"En panne de batt" est une pause-mélancolie mise en ligne par
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En panne de batt
Comprenez en panne de batterie. Qui a part un dépressif peut savoir ce qu’est une dépression. Les sentiments, les émotions, les sensations ressenties. Cette envie de rien, ce découragement, cette vacuité, ce vide. Qui à part un dépressif peut comprendre un autre dépressif. Un gars qui au réveil qui soulève une première demi-paupière et pense aussitôt Quoi ça recommence ? Ça ose recommencer ?! Qui peut comprendre ? Un psy ? Sûrement pas. De leur fauteuil capitonné à la tête du divan ou du haut de leur chaire à l’université, ils ne savent pas ce que c’est. Ils peuvent trouver des mots pour l’exprimer, ils ne peuvent pas le ressentir. Comme tous les autres. Cependant mettez deux dépressifs ensemble, il n’en sortira rien de bon. Ce n’est pas pour rien que dans les établissements psychiatriques sont punaisés aux murs des avertissements que vous n’êtes pas là pour vous faire des bisous-bisous. Ce n’est pas de la physique, moins plus moins ne font pas plus. Non là-bas, moins plus moins font deux ou quatre fois moins. Ces bisous-bisous des hp sont des illusions. Elles sont hautement toxiques. Les gens « normaux », les gens « bien dans leur peau » ont une sainte horreur, une sainte trouille de la toxicité, ils ne veulent pas en entendre parler, ils s’éloignent ou barricadent les volets de leurs cœurs aussitôt qu’elle fait mine de se pointer. Les âmes mal intentionnées pourraient dire que les gens « normaux » ont une sainte trouille que cette toxicité leur fasse émerger leurs propres dysfonctionnements, ne mettent à jour leurs névroses. L’une des raisons pour lesquelles les dépressifs sont si seuls. Une fois, je me souviens, j’étais en voilier avec 3 copains. Au petit matin, je suis sorti dans le carré où ils étaient déjà tous regroupés autour du petit déjeuner et j’ai dit, avec un grand sourire parce que j’étais de bonne humeur, et j’ai dit - ce qui était la stricte vérité - « Ah ! J’ai rêvé que ma chambre d’hôpital devenait de plus en plus grande ! ». Cela a immédiatement créé un énorme mouvement de rejet, « Aaahhhh !!! Non !!! » et j’ai immédiatement remballé mon compliment. Pourtant j’avais effectivement rêvé que ma chambre d’hôpital devenait si grande qu’elle se situait maintenant sur le toit plane d’un gratte-ciel, qu’elle mesurait la taille d’un très large terrain de tennis et que d’ailleurs elle était grillagée, comme ça, en plein ciel, grillagée comme les courts de tennis pour éviter que les balles ne se perdent. Eh oui, il n’y a pas que les baffes qui se perdent et bien souvent les gens « normaux » ont envie d’en filer aux dépressifs : « Dis, tu ne peux pas nous laisser un peu tranquilles ! Tu nous emmerdes avec tes problèmes ». Pardon, excusez-moi de souffrir, d’avoir mal partout quand je pense aux malheureux gosses anglais qu’au XIXème siècle on envoyait à 8 ans travailler au fond de la mine à charbon, je sais, j’ai tort de souffrir pour eux. Je n‘ai pas encore 60 ans, je n’ai pas encore compris comment dissocier ma propre vie de tous les malheurs de cette planète et de la présence du Mal en général. Est-ce que tous les dépressifs souffrent pour la même raison, pour cette même raison que je viens d’invoquer ? No se, en français je ne sais pas. Il y a 2 types de dépressions : la ponctuelle, liée à un triste événement, un deuil, une horrible rupture sentimentale, et l’originelle, celle qui vous saisit dès 3 ans, aussitôt que vous découvrez l’absurdie du monde. Et la dépression originelle on n’en sort pas, dépressif un jour, dépressif toujours. L’unique chose que l’on puisse faire est d’apprendre à la gérer pour qu’elle laisse vivre à peu près tranquille l’individu concerné. Je sais, c’est un sujet peu réjouissant, qui a envie d’entendre parler de dépressifs ? Tant pis, prenez-le dans la figure quand même, on ne peut pas échapper toujours à la réalité. « J’ suis fatigué, de mentir, de faire semblant, d’inventer ma vie, le ciné ça marche pas toujours. » Les gens « normaux » me font pas mal chier - me faisaient, aujourd’hui je m’en fous - avec leur mensonge primal et perpétuel. S’ils ont envie de passer toute leur vie à passer à côté de leur vie, c’est leur problème. Ils sont bien moins normaux que moi. Mais, j’ai largement eu le loisir de le constater, les gens normaux sont rares. Ceux qui voient la réalité en face. Ceux qui n’ont pas peur des véritables miroirs. Nos amis les gens préfèrent ranger tout ça dans leurs tiroirs, dans leurs placards. Pas de placard, pas de coupable ! Eh ouais ! Que range-t’on dans les placards ? Les fringues ? Oui c’est ça mais non c’est pas ça. C’est pas de placard, pas de cadavre, pas de coupable. Pratique non ! Allez, c’est bon, ça va, je vous laisse à votre merdier, et bonne soirée. Ah oui ! Et surtout ne vous réfléchissez pas ! C’est ça, prends tes irresponsabilités et me laisse en paix en mon terrier. En prime une chanson de mes années punk :
Exit
En panne de bat En panne de bat En panne de batterie En pleine peine de cœur En pleine baisse de vapeur En bichromie couleur de pluie, en pile en face de la sortie Exit J'hésite
Exit, hésite Exit, existe Excitatifs les sédatifs mais égoïste celui qui s' trisse S' trisse au stress, à la tristesse, exaquette c’est détresse Exit J'hésite
Allo papa Allo papa Allo pas pas de réponse Allo pianos à soupe Allo frangines à sous Allo gaston qui qui répond qu'au téléphon y'a y'a person Exit J'hésite
Exit, hésite Exit, existe Excitatifs les sédatifs mais égoïste celui qui s' trisse S' trisse au stress, à la tristesse, à l'âme en détresse Exit J'hésite
En panne de car Mais c'est pas vrai En panne de car Pas vrai, pas vrai En panne de carburant Pas vrai, pas vrai c' plaignant En cas de panne de courant Plaignant, feignant, geignant Faire quelque chose qu'enfin il s’ taise Lui accorder remise de peine Exit Faire quelque chose qu'enfin il s’ taise Lui accorder remise de peine Exit J’hésite |
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En panne de batt
appartient au recueil Nouvelles du monde
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Pause-Mélancolie terminée ! Merci à Ancolies. |
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