Connexion :
Vous devez vous inscrire pour voir l'intégralité de ce profil

Attendre - Poème

Poème "Attendre" est un poème mis en ligne par "Aubussinne".non classique, moderne, vers libres,

Venez publier un poème ! / Protéger un poème

Attendre

J’apprends à renoncer à la liberté libre,

aux pas vifs sur la glèbe et cognant les cailloux,

je ne peux renoncer à celle du corps qui bout.

Le clocher en bourdon carillonne à chaque heure,

dans le fond de ma tasse se dépose un rond noir,

aux cils de mes yeux las, le front sur le carreau,

le temps se pose lent devenu long boisseau.

Cette vie rétrécie me guette à chaque aube,

allonge la distance avec mes cœurs contraints

des élans ralentis, d’indigences cruelles.

Le temps perd tout son temps et l’odeur du Soleil,

les parfums de Vénus égarés vers la Lune.

Mes randonnées de nuit jamais interrompues,

je veux garder le goût du temps de chaque étoile,

leurs ellipses croisées dessinées par mon cou,

le Ciel pourra entrer dans le creux de mes mains

où j’accueillerai toujours un tout petit fragment

de ce que Dieu peut être dans tout le firmament.

Où irai-je longtemps avec des barreaux dans l’âme

sans parler à mes morts éloignés sous leur pierre,

sans adoucir les bleus de mon cœur sans baisers ?

Dans quel ressac où brûlent déjà tant de cercueils

s’échoueront tous les corps sans caresses et sans mots

bannis et isolés par un ordre établi sans moyens ?

Vers quelle falaise mon regard s’oblige-t-il

à questionner ce vide, à réparer tous les vivants ?

Je dois attendre et mon corps bout encore

après le temps de l’horloge, des paroles, des bourdes,

des manques et des veules tromperies.

Je dois attendre après le temps des peaux

et des lèvres qui aiment et se touchent,

je dois attendre après le temps des joues humides

et de la voix tremblée,

Je dois attendre après ce temps de la table de chêne

pour mettre en gloire jusqu’à l’ardeur la véritable vie.

Je dois attendre le grand saut de mes pas.

Enfin, je pourrai m’enivrer des sentes et des buissons

qui piqueront ma peau en la faisant saigner,

buter mes pieds dans les ornières en surplomb des ravins,

Je pourrai écorcher mes genoux, rouvrir toutes leurs plaies,

laisser les cicatrices fermer leurs lèvres au vent,

envahir mes poumons du parfum des bruyères,

Je pourrai m’évanouir des sommets qui élancent mon regard,

des rayures des labours et des sillons féconds.

J’attends tous les vertiges sur ma peau si pâlie

de mon corps sur la glèbe ivre et vacillant.

J’attends tout de ce si beau ciel, mes yeux éblouis et libres.

_________________________

 

MM/ 08 04 2020

 

 

Partager

Partager Facebook

Auteur

Blog

Aubussinne

10-04-2020

Couverture

"Soyez un lecteur actif et participatif en commentant les textes que vous aimez. À chaque commentaire laissé, votre logo s’affiche et votre profil peut-être visité et lu."
Lire/Ecrire Commentaires Commentaire
Attendre appartient au recueil A découvrir

 

Poème terminé ! Merci à Aubussinne.

Tous les Textes publiés sur DPP : http://www.de-plume-en-plume.fr/ sont la propriété exclusive de leurs Auteurs. Aucune copie n’est autorisée sans leur consentement écrit. Toute personne qui reconnaitrait l’un de ses écrits est priée de contacter l’administration du site. Les publications sont archivées et datées avec l’identifiant de chaque membre.