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Sur les traces de la Vérité oubliée - Réflexion

Réflexion "Sur les traces de la Vérité oubliée" est une réflexion mise en ligne par "Abdellah"..

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Sur les traces de la Vérité oubliée

Il arrive un moment, dans la vie d’un homme, où il ne peut plus se contenter de croire ce qu’on lui raconte.

Un moment où les récits tout faits, les vérités préfabriquées, les images diffusées en boucle sur les écrans deviennent insupportables.

Un moment où l’âme elle-même réclame autre chose : le réel, le nu, le profond.

On ne peut plus croire aveuglément aux histoires que l’on nous sert.

Les versions officielles, véhiculées par des médias aux mains d’intérêts opaques, ne sont souvent que des récits d’apparence :

des outils au service d’ambitions politiques, économiques, idéologiques.

Une humanité réduite à un audimat, à une cible, à un marché.

Mais comment accepter ce monde en carton-pâte ?

Il faut apprendre à écouter ailleurs : dans le chant des griots maliens qui racontent l’épopée de Soundiata, dans les tatouages maoris où chaque courbe est une généalogie, ou même dans le murmure d’un ruisseau que l’asphalte n’a pas encore tué.

Chercher derrière les mots. Débusquer ce qui dérange.

Car la vérité ne se livre pas dans le confort des écrans : elle se murmure dans les interstices, dans les silences oubliés.

Et pourtant… une brèche s’est ouverte là où les puissants ne regardent plus.

Les réseaux sociaux ces territoires numériques empoisonnés de fausses lueurs mais fertiles de possibles sont devenus le refuge d’une parole libérée.

Entre hashtags éphémères et vidéos qui échappent aux censures, les invisibles parlent. Les opprimés montrent. Les peuples oubliés nomment leurs plaies et leurs rêves.

Un smartphone dans une ruelle de Kaboul filme ce qu’aucun journaliste n’ose dire. Une mère yézidie tweete l’histoire de sa fille enlevée par Daech. Un paysan péruvien diffuse en direct la terre qu’on lui vole.

Ce ne sont plus les puissants qui écrivent seuls l’Histoire.

On ne peut pas prétendre chercher la vérité en oubliant ceux qu’on a réduits au silence.

Les peuples africains et amérindiens, dépossédés de leurs terres, de leurs langues, de leur spiritualité,

ne doivent pas seulement être rappelés à titre historique : ils sont des miroirs vivants de ce que l’humanité a trahi.

Regardez les Dogons du Mali : ils lisaient l’univers dans la danse des étoiles bien avant que Galilée ne braque sa lunette. Écoutons les Quechua, dont les quipus noués défiaient l’écriture alphabétique. Et que dire des Aborigènes d’Australie, cartographes du « Temps du Rêve », où chaque rocher est une mémoire ?

On a voulu faire de l’Afrique un simple décor d’esclavage et de pauvreté, mais sous le sable, les pyramides de Koush rient encore de notre ignorance.

Elles ont vu passer les pharaons noirs de la XXVe dynastie, eux qui régnèrent sur l’Égypte en bâtisseurs, non en conquérants.

Méroé, la Nubienne, taillait des temples au sud du Nil pendant que l’Europe peinait à sortir de ses forêts.

La culture Nok, au Nigeria, façonnait des têtes en terre cuite dont les yeux sans pupilles nous fixent encore : « Qu’avez-vous fait de votre humanité ? »

Et les peuples premiers d’Amérique ?

Réduits au mot « Indiens », caricaturés ou effacés…

Pourtant, leurs ancêtres marchaient sur les chemins de Cahokia, métropole des tertres sacrés, quand Paris n’était qu’un bourg boueux.

Les Taïnos, ces jardiniers des Caraïbes, accueillirent des voiles blanches en croyant voir des dieux.

Ils offrirent du maïs, des colliers de coquillages. En retour, on leur donna la variole, les chaînes, l’oubli.

Et les Adena, sculpteurs de mondes, bâtissaient des tertres en forme d’ours ou de serpents alors que l’Empire romain naissait à peine.

Partout dans le monde, des voix se relèvent.

En Laponie, les Samis réapprennent le joik, chant où chaque note est un paysage. Au Pays basque, des enfants dansent l’aurresku avant l’école, comme un défi à l’uniformité.

Les Roms, éternels exilés, tissent leur histoire dans les plis des robes.

En Birmanie, les Karen résistent avec des poèmes et des graines clandestines. Chez les Ouïghours, une grand-mère cache un dictionnaire sous son tapis, preuve que les mots survivent même aux camps.

Et parfois, la vérité se glisse ailleurs…

Dans un accord de guitare flamenco qui déchire le silence. Dans le claquement des sabots d’un cheval mongol galopant vers l’horizon. Dans le rire d’un enfant qui n’a pas encore appris à mentir.

Pas besoin d’en connaître le titre ni l’artiste.

Ce qui compte, c’est ce que cela éveille.

Un frisson. Une image. Une émotion brute.

Comme un éclair qui fend la nuit sans prévenir.

Il faut parfois laisser tomber les livres,

fermer les écrans, couper même la voix intérieure…

Devenir aussi vide que le ciel avant l’aube.

Et simplement rester là,

immobile, attentif, dans un souffle.

Car il arrive un moment,

où la vérité ne se dit plus.

Elle se ressent,

comme la chaleur d’un feu de camp après des heures de froid.

Comme le parfum du genévrier avant l’orage.

Une paix intérieure qui ne cherche plus à convaincre.

On croit qu’il faut aller loin,

qu’il faut accumuler des preuves,

déchiffrer des manuscrits…

Mais la vérité la plus précieuse est souvent celle qui se cache dans l’ordinaire :

Dans le geste d’un pêcheur breton réparant son filet comme son père lui apprit. Dans les mains ridées d’une femme mapuche plantant une graine de quinoa, promesse de vie malgré l’aridité.

Quand la vérité touche vraiment un cœur, elle laisse une trace.

Pas une certitude orgueilleuse.

Pas un drapeau à brandir.

Mais une responsabilité silencieuse :

Celle de redonner voix aux murmures étouffés. De protéger le chant du geai bleu autant que les droits de l’homme. De choisir, chaque matin, entre l’indifférence et l’étincelle.

Celui qui a goûté ne serait-ce qu’un fragment de vérité

un vers, un regard, un silence

ne peut plus trahir sans s’écorcher.

Il sait désormais que la langue des sans-voix est un alphabet sacré. Que chaque frontière est une cicatrice. Que le progrès n’existe pas sans mémoire.

Il ne crie pas. Il n’accuse pas.

Il marche autrement.

Ses pas se calent sur le rythme des marées plus que sur les horloges. Il écoute les vieux arbres, les enfants, les fous. Il préfère les sentiers aux autoroutes.

Et dans ce monde qui se vend au plus bruyant,

il est encore possible de marcher en silence, mais avec force.

De refuser les rôles imposés :

Consommateur ? Non. Témoin.

Spectateur ? Non. Veilleur.

Il est encore possible, même seul, même en marge,

de rester humain.

C’est-à-dire : fragile. Lié aux autres. Capable de honte et d’émerveillement.

Alors oui, que l’on parle ou que l’on se taise,

que l’on écrive ou que l’on écoute,

que l’on agisse ou que l’on attende…

Que tout soit traversé par cette vérité-là :

Nous ne sommes pas propriétaires du monde, mais ses gardiens éphémères.

Car la vérité n’est pas un trophée.

C’est une manière d’être au monde.

Une offrande. Un risque. Un passage.

Et parfois, cela commence

simplement par une attente,

dans un instant suspendu,

où le cœur, sans le savoir, s’ouvre à l’essentiel.

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Auteur

Blog

Abdellah

07-04-2025

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