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Mon Peuple II - Inclassable

Inclassable "Mon Peuple II" est un inclassable mis en ligne par "Vautour Moqueur".Inclassable mais non dénué d'intérêt

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L’ étranger

(La complainte de Jacob et Juliette) 

 

Comme tu t’enroules autour d’un arbre

Pour te préparer à me fuir...

J’ignore en bloc

Pourquoi tu réagis ainsi.

 

Et tu te glisses

Entre mes branches

Tu te faufiles

Comme un python

Tu me bloques la…

Circulation.

 

Mes branches pour t’empêcher te pressent

Contre l’ œil de la véranda

Et tu ne vois que toi.

 

Question de présent.

 

D’origine.

 

Imagine :

 

Les aiguilles de l’horloge sont plastic neuf plastic

Résine, pétrole noir, pétrole solide, pétrole rose et pétrole blanc.

 

Le bronze a vieilli.

Il est deux heures et il fait nuit.

Ce bronze ci, en vieillissant,

Gagne en profondeur. En clarté.

En sagesse. Offerte.

Lâchée.

 

Finalement.

 

Avec une douceur destructrice,

Il nous fait comprendre, gentiment,

D’ un air clément, protecteur et triste

Qu’il ne nous reste que peu de temps.

 

Et justement.

 

Toujours en vain tu cherches

Une solution, une arme, un choix

Mais les indices qu’ils te laissent  

Ne valent rien. L’espoir décroît.

 

Pourquoi, plutôt que me trahir

Plutôt que de voir tellement haut

Sous l’œil d’un seul tu te retires

Vers où ? Pourquoi ? Quel jour nouveau ?

 

Il y a un lac dans la vallée

Et un autre sur la montagne

Neufs cent mètres plus haut.

 

La glace y est épaisse

Comptant en son milieu,

Soixante-treize centimètres

 D’ épaisseur, au bas mot.

 

Et pourtant par endroits

On perçoit des veinules.

Elle fissure sous le poids

De la densité brute

 

De ton amour

 

Et de ta joie

 

Du coup,

 

Elle fond

Parfois.

 

Sous la chaleur intense

Équatoriale de tes pleurs

Craquant, s’ouvrant, se dérobant  

Et de temps en temps, tu te noies.

 

En dessous, l’eau est si froide

Tu l’aurais aimée fraîche.

Mais cette eau est trop claire

Trop pure et trop limpide

Pour imbiber la vie à ce puits gigantesque.

Aucune algue ni même

La plus modeste amibe.

 

Terrifiante eau déserte,

Comme leurs cœurs imbéciles.

 

La fièvre gouverne l’inconscient.

Du coup, je pressens,

Ton retour furtif.

Je peux même sentir ta présence

Et pourtant, de cette longue robe

Il émane une odeur étrange.

 

Puis, l’étranger n’est pas vraiment

Cet étranger que j’attendais

Mais agréablement surpris

Comme vous, vous ne pouvez plus l’être

 

J’apprends. Avide de le connaître, 

Il fera parfaitement l’affaire.

 

Car il se met à hurler

A l’oreille de ce monde inepte

Jusqu’ à en perdre ouïe et voix,

Toute la gentillesse du monde

Ou bien le courage, peut-être,

Probablement, il exigera.

 

Et même si on ne l’entend pas

Comme ils ignorent la douleur

De nos semblables amputés

De calme.

De sérénité.

 

Vos oreilles sont décoratives

Même si entre elles, il n’y a rien.

Rien d’autre qu’une vieille crasse

Sur le mur d’une chiotte de gare

Curiosité, émerveillement ?

Vous n’avez décidément plus faim.

 

Quelle heure ais-je dit qu’il était ?

Il y a une heure, ou deux, ou plus ?

Mes ouailles s’affolent à mendier

Une soupe indigeste. Avariée.

 

Je laisse tout ceci.

Je me rentre chez moi.

 

Où je te trouve là, verticale

Ensanglantée, mais bien vivante

Quoi qu’encore un peu haletante.

De ta toute dernière

 Escapade.

 

Comment es-tu arrivée là ?

Sans une lettre ? un télégramme ?

 

Tout ça n’a aucune importance

Car en présent comme à venir

Et jusqu’ à notre prochaine mort,

C’est l’exemple du seul confort

Qu’ils ont bien voulu nous offrir.

 

Je te connais depuis toujours

Et même d’avant. Pourquoi pas ?

Toi mon venin, toi mon amour

Parce qu’autrefois, déjà, 

Tu avais les oreilles d’une elfe

Taillées en pointe à coup de hache

Qui dépassaient si fièrement

De ta chevelure sans fin

Quand tu étais pythie à Delphes.

 

Tu m’as connu tout essoufflé

Quand mes grands yeux gris grands ouverts.

Très clairs, comme avant les vendanges

Et mes longs cheveux en bataille

Souffrant, saignant,

 D’une dernière taille

Rien de tout cela n’est étrange.

 

Les oreilles rouges, découvertes,

La nuque froide emmitouflée

Dans une cotte de maille en fer

Qui rouille.

Gants égarés, le heaume ouvert…

Cette bataille perdue d’avance

Est la dernière. Je me retire.

Je vomis la vaine violence.

Montons nos chevaux, nous partons !

Sans un sanglot, sans un soupir.

Petits Richard III survivants

 Fragiles mais

 En devenir.

 

Comme si vous l’ignoriez.

C’est vous qui nous l’aviez soufflé.

 

Et décidons que maintenant,

Tout ça, pour toi

Tout ça, pour moi…

Sera un parfait gain de temps

 

Restons ensemble ;

Restons cachés ;

Vous nous entendrez hurler

Jusqu’ à la fin que vous

Nous convoitez.

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Auteur

Blog

Vautour Moqueur

23-06-2025

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Mon Peuple II n'appartient à aucun recueil

 

Inclassable terminé ! Merci à Vautour Moqueur.

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