la main droite entassées tandis que la gauche s’affaire à en rajouter, ça en prend de la place sur vos étagères et dans votre tête. C’est qu’il faut s’en occuper de tout ça, en jouir de toutes ces merdes. Eh oui, et ça en laisse plus beaucoup et même plus du tout de temps, de place pour le reste. Le reste ? L’essentiel, les valeurs fondamentales humaines, vous connaissez ça par cœur voyons ! Et si vous en êtes au point où non, décidemment vous voyez pas, ben creusez-vous un peu le citron.

Quel est le corollaire ? Moins on en a moins on a de besoins. C’est comme le garagiste pour une fois honnête qui vous dit : C’est mathématique M’ ssieurs/dames, le plus d’options, le plus de pannes. Le nécessaire les amis, le nécessaire, juste le nécessaire, rien que le nécessaire (j’ose pas dire le minimum, courageux comme vous l’êtes vous allez prendre vos jambes à votre cou ou bien me pendre à un bucher). Quoi le nécessaire ?  Un fin philosophe contre-révolutionnaire le disait déjà à la fin du donc XVIIIème siècle : Le superflu, cette chose si nécessaire. Mon Dieu, sommes-nous donc si petits, si piteux ? Enfin voilà, je dispose du nécessaire (ce dont je peux me réjouir avec gratitude car nombre et nombre n’y ont même pas accès), je dispose donc de juste le nécessaire et du coup également de 16 ou 18 heures par jour pour répondre présent à toutes les aspirations ou sollicitations de moi-même ou l’un ou l’autre de mes prochains, pour répondre présent à toutes les mystérieuses surprises bonnes ou mauvaises que les impénétrables voies de la condition et de la destinée humaines mettront aujourd’hui, demain, sur mon chemin. Je m’attarde pas, je me diluerais, mais ce nécessaire, vous devriez essayer mon vieux. 1 / ça ne mangera pas grand pain ; 2 / rapidos vous verrez, la bouche en forme de O, le résultat et vous demanderez stupéfait comment vous avez fait pour passer 20, 30, 50, 60 années à côté de votre vie.

Vous allez le faire, essayer ? Essayer le nécessaire et en devenir immédiatement immensément riche ? « Mazette, que non ! Beaucoup trop dangereux ton truc mon vieux. D’ailleurs je te demanderai de ne plus m’appeler mon vieux, on n’a pas gardé la confiture des cochons ensemble non ? » Ok ok, entendu je le ferai plus. Ah une dernière petite chose, après promis, je t’embête plus : Où étais-tu quand j’étais un inconnu ? Vous voyez pas du tout le rapport ? Cherchez pas bien loin pourtant, juste là, sous votre nez, dans votre foutu mode de fonctionnement.  

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Ancolies

05-03-2026

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Le nécessaire appartient au recueil Nouvelles du monde

 

Coup de gueule terminé ! Merci à Ancolies.

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