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Que faire de son amour ? - Texte

Texte "Que faire de son amour ?" est un texte mis en ligne par "Ancolies"..

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Que faire de son amour ?

 

Y traînant de par les voies inénarrables de la condition humaine mes improbables guêtres, 10 années durant je me suis efforcé jour après jour de mettre un peu de bon sens, un peu de cohérence, allons-y un peu d’intelligence et même de générosité et tant qu’à faire évidemment d’amour dans ces activités de créatif publicitaire que j’ai pratiquées de mes 20 à 30 ans. Un peu d’amour tout autant pour mes collègues de travail que pour les consommateurs. Un peu d'amour pour la vie quoi, un peu de sens ! Même si j’ai obtenu quelques succès, j’ai réalisé un jour tel Paul sur le chemin de Damas par un soudain éblouissement qui m’a mis à bas de mon fier destrier que toutes ces belles valeurs n’avaient strictement rien à faire dans ce métier tel qu’il était, tel qu’il est toujours exercé. Et que les susnommés consommateurs eux-aussi royalement s’en foutaient. Non, malgré toutes Ses belles promesses délivrées à tire-larigot dans tous les chapelets multimédia, Notre Seigneur n’a pas mis d’amour dans les lessives, pas plus que dans les puissantes berlines ou les pommades pour soulager les hémorroïdes (N’ayons pas peur des maux, tel était le génial slogan trouvé par mon patron). Alors je suis parti sans regrets aucuns me faire voir ailleurs, pas mal rincé et épuisé. Oui mais, et de tous temps, l’épuisement ne fait que décupler mon énergie. Je travaillais 80 heures par semaine dans la pub, je me suis mis à travailler 100 heures par semaine dans le rock’n’roll et l’écriture. Remercions Le cette fois le Tout-Puissant, quelles satisfactions cela m’aura apporté et continue chaque nouveau jour tant qu’il y en a de m’apporter. Chaque nuit je meurs, chaque matin me fracasse, me dévaste et me ramasse, mais ma solitude et ma liberté ne sont nullement fantasques, elles sont même carrément fantastiques. Bon, la première partie de cette dernière phrase est totalement fausse, rien qu’une facile coquetterie littéraire, chaque nuit m‘est paisible et chaque matin me voit tout aussi paisible, content et patient, cette dernière vertu condition sine qua non pour encaisser la rudesse de son séjour sur la terre. Du juste, je dors et je me lève et je vis du soleil du juste. Je suis un acharniste (sic) qui marche dans les clous histoire de ne pas être emmerdé, moyennant quoi je fais strictement ce qui me plaît strictement lorsque cela me plaît. Gentiment certains de mes prévenants amis s’en inquiètent : Big Brother is watching you ! me disent-il. Big Brother is watching you, ah bon, ben je m’en fous. Et s’ils te tuent ? ajoutent alors ces amis. Et alors ? est ma réponse. Et s’ils te torturent ? Et alors ! est toujours ma réponse. Je me réfugie dans ma bulle, voilà. Il est un stade de souffrance si élevé que le corps et le cerveau s’en foutent. Ils ont déjà rejoint le si brûlant paradis.  

Bateaux panaméens, marchands d’armes français, tueurs américains, matériel japonais, capitaux catholiques, call girls asiatiques, Big Brother, no good, is watching you, no good… (auteur - 10 pts). J’aimerais bien savoir ce que ce gras du bide pourrait contre moi. Me tracer sur mon ordi ou mon smartphone pour m’inonder encore et encore de pubs ciblées ? La belle affaire ! Elles sont si nombreuses et ineptes qu’elles s’annihilent d’elles-mêmes. Avoir accès à mon dossier médical (il est truffé de conneries), à mes données financières ? Re la belle affaire ! Qu'est-ce que cela peut bien me faire ? Sinon, vous avez quelque chose à cacher vous ? Moi non. Vous non plus mais vous n’aimez pas être observé, épié et même espionné dîtes vous. Bon je vous comprends, moi non plus pas spécialement mais au fond je m’en fous. Je ne trouve guère cela intéressant comme sujet. Je ne trouve pas que cela soit un sujet. Je n’ai pas de rideaux à mes baie vitrées, l’été les voisins peuvent me voir déambuler en calebard dans mon bureau blanc, et alors ? Franchement, moi en calebard, non ce n’est vraiment guère intéressant vous dis-je. Car oui, j’ai bien d’autres chiens et chats à non pas fouetter comme vous spontanément le diriez mais à aimer. Le saviez-vous, je te dis que je t’aime, que la vie c’est l’amour, qu’une seule vie c’est trop court, la vie c’est trop d’amour. Comme le chantait il y a 40 ans un artiste populaire, j’ai le cœur trop grand pour moi ce soir. Si grand même que le dit artiste s’y est perdu et ne chante depuis ce temps que des âneries. 

Ah c’est qu’il faut le maîtriser cet amour, ce cœur si grand, les guider d’une main ferme et sûre. Garder à l’œil le compas, les pieds bien campés au gouvernail du navire. Cela s’apprend notamment à l’école de voiles des Glénan, tout et c’est heureux s’apprend. Bon, il est également vrai que certains, rien à faire, n’apprennent jamais. C’est bien triste pour ces pauvres bougres mais que voulez-vous, on ne peut faire le bonheur des autres malgré eux. Eh oui la fenêtre est ouverte mais la mouche engoncée dans ses œillères ne la voit pas. Certains sont si prisonniers d’eux-mêmes, de ce qu’on leur a inculqué et continue d’à tour d’écrans leur inculquer qu’on a beau les secouer et les secouer, sur la terre comme au ciel rien de leurs fruits ne tombe jamais. Ô toi je te connais, plus triste que ta vie ô non je ne connais. Est-ce si grave ? Selon certains, que d’autres disent illuminés, les derniers seront les premiers. Vous voyez le cancre au fond de la classe, oui le petit aux rebelles épis bien planqué au dernier rang ? Surtout qu’il le reste, qu’il tienne bien sa place il finira aux premières loges. La parabole des talents n’est pas mal non plus dans le genre équité. Mais la justice et ce monde, ce n’est guère une nouveauté, ont très peu en commun. En résumé, école, travail, famille, patrie, que faire de son amour, comme parfois de sa joie, lorsque l’on n’a personne à qui le donner ? Parce que le monde n’est pas prêt, oui parce que personne n’est prêt pour le recevoir, le partager. Eh bien offrez-le aux arbres et à leur mousse rougie par les intempéries, offrez-le aux carrières de marbre de Sienne en Italie, aux vagues autant inlassables qu'infinies de l’océan, aux haubans du beau bateau blanc… Donnez-le au sable des dunes, au chant des sirènes bleues dans la lagune, à vos fenêtres sans rideaux, à vos idéaux tout vêtus d’oripeaux, donnez-le à vous-même il ne sera pas perdu croyez-moi. Vous-même, ces 2 mots doivent bien vous dire quelque chose non ? Vous-même ! Ô non, en ouvrant bien grand les grands yeux de votre âme, vous n’avez pas besoin d’un miroir pour vous savoir.    

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Ancolies

29-09-2025

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Que faire de son amour ? appartient au recueil Nouvelles du monde

 

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