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Se relire et se corriger : l'arb... - Article

Article "Se relire et se corriger : l'arbre qui cache la montagne (de boulot) ?" est un article mis en ligne par "Emmalys"..

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Se relire et se corriger :

l'arbre qui cache la montagne (de boulot) ?

 Peut-être... ou pas !

Ce texte est à prendre comme "Ecrire de la SF". Il ne contient pas de recettes magiques, simplement des petits trucs que j'ai appris grâce à la bienveillance de ceux qui m'ont accueillie ici et qui peuvent être utiles.

En littérature, on corrige ses épreuves. Dans la vie, ce sont les épreuves qui nous corrigent.”

         Yvan Audouard

    Vous avez mis le point final à votre roman, nouvelle, conte, histoire… et vous en êtes fier ! Si, si vous pouvez, il n'est jamais facile de terminer un écrit, à plus forte raison quand il s'agit d'un écrit long. Maintenant, vous vous dites que vous pouvez enfin souffler et qu'après une petite relecture, votre bébé sera prêt à passer sous les feux de la rampe ? Pas si sûr.

Par où commencer ?

    Le plus gros écueil, c'est d'écrire en pensant qu'on arrangera tout ce qui ne va pas après le premier jet. C'est peut-être vrai pour des écrits courts mais quand on parle roman, là c'est autre chose. Si la trame est bancale et pleine d'incohérences dès le départ, elle va être difficile à rattraper par la suite.

    Un récit bien construit est donc un point de départ important. Pour cela, il faut une trame solide (votre histoire, ce qu'elle va raconter), des personnages que l'on a envie de suivre (vivants et crédibles), une intrigue réfléchie (les évènements-clés qui vont faire que votre récit n'est pas une succession d'actions mais bien un tout qui mène le lecteur à la chute voulue) et enfin une atmosphère qui donnera le ton de votre histoire. (un roman policier n'est pas bâti de la même manière qu'un roman de SF ou de fantasy, chacun a son propre univers).

   La fin ou chute a aussi son importance puisqu'elle doit conclure toutes les questions qui ont été soulevées au cours de l'histoire. Par exemple, si vous avez écrit une enquête policière, cette enquête doit trouver une conclusion, d'une manière ou d'une autre.

   Personnages, intrigue, trame, atmosphère, chute sont des éléments qu'il vaut mieux avoir pensé en amont au risque de se voir réécrire des pans entiers de votre récit.

  Avant la SF, je me suis essayé à la fantasy. Un monstre qui devait être une trilogie, rien que ça ! J'avais conçu tout l'univers jusqu'au folklore avec cependant une vague idée d'intrigue et de personnages (deux jumeaux dotés de pouvoirs antagonistes qui finissaient par s'affronter à mort). Sauf qu'en cours de route, un personnage plus intéressant est arrivé, l'héritier déchu d'un roi assassiné. J'ai fini par consacrer plus de pages à ce dernier qu'à mes jumeaux ! Bah oui, je m'étais plantée. Je n'avais pas raconté l'histoire du bon personnage. Autant dire que ça m'a fusillé le reste du roman. D'ailleurs, il est toujours dans les cartons, en attente du colossal travail de réécriture qui l'attend. (ou plutôt qui m'attend, moi). Quand on change de personnage principal en cours de route, ça demande pas mal de modifications.

Penser au lecteur dès le début

Ah , elle est fastoche, celle-là ! Vraiment ? Posez-vous et réfléchissez-y un instant. Quand on écrit un récit, une histoire, on n'écrit plus seulement pour soi, on écrit aussi pour son lecteur. Cela signifie qu'il faut ménager ses effets.

  Par exemple, dans une histoire à chute où la fin se termine par un effet de surprise, si les indices sont trop gros, la surprise risque de retomber comme un soufflé ! Voyez plutôt :

  Jack va dans le même lycée que Sam, un type un peu bourru et sauvage qui vit dans une cabane au fond des bois avec sa famille. Un jour, lors d'une bagarre, Sam mord Jack. Depuis, à chaque pleine lune, Jack se sent bizarre, des poils lui poussent sur tout le corps, son visage s'allonge en un museau garni d'une multitude de crocs et il a goût très prononcé pour la viande saignante.

  Jack est devenu un … loup-garou !

  Alors, surpris ? Maintenant vous comprenez ce que cela peut donner pour un lecteur averti.

  Un lecteur de SF n'aura pas les mêmes attentes qu'un lecteur de fantasy ou de roman policier. Ils ont des schémas de lecture en tête qui leur permet de se plonger dans l'histoire tout en essayant d'anticiper les choix de l'auteur au fil de leur lecture. Si vous arrivez à le surprendre, c'est gagné, en revanche, il faut veiller à rester crédible au risque de le voir décrocher.

   Dans mon roman de SF, j'ai fait des tas de grosses boulettes (bah oui, j'assume). L'une d'elles a été de vouloir faire une révélation fracassante dans les toutes dernières lignes d'un chapitre. Sauf que le reste tournait en rond sans que je m'en rende compte alors que je voulais entretenir le mystère. Je vous le donne en mille, mes plus fidèles lectrices à qui je fais confiance les yeux fermés sont passées à côté de cette formidable révélation : trop de blabla, pas assez d'effets pour relancer l'intérêt, le verdict est tombé sec : on s'ennuie ! Aïe, ça pique ! Mais elles avaient raison et j'ai dû le réécrire entièrement, ce chapitre. C'est long, c'est fastidieux et j'aurais pu l'éviter si j'avais davantage réfléchi au rythme de mon récit.

  Dès lors que vous destinez votre texte à quelqu'un d'autre que vous, il faut essayer de le penser pour que jamais le lecteur ne s'ennuie, autrement c'est la catastrophe !

    Un récit est un subtil équilibre entre narration, dialogue et description mais aussi entre scènes d'actions et scènes plus calmes.

Imaginez un film avec seulement des séquences de course-poursuite, à la longue, ce serait lassant ! (Fast and furious ? Nan, ça compte pas.)

   Penser à celui qui vous lit et aux émotions que vous voulez susciter en amont vous évitera d'avoir à reprendre des pans entiers de vos textes, à plus forte raison si votre héros doit mourir et qu'au lieu de tirer des larmes à votre lecteur, vous provoquez une crise de rire. (Pas encore fait cette boulette-là. Comment ça, mon oeil ?)

 Peaufinage

Cette fois, ça y est ! Vous avez pensé à tout, c'est la der des der. Attention, c'est le passage « termes techniques .» Quand on se corrige, quatre opérations coexistent : la suppression, le déplacement, le remplacement et les ajouts. Pas de panique, vous le faites sans même y songer. Maintenant, ces opérations de correction peuvent aussi être source de nouvelles erreurs et donc de travail supplémentaire en perspective.

Supprimer : C'est le plus dur pour un auteur. Il est toujours difficile de se dire que dans nos écrits tout n'est pas indispensable. En réalité, il s'agit surtout des descriptions à rallonge, d'explications superflues ou de digressions inutiles.

Ajouter : c'est l'opération la plus facile, ou du moins, ça dépend pour qui. Moi j'ai horreur des descriptions et je dois me forcer pour en ajouter quand elles manquent vraiment. D'autres peuvent en écrire au kilomètre en oubliant parfois qu'il faudra tailler dans le gras plus tard . Bon, là encore, tout est dans l'équilibre. Trop lourd, le lecteur craque ; trop light, il reste sur sa faim...

Déplacer: une phrase ou un paragraphe n'a pas l'air d'être à sa place ? Hop, un petit coup de couper/coller et on la remet au bon endroit. Il faut juste faire attention à ne pas créer d'incohérences par mégarde.

Remplacer : Une tournure maladroite ? Un paragraphe un peu bancal ? On efface tout et on recommence. Simple mais efficace.

                              

 suppressions et remplacements de                         déplacements de Baudelaire

 Flaubert (trois contes)

Quelques autres points de vigilance :

- les répétitions  -> Un mot trop souvent répété alourdit le texte. Quand on ne trouve pas de synonyme satisfaisant, c'est parfois plus simple de réécrire son idée d'une autre manière que de chercher désespérément le mot qui va y coller parfaitement.

- l'équilibre des phrases  -> Trop courtes, le texte paraîtra haché. C'est bien pour certains effets par exemple lors de moments de tension mais pas sur des pages et des pages. Trop longues, on perd le fil et on décroche. Le lecteur ne peut mémoriser qu'un nombre limité d'informations en quelques lignes et plus la phrase est longue, plus elle demande d'efforts à lire.

-La surenchère d'adjectifs -> Je vous donne un exemple, c'est plus parlant :

Le preux et noble chevalier errant embrassa la douce main blanche et fuselée de la jolie reine.

Vous voyez le problème ? D'accord j'ai forcé le trait mais vous voyez que là-dedans, tout n'est pas utile. En faire un peu moins, c'est parfois mieux.

- L'orthographe : Là, personne ne peut y couper ! Un texte qui est destiné à être lu doit subir le grand toilettage. Oui, il peut rester des coquilles car leur traque est longue et fastidieuse, surtout dans un roman mais c'est votre devoir d'auteur (Eh si !) de faire le gros du nettoyage.

  Si vous écrivez sur un ordinateur, les correcteurs orthographiques peuvent aider mais attention, ils peuvent aussi proposer des mots complètement à côté de la plaque et sont souvent à la ramasse niveau conjugaison. Si vous avez un doute, vérifiez la règle ou changez votre tournure avec des expressions que vous maîtrisez, c'est parfois plus sûr et surtout plus simple.

  S'il est difficile de retrouver ses propres erreurs d'orthographe, en lettres, on nous conseillait de lire nos écrits en partant de la fin. Ainsi, on ne se concentre pas sur le sens du texte et il est alors plus facile de retrouver les coquilles.

Une autre astuce consiste à changer la police d'écriture, ce qui change la forme du texte et aide à le voir d'un autre œil.

  Vous voyez, ce n'est pas si compliqué... Eh bien, ne faites pas cette tête ! Certes, corriger n'est pas la partie la plus amusante de l'écriture mais plus vite vous prendrez les bons réflexes, moins vous aurez à en faire. Vous devez à ceux qui vous lisent de leur proposer la version la plus aboutie possible de votre texte.

   Ne négligez pas non plus l'avis de vos lecteurs,  DPP est une aide précieuse où chacun peut peser les qualités et les défauts d'un texte avec tout le tact que cela suppose. Profitez-en ! Avoir un avis extérieur est inestimable et vous permet de voir de quelle manière est perçu votre écrit sous tous ses aspects.

Allez, hop hop hop, au boulot maintenant !

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Emmalys

26-10-2016

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Se relire et se corriger : l'arbre qui cache la montagne (de boulot) ? n'appartient à aucun recueil

 

Article terminé ! Merci à Emmalys.

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