"Je suis si bon" est un texte court mis en ligne par
"Aubussinne"..
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Je suis si bon L’homme se voulait dieu, y pensait à chaque aube, m’avait piqué le rôle, avait même oublié depuis la nuit des temps que j’étais là sur terre ayant créé la vie de tout ce qui est vivant. Moi, j’attendais l’aubaine pour chavirer son trône, alors de rage et en colère, je me suis fait couronne sans sacre et sans diadème, sans cathèdre et sans trône. Je me suis fait du monde empereur, roi et dieu en un seul coup, tout à la fois. Aimé tant des souris chauves qui aiment tant, ont épousé les pangolins, né au secret, à l’an chinois, j’ai surgi roi, mandarin sur la ville, en tsunami noyant d’effroi. La ville vidée, rentrée chez elle et rue sans homme ni voitures, l’air sans avion, la mer sans voile. Je me sens dieu chez l’homme, je fais du bien et calme tout, lave le béton et le bitume, dégage le ciel et même l’eau. Les animaux m’adulent, je les rend libres. J’adore la vie et n’aime qu’elle, je suis très bon. J’aime tant l’homme et le vivant, le suis au pas, sur ses lèvres, son nez, ses yeux, bien me dépose, me joins à ses paroles, m’invite dans son palais et même sur ses voies, celles qui respirent et qui digèrent, me laisse inhaler, engloutir et surtout respirer. Je me sens dieu dans l’homme et l’homme me veut et me vend diable. Il me promet la geôle, le feu de l’enfer ou le poison. Je suis si bon et courageux entre la peur et les audaces. Je suis si bon, je m’occupe de l’homme, de tous ses corps et des corps jeunes, ils aiment jouer et ils m’ignorent occupés simplement à rêver leur demain. Je circule sans peur et libre dans les foules, les théâtres et les cirques sans arme ni gourdin. Je suis si bon, je visite les faibles et tous les enfermés, les prisons, les théâtres, les cinoches et les cirques complets des parlements et des congrès, les paquebots pour les croisières de plaisir, les porte-avions, les sous-marins faits pour la guerre. J’adore les contacts et tous les bavardages et les gens qui s’embrassent, les frissons des baisers, les mains et leurs poignées. Je saute les frontières dans l’air et sur la terre, continents et presqu’iles, sur l’eau en paquebots et même en porte-avion. Je brave la défense et le moindre soldat. Je suis le clandestin, le discret, voyageur sans ticket, sans bagage, sans papiers. Je suis si bon, convivial, discret et si affable. Je suis virus, viral dans l’homme comme la parole et toutes les voies qui parlent de moi. Je suis partout et empereur, je deviens diable aux yeux des hommes. Je suis le diable du climat avec le chaud, avec le froid infatigable et sans embase, je m’épargne, je me clone sans labo, je voyage, me propage librement. J’en atteste sans nom, ni heure de départ. Je vis sans règles, sans refus, sans contraintes, je suis si bon. Je n’envie rien, ne mens jamais, ne trompe pas, ne braque pas, ne vole pas, ne corromps pas, abime un peu, tue quelquefois bien malgré moi, l’homme m’en veut, je le comprends, n’exige rien, ne donne rien sauf du tracas, ni de travail, mais dès fois trop, en grand désordre, ni de repos, ni de salaire, quelques oboles aux bénévoles, ni de misère, n’abuse pas, n’impose rien, ni la menace, ni l’esclavage, ni même la force que je n’ai pas. Je ne sais pas la guerre, ni ce qu’est un soldat, tout le monde est pareil, offre des trêves avec respect, cessez-le-feu et couvre-feux. Je suis très bon et équitable, j’aime si fort et me sens dieu. Je n’ai ni dollar ni euro, pas plus qu’un yen, ni un Kopeck, ni une monnaie, ni un impôt, sans une banque ou une planque, sans stock de coke ou d’héro, sans pédo, ni porno, sans minerai et sans données, car je n’ai rien et ne veux rien car je suis bon. J’aime l’amour et tout son temps et le reçois sans le chercher, du masculin, du féminin, de tous les âges, du cher copain, du grand ami, du bon voisin, de l’ennemi, même du passant, de l’inconnu, du différent, du bien nanti au singulier toujours caché et bien doté ou des manants, des démunis tous au pluriel qui sont tout nus. Je courbe mon dos, ils sont tous là. Merci à tous. J’aime le temps. J’aime d’amour seulement l’humain pour vivre en joie tous mes demains et être dieu. Je suis si bon et suis parfait. Tout le monde parle de ma couronne, tout le monde en parle et me fait diable. On me dit diable mais je suis dieu sans lois ni tables trop écrasantes à supporter, mon corps est trop léger. Que ferai-je des pierres, des tables et de leurs lois, des livres saints ou des bréviaires, des droits de l’Homme, des droits humains, du droit de la femme, de sa journée, des droits de l’enfant, du droit de l’eau, du droit de l’air, du droit des herbes qui servent à quoi ? Servent si peu, souvent à rien, tant de beaux mots, tant de papiers, même des lois en quarante-neuf trois ou ordonnances sans main levées. Depuis toujours, en nouveauté, toujours petit mais impérial, je suis virus, viral dans l’homme. Je crois même que j’ai guidé la vie. Pour être dieu, je trace ma route dans chaque main, je suis si bon, il n’y a que le masque qui me déroute et le tri de l’ivraie et du bon grain. J’ai de la chance, vous êtes bons sans aucun doute, ne triez pas, vous aimez nus. J’ai un problème avec les riches, ils vivent cachés, je suis patient et si discret, ni encombrant et j’attendrai. Je vous convie en bon apôtre « Aimons-nous les uns, les autres » les bras serrés jusqu’à l’été et chaque année. Virus, j’aime trop l’humain, son animal de compagnie, à réclamer d’être son chien. ________________________ MM/ 20 03 2020 |
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Je suis si bon
appartient au recueil A découvrir
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Texte court terminé ! Merci à Aubussinne. |
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