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Le Grand Meaulnes - Chronique

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Le Grand Meaulnes

 

 

 

« Mais aujourd'hui que tout est fini,

maintenant qu'il ne reste plus

que poussière de tant de mal,

de tant de bien, je puis raconter

son étrange aventure. »

 

 

Le Grand Meaulnes est une histoire d’amour entre Augustin Meaulnes et Yvonne de Galais. Il est l’unique roman d’Alain Fournier et a été publié en 1913, une année avant que l’auteur meurt à la guerre. L’histoire se déroule dans un pensionnat quelque part en Sologne à l’aube du XXème siècle. Le roman est raconté par François Seurel, un pensionnaire de 15 ans et fils d’instituteurs, qui rencontre Augustin Meaulnes, un nouveau pensionnaire de 17 ans, et devient rapidement son ami. Un jour, Augustin, surnommé « le Grand Meaulnes » par ses camarades, disparaît mystérieusement et revient trois jours plus tard sans que personne ne sache où il est allé. Plus tard, il accepte de raconter son aventure à François Seurel : il s’était endormi dans la voiture tirée d’une jument et s’était perdu dans la forêt. Il est ainsi arrivé au « domaine mystérieux » comme le nomme l’auteur. Le Grand Meaulnes arrive dans une fête et fait la rencontre d’Yvonne de Galais, une jeune femme qui lui plaît beaucoup. Mais il lui faut repartir et il rentre d’une manière tout aussi mystérieuse que lorsqu’il est arrivé. Après cette aventure, Augustin Meaulnes commence la recherche de ce domaine mystérieux et de la belle Yvonne de Galais, qui sera la quête de la suite du roman, pour lui et d’autres prétendants.

 

« Il arriva chez nous un dimanche de novembre 189… » est l’incipit du roman d’Alain Fournier. Le personnage est tout de suite mis en avant et on sait déjà que c’est son histoire, avec l’objectivité d’un narrateur observateur, qui sera racontée.

 

            « Mais quelqu'un est venu qui m'a enlevé tous ces plaisirs d'enfant paisible. Quelqu'un   a soufflé la bougie qui éclairait pour moi le doux visage maternel penché sur le repas           du soir. Quelqu'un a éteint la lampe autour de laquelle nous étions une famille    heureuse, à la nuit, lorsque mon père avait accroché les volets de bois aux portes        vitrées. Et celui-là, ce fut Augustin Meaulnes, que les autres élèves appelèrent bientôt            le grand Meaulnes. »

 

On ressent déjà cette attention spéciale, et peut-être même déjà l’admiration qui suivra durant presque la totalité du roman. Le titre, qui est le surnom du personnage principal, montre déjà cette image du héros et de l’exemple.

 

Lors de sa rencontre avec Yvonne de Galais, Augustin Meaulnes tombe aussitôt amoureux d’elle. Elle est la femme parfaite, mais pourtant si mystérieuse. Elle représente un rêve, et le but du personnage d’Alain Fournier est d’atteindre ce rêve. On retrouve dans le livre toutes ces imprécisions (comme la date) qui nous rappellent le côté onirique de ce roman, et ce mystère constant qui nous éloigne davantage de la réalité.

 

            « Voici le bonheur, voici ce que tu as cherché pendant toute ta jeunesse, voici la jeune   fille qui était à la fin de tous tes rêves ! »

 

Dans ce domaine mystérieux, Alain Fournier réunit rêve, amour et mystère.

 

« Après cette fête où tout était charmant, mais fiévreux et fou, où lui-même avait si follement poursuivi le grand pierrot, Meaulnes se trouvait là plongé dans le bonheur le plus calme du monde. Sans bruit, tandis que la jeune fille continuait à jouer [du piano], il retourna s'asseoir dans la salle à manger, et, ouvrant un des gros livres rouges épars sur la table, il commença distraitement à lire. Presque aussitôt un des petits qui étaient par terre s'approcha, se pendit à son bras et grimpa sur son genou pour regarder en même temps que lui ; un autre en fit autant de l'autre côté. Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu'il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano, près de lui, c'était sa femme... »

 

 L’auteur a su puiser dans des évènements personnels. Le lien le plus important est Yvonne de Quièvrecourt, de qui il était tombé amoureux, et qui l’a inspiré pour le personnage Yvonne de Galais. Il a retranscrit les mêmes sentiments qu’il avait ressentis lorsqu’il l’avait vue pour la première fois, et la quête de son amour. A première vue, Alain Fournier semble s’immiscer dans le narrateur, mais au fil de l’histoire, on se rend compte que sa vie correspond mieux à celle d’Augustin Meaulnes.

 

            « Vous êtes belle », dit-il simplement.

 

L’auteur s’est aussi beaucoup inspiré de souvenirs d’enfance pour créer le lieu et le décor. En bref, il nous partage ses rêves.

 

Deux films ont adapté Le Grand Meaulnes au cinéma. J’ai vu seulement le premier, produit dans les années 60, avec Brigitte Fossey dans le rôle d’Yvonne de Galais. Ce film est assez fidèle au livre et tient compte de l’imprécision du roman. Lorsqu’Augustin Meaulnes arrive dans la fête, le spectateur ressent les impressions d’un rêve, par les bords d’image volontairement rendus flous.

 

Ce livre m’a beaucoup plu par ces évènements oniriques et cette quête de l’irréel. Il nous permet de nous évader dans un univers inconnu et touchant la perfection. Mais la fin ne s’est pas passée comme je le prévoyais, et m’a laissé l’intrigue à laquelle j’aurais bien aimé une réponse.

 

« Mais un homme qui a fait une fois un bond dans le paradis, comment pourrait-il s'accommoder ensuite de la vie de tout le monde ? »

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Auteur

Blog

E-litt

28-07-2022

Auteur public

Alain Fournier

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Le Grand Meaulnes n'appartient à aucun recueil

 

Chronique terminée ! Merci à E-litt.

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