"Faux soleils" est un texte court mis en ligne par
"Ancolies"..
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Faux soleils Nous marchions vers la lumière. La Statue brillait de mille feux. Nos yeux aussi brillaient de mille feux. D'espérance et de fortune. Nous étions irrésistiblement attirés par ces mille soleils. Par ces mille vérités. Ce n'était pas une invitation, ces phares brûlant dans la nuit inéluctablement nous aspiraient à eux. Nous étions cent, mille, des milliers, dans les tourbillons de poussière que sur la route nous soulevions nous étions toute l'humanité. Nous avancions sans une seule seconde faiblir, nos pas étaient fermes, assurés, déterminés. Nos pieds marchaient plus vite que nos souliers. Fascinés, rien ne pouvait nous ralentir, nous arrêter. Qui nous étions nous l'avions oublié, pour autant qu'un seul de nos jours nous l'ayons su. Mais plus nous approchions de la Statue, plus la distance qui nous en séparait demeurait la même. Alors nous redoublions d'ardeur. Jamais humains n'avaient été si tenaces, si audacieux. Malgré la fatigue accumulée nous courrions désormais. Nus pieds. Nous avions abandonné nos souliers qui nous ralentissaient. Et maintenant plus nous nous approchions de la Statue, plus celle-ci semblait s'éloigner. Des jours, des mois, des années nous avons ainsi marché, couru. Et jour après jour nous vieillissions. Certains ont commencé à mourir, d'autres ensuite. Nous les laissions sur place et poursuivions notre progression. Nous étions de moins en moins nombreux et la Statue restait toujours aussi lointaine. Chimère ! s'ecria l'un de nous. Même les enfants qui avaient débuté la marche étaient vieillards à présent et à même de comprendre. Chimère ! Illusion ! reprit la voix. Mais il était trop tard. Quel leurre était-il ? Leurre de renoncer alors que rien n'était atteint, que rien n'était résolu ? Certains se retournèrent pour regarder la longue route parcourue. Une route bien bien trop longue pour songer retourner en arrière. C'était impossible, le temps immensément leur manquait. Naturellement ils ne pouvaient même plus apercevoir leurs souliers qu'ils avaient abandonnés.. C'était il y a si longtemps. Et oui, il était déjà bien trop tard, toutes nos vies étaient désormais loin derrière nous. Et comme nous la Statue s'éteignit. Elle n'avait maintenant plus aucune raison de continuer à briller. |
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Faux soleils
appartient au recueil Les plages blanches
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Texte court terminé ! Merci à Ancolies. |
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