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Les plages blanches - Texte court

Texte court "Les plages blanches" est un texte court mis en ligne par "Ancolies"..

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Les plages blanches

La marée, celle qui sans cesse monte et puis descend, a effacé tout ce que nous avions écrit sur les plages blanches. A effacé notre histoire. Les mots perdus de nos mémoires. Est-ce que toujours tout de nous s'enfuit, sous le regard sans paupières des rochers de pierre, immobiles dans leur présent depuis la nuit des temps.

Je suis absent depuis la nuit des temps. Non, jamais je n'ai été là, je ne faisais même pas semblant. Oui il y a la beauté invisible des choses de l'ordinaire mais votre monde ne m'intéresse guère. Mon adresse ? Où j'habite dans ce monde ? Ici absent. Ne m'envoie pas de télégrammes, le facteur ne trouvera pas.

Pourtant, un temps je t'ai trouvée. Ici absente comme moi. Un temps très court où nos deux désespérances ont écrit ces mots invisibles sur les plages blanches. Nous n'avons rien raturé de nos serments, il n'y avait pas de serments. Il n'y avait que ta beauté et puis la mienne. C'était tout, c'était suffisant. Nos lèvres s'effleuraient, c'était suffisant.

Pour d'autres sûrement, la marée a laissé les plages à nouveau blanches, vierges. Sur nos lèvres la marée a laissé un goût salé. Je suis parti vers les embruns. Tu as choisi une solution définitive pour mettre fin à tes chagrins. J'avais toujours été seul. Rien n'a changé.

Il existe de nombreux différents. Je suis différent. Tu étais différente. Et nous étions indifférents. Rien ne comptait, n'était petit ou important. Il n'y avait rien. Rien que ces plages blanches sous la nuit pâle. J'aurais pu être con. Te dire Tant qu'il y a de la vie il y a du désespoir. Bien sûr je n'ai rien dit. Je n'ai jamais rien dit. Mais c'est une phrase que tu pensais si fort que tu as choisi la mort.

J'ai choisi la mort aussi. Je l'avais atteinte lorsque j'ai dit Plutôt la vie. Aussi tel un autre avant moi, j'ai déplacé la lourde pierre qui recouvrait mon tombeau. Mon suaire était rouge de sang. Quelqu'un a dit Mais qu'est-ce qui t'arrive mon gars ? Moi ? Je suis mort, je revis.

Alors je suis retourné sur les plages blanches. Je n'en ai retrouvé aucune, elles avaient toutes été arrachées. Est-ce que l'on a arraché toute la vie aussi ? J'ai écrit des livres blancs. J'avais une voix blanche, j'ai chanté des chansons noires et blanches. Non je ne les ai pas chantées, seulement racontées. Très peu écoutaient, cela n'avait pas d'importance.

Bientôt il sera temps. Je refermerai les plages blanches.

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Ancolies

11-08-2026

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Les plages blanches appartient au recueil Les plages blanches

 

Texte court terminé ! Merci à Ancolies.

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