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Perdant, perdant - Texte court

Texte court "Perdant, perdant" est un texte court mis en ligne par "Mégalac"..

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Perdant, perdant.

 

Cela faisait cinq générations qu’ils élevaient des vaches laitières. Depuis qu’il avait repris la ferme, il perdait de l’argent. Alors, il a fait abattre son troupeau dans l’abattoir du coin. Il a vendu les trayeuses automatiques, les cuves, démoli les étables, fait place nette. Il ferait du tournesol, du lin et un peu de maïs.

Donc un beau matin, avec sa belle rampe d’arrosage toute neuve, il a pschitté ses prairies bien vertes pour pouvoir semer ses nouvelles cultures.

Mais les escargots, limaces, coccinelles, scarabées, chenilles, vers de terre, grenouilles, et autres bestioles n’ayant pas la lumière à tous les étages, sont restés tranquilles dans les herbes. Ils auraient pu voir ce qui se tramait. Mais non, trop affairés à casser la croûte et à copuler, ils n’ont pas bougé. Le lendemain, ces gros niais ne pouvaient plus bouger dans les herbes jaunissantes, avec des crampes d’estomac.

Un héron qui venait assez souvent gober sa pitance dans les prés, voyant son déjeuner sans défense, a fait le gueuleton de sa vie. Il aurait pu remarquer que l’agriculteur avait aspergé son garde mangé à mort, l’herbe qui changeait de couleur, sa nourriture amorphe, eh bien non. Il a fait réellement le repas de sa vie. Il est mort le lendemain dans d’horribles souffrances.

Sa malchance fut qu’un renard le trouve allongé sur le sol, battant doucement des ailes. Devinez ce qu’a fait le renard. L’animal soi-disant le plus malin. Il a profité de l’agonie du héron pour le boulotter vivant et vite fait. Il est du coin. Comment a-t-il pu ne pas avoir remarqué que l’agriculteur avait aspergé les prairies à mort,  l’herbe qui changeait de couleur, la nourriture amorphe des oiseaux, la douleur du héron ? Non, vite fait mal fait. Le pauvre, il a mis plusieurs jours à agoniser et il a poussé son dernier soupir dans un fourré.

Un sanglier qui batifolait dans les sous-bois a été attiré par les effluves de la putréfaction du goupil. Il faut savoir que chez les suidés, il y a des classifications. Dans le porc tout est gore, dans le cochon tout est con, alors que dans le sanglier tout est à chier sauf l’estomac.  Alors lui que l’agriculteur ait aspergé les prairies à mort,  l’herbe qui changeait de couleur, la nourriture amorphe des oiseaux, la mort suspecte du renard, il en a rien à faire. Un renard bien pourri c’est la fête. Donc le glypho sale et gluant, a tout le temps de bien envahir les muscles et la graisse. Ce n’est qu’après plusieurs jours que le mal atteint le système nerveux. Le sanglier divague gravement pendant au moins une semaine avant de ne plus pouvoir se relever.

C’est à ce moment que l’agriculteur, tout joyeux de s’être sorti des problèmes de la crise des produits laitiers, décide de partir à la chasse avec ses potes et ses chiens. Madame cuisine si bien le sanglier. Il invitera tous ses voisins s'il rencontre un cochon sauvage un peu distrait.

 

 

                                                                                                                                                       GG24

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Mégalac

02-12-2025

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Perdant, perdant appartient au recueil Goût nature

 

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