"Le Parc" est une critique de film, Théatre, série mise en ligne par
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Le Parc
Écrire sur l’amour, la séduction, analyser les écrits de Chaderlos de Laclos ou Madame de Lafayette se fait fréquemment. Réaliser une statue évoquant le péché originel, composer une musique évocatrice de sentiments, cela aussi est courant, peut -être moins facile toutefois qu’un écrit composé de mots aux nuances variées. Mais transcrire l’intimité dans des pas de danse l’est beaucoup moins. C’est pourtant ce qu’a réalisé et réussi avec brio le chorégraphe Angelin Preljocaj lors de la création du Parc pour l’Opéra national de Paris en 1994.
A une époque où le SIDA faisait des ravages, le danseur s’était posé la question : « Qu’en est-il aujourd’hui de l’amour ? ». Revisitant les codes amoureux, redessinant une Carte du Tendre, Angelin Preljiocaj raconta alors l’histoire des amours d’un libertin et d’une rêveuse romantique dans la société aristocratique du XVIIIe siècle. Inspiré notamment de « La Princesse de Clèves » et des « Liaisons dangereuses », Le Parc décline le cheminement du désir, de l’éveil à l’abandon en passant par la conquête.
« C’est un ballet sur la séduction avec tout ce que cela a de dérision de violence, de rituels, de conventions, de retenue. Les corps s’effleurent, se heurtent mais toujours se trouvent. » « Ce sont Les Liaisons Dangereuses dans un décor du XXIème siècle. »
(Entretien avec Isabelle Guérin et Laurent Hilaire, danseurs étoiles, avril 1994)
Trente ans après, ce ballet intemporel qui a fait le tour du monde est à nouveau à l’affiche à l’Opéra Garnier à Paris.
Le décor de Thierry Le Proust est épuré, supposé représenter un jardin à la française. Des topiaires d’aspect métallique évocatrices des jardins dessinés par Le Nôtre à Versailles, des colonnes, des tours suggérant des arbres mais ayant davantage l’air de prisons… Jardin d’Éden ? Parc pour un cache - cache amoureux ? Cœurs prisonniers ? Embruns du ciel ou ciel parsemé d’étoiles… Voilà planté le décor où l’on nous convie dans les méandres de la séduction, du libertinage, de l’abandon amoureux, une heure quarante durant, au temps du Roi Soleil, du Siècle des Lumières et à l’époque contemporaine sur partitions de Mozart ou bruitages de Goran Vejvoda, en compagnie des Étoiles et du Corps de Ballet de l'Opéra National de Paris.
Le spectacle s’ouvre avec l’Adagio de la Symphonie n° 36 de Mozart (1783) qui comme l’écrivit un observateur lors de la création de l’œuvre à Vienne « éveille l’attente de quelque chose d’exalté. »
Le bal est ouvert par le Roi. Trois actes vont suivre. Dans de superbes moments de menuets et gavottes revisités, de danse sensuelle puis pas de deux se dérouleront les jeux de l’amour et du hasard sous le regard de quatre jardiniers mystérieux en tabliers de cuir et lunettes noires. Evoquent ils des bourreaux des cœurs ? Est-ce pour rappeler que l’amour est aveugle tout autant qu’il est meurtrier ? Les gestes automatiques et répétitifs de leur danse saccadée sur une musique bruitiste agressive contrastent avec la grâce des jeunes marquises et marquis évoluant sur la musique de Mozart, dans leurs redingotes et perruques, crinolines, robes à panières, jupons et corsets ou tenues de nuit des plus légères, œuvres du costumier Hervé Pierre.
Le ballet se termine sur l’Adagio du Concerto pour piano n°23 de Mozart. Sur la pointe des pieds, la danseuse étoile ventouse sa bouche sur celle de son partenaire et se suspend à son cou. Lui, bascule lentement en arrière tandis que les jambes de la danseuse décollent à l’horizontal. Et les corps de tournoyer dans un baiser sans fin.
Cette dernière scène est devenue iconique et rebaptisée le flying kiss. Air France s’en est emparée pour une campagne de publicité en 2011 avec l’accord du chorégraphe.
Un spectacle magnifique, des danseurs de grand talent, une mise en scène originale, dans le cadre somptueux de l’Opéra de Paris !
PPD (CR) Février 2026
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Le Parc
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Critique de Film, Théatre, série. terminée ! Merci à Paulette Pairoy-Dupré. |
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