"Finalement" est un texte court mis en ligne par
"Ancolies"..
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Finalement
A mon âge, mon âge avancé ! Finalement finalement, sais-je réellement que signifie le mot, le verbe aimer ? Ô certes je l’ai de long en large pratiqué mais souvent ce n’était que poésie, littérature facile. Oui j’aimais, j’aime leur dire Tu es belle et je t’aime mais c’était, c’est pour les consoler, elles sont tant blessées. De la soi-disante supériorité du sexe opposé, de nos regards tellement grossiers. Existe-t-il un endroit où elles pourraient se réfugier ? Reste t’il, oui reste t’il, aux années 2000, quelque part une île où partir avec elle. Et finalement qu’y ferais-je si je ne savais en fait pas l’aimer ?
Que dit-elle elle ? Ça va toujours quand je suis avec mon chéri. Ô Chloé, pourquoi m’avoir fait cela, n’ai-je pas toujours été doux, bienveillant, délicat avec toi. Oui pour toi, le grand escogriffe a limé ses griffes comme il les a limées pour toutes les femmes de la terre. Il les a limées également pour les sirènes. Que ce soient elles qui à lui viennent. Non il n’allait pas plonger dans les profondeurs de la Mer Egée, il n’a pas de palmes, il nage comme un pied. Les sirènes, on dit d'elles qu'elles sont cruelles mais ô mon Dieu qu’elles sont belles ! Du fond de l’océan jusqu’aux cimes du haut ciel. Entretemps je ne sais pas, je ne sais rien, je ne sais que signifie ce verbe aimer que j’ai pourtant tant de fois prononcé. J’aime inconditionnellement mon fils ça c’est évident. Et tellement normal. Mais les autres ? Je peux aisément dire J’aime bien cette personne. Est-ce suffisant ? Selon la Sainte Eglise Catholique et Apostolique, aimer c’est tout donner. A commencer naturellement par se donner soi-même, n'a t'elle pas besoin de préciser. Cela signifie-t’il également donner sa vie ? Une fois une femme m’a dit Je donnerais ma vie pour toi. Cela m’a paru très étrange. Bon, bien entendu je donnerais la mienne pour mon fils. Tout donner est-ce évidemment donner toute son écoute ? Est-ce que je fais ? Une nouvelle fois, une de plus j’ai des doutes. Au-delà d’une bienveillance et une bonté qui me paraissent assez faciles et naturelles, qui donc ne me demandent pas d’efforts et ne me posent ainsi aucuns problèmes, donne-je toute mon écoute ? Je suis très loin d’en être certain. Utilise-je correctement les 2 oreilles dont Mère Nature m’a doté ? N’ai-je pas l’esprit souvent ailleurs lorsque l’on me parle, je crains bien que si.
Oui bien des fois j’ai été très amoureux. Me donnais-je moi-même pour autant ? D’autant que j’ai un rapport curieux avec l’amour : je n’éprouve pas le besoin qu’il se réalise pour qu’il me darde, m’enrichisse de ses rayons brûlants de soleil. L’élan, l’idée amoureuse me suffisent. Peut-être ai-je en réalité l’amour totalement égoïste. Prends son soleil et laisse l’autre loin de toi. Dieu du ciel quel charabia. Je ne suis pas certain de n’être pas pire qu’un autre. Suis-je charitable ? Tant que cela ne me dérange pas sans aucun doute. Le suis-je si j’ai l’impression que cela vient empiéter sur ma chère liberté ? Très probablement pas. Il est tant de choses qui ne me coûtent rien, alors oui sans problèmes je partage, je donne. Oui j’ai énormément donné, la plupart du temps sans retour mais cela c’est autre chose, n’était pas là la question, moi j’avais envie, ou peut-être bien besoin de donner. Peut-être pour me sentir exister. Mais si en fait cela me coûtait, serais-je le même ? Tous ces mots, re bienveillance, encore charité et bonté, générosité même, que valent-ils en fait s’ils me confèrent l’impression de me déposséder en les mettant sur la table ? Ne me transforme-je donc pas aussitôt en richissime donateur d'exactement que dalle ? Mon pharmacien est un parfait faux-cul, que lui donne-je si ce n’est mon ordonnance et ma patiente indifférence tandis qu'il s'affaire à me servir réfugié au fond de sa blanche officine toute emplie de calmants et cachets d’aspirine ? Je ne le plains même pas, je ne prie pas pour lui. D’ailleurs j’ignore également absolument tout de la signification ou en tout cas du mode d’emploi du verbe prier. Voyez mon triste niveau.
Ce doit être cela : je partage à niveau. Simplement. Simples vases communicants. Pas terrible nan ? |
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Finalement
appartient au recueil Nouvelles d'une vie
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Texte court terminé ! Merci à Ancolies. |
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