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Les deux Ailes du mot Illusion - Texte court

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Les deux ailes du mot Illusion

 

Il était une fois, once upon a time, un jour dans la ville de foi…


Donc, je disais : il était une fois un mirage illusoire, c’est le propre même des illusions de n’être que des mirages. Bien entendu. Il était une fois une illusion pourvue de ses deux ailes, juste ce qu’il faut pour former la seconde syllabe de son mot : I-llu-sions.

 

Il était une fois une illusion aux ailes candides qui s’amusaient à dessiner des mirages sur les murs de l’âme humaine. Enfin, je devrais préciser : sur les parois verticales du cœur d’une femme. Seule une femme a pu, à ce point, se tromper. Elles ont le cœur en sentiments, les robes en tendresse collées à la peau, des chaussures en vair que Cendrillon cherche encore.

 

Il était une fois, pourquoi d’ailleurs une fois ? Non, c’est faux. Pas une seule fois, mais maintes fois, autant que d’occasions d’aimer jusqu’à la déraison. On ne l’y reprendra pas.

 

Les ailes des papillons arrivent bien plus vite sur les pétales des fleurs que l’amour offert au féminin pour un cœur ingrat. Au masculin. Les hommes aiment tant la guerre. Jusque dans l’amour. Je n’y avais pas pensé auparavant, mais c’est vrai. Enfin, il me semble. Je ne suis plus sûre de rien, voyez-vous : de marches en marches, de chimères en songes vains, comment savoir ce qui est vrai, ce qui l’était, ce qui sera ?

 

Évidemment, c’est moi qui aie tort. Comment pourrait-il en être autrement ? On dit : « Tu as pris tes rêves pour des réalités ». Voilà, il paraît qu’on agit ainsi. Souvent. Étrange, n’est-ce pas ? Dans la ville de toutes les fois passées, je l’ai vue, cet être au féminin, tout perdu, qui vagabondait dans les décombres de son amour sans vie, de son amour enfui, de son amour, tout court.

 

Elle regardait devant avec le même regard que ceux qui ont tout perdu. Pourtant, non. Il lui restait les autres. Tous les autres dont elle se moquait bien. Il lui restait… C’est vrai, que lui restait-il ? Les miettes d’un amour sans lui, qu’elle aurait pourtant aimé jusqu’à la mort, et même au-delà. Elle regarde ses mains, remarque les brisures sur les lignes de leurs paumes tendues pour rien.

 

Les illusions aux deux ailes syllabiques, aux efforts inutiles, les voilà tombées au sol, comme ça, d’un coup, sans fracas. Les plus grandes douleurs sont muettes, à ce qu’on dit. On dit tant de choses, d’ailleurs. On ferait bien mieux de se taire. Chaque amour est unique, réel ou fantasmé. Chaque amour n’a pas de semblable. C’est sa grande force et son inaptitude. Qui pourrait la rejoindre, cette fille aux yeux délavés de ce matin ?

 

Elle avait rêvé de l’aimer jusque sur son lit de mort. Voyez-vous cela, du grand n’importe quoi, n’est-ce pas ? Oui, comme le soleil de février, comme les bombes, comme les querelles familiales, comme les oiseaux morts, les cadavres oubliés, les giboulées de mars. Tout est n’importe quoi dans ces cas-là. Plus rien n’a de sens. Plus rien. Absolument. Les années passent, les illusions s’en vont. Les fantômes, les apparences aussi.

 

Je contemple les deux ailes du mot illusion. Elles se déploient, leur envergure est si grande. On dirait la fumée de l’encens du dimanche, les volutes d’une cigarette cancéreuse, le brouillard transi de décembre.

 

L’amour la tenait comme les grappes de raisin au cep de la vigne, comme une fenêtre ouverte sur les jardins du monde, comme… comme quoi d’autres ? Je ne sais plus.

 

Qui la tient à présent ? L’Espérance d’une vie offerte où l’Amour est premier. Peut-être. Sans les ailes des lusions envolées, sans les oasis aux mirages du désert. Sans lui. Sans elle.

 

Voilà.
C’est tout.

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Deogratias

02-03-2026

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