"Bojarski, le Cézanne de la fausse monnaie" est une critique de film, Théatre, série mise en ligne par
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Bojarski, le Cézanne de la fausse monnaie
« L’Affaire Bojarski »
Certains collectionnent les tableaux, d’autres les faux billets. En 2015, un vrai faux billet de 1959, un Bonaparte d’une valeur de cent nouveaux francs, signé Bojarski a été vendu aux enchères pour 7000 euros ! Recherchés dans le monde entier, les billets Bojarski ont accédé au rang d’œuvre d’art chez les collectionneurs. Si vous voulez en savoir plus sur l’affaire Bojarski, rendez-vous dans votre salle de cinéma, Jean Paul Salomé nous raconte quinze ans de la vie de ce faux monnayeur de génie, rebaptisé le Cézanne de la fausse monnaie. Ceslaw Bojarski nait en Pologne en 1912, fait ses études à l’école polytechnique supérieure de Gdansk dont il sort ingénieur - architecte en 1939. Officier pendant la seconde guerre mondiale, il est fait prisonnier en Hongrie, s’évade et se réfugie en France. Il vit de petits boulots mal rémunérés et fabrique en cette fin de guerre des faux papiers. La guerre terminée, il tente de déposer des brevets pour ses inventions (rasoir électrique, fauteuil tournant, stylo bille, déodorant à bille, machine à café à dosettes) mais en vain. Faute de pouvoir vivre de son métier et pour mettre sa famille à l’abri, il se met à fabriquer de faux billets dans la cave de son pavillon de Montgeron dans l’Essonne. Pendant quinze ans il travaille seul avec une précision maniaque. Il étudie les billets avec minutie, fabrique ses propres machines, son encre, son papier, un mélange de calque et de papier à cigarettes, grave ses plaques et vieillit les billets pour qu’ils passent inaperçus. Ils sont si parfaits que même les experts de la Banque de France s’y trompent et que plus tard ils consentiront à rembourser les commerçants abusés. En 1963, il est trahi par un ami, émigré polonais comme lui, qu’il vient d’aider financièrement. Il est arrêté en 1964, condamné à vingt ans d’emprisonnement. Il n’en fera que treize, relâché pour bonne conduite. Il ne mena jamais grand train, sa famille ignora toujours son activité. Il aura fait pour 50 millions de billets de 1000 francs, 80 millions de billets de 5000 francs et 70 millions de Bonaparte de 100 nouveaux francs, billets qu’il considère comme son chef d’œuvre. Depuis, six défauts sur les billets Bojarski, non visibles à l’œil nu ont été décelés. La feuille verte, au-dessus du 1, n’est pas tout à fait fermée. Les cheveux de Bonaparte sont plus fournis que sur l’original. Le chiffre 100 NF est plus près de la marge de 4/10 de millimètre. Il manque une branche à la première étoile orange située en haut à gauche. Les fleurs et les fruits de la frise du haut sont hachurés moins finement. Le filigrane est plus large et plus flou que l’authentique. En quelque sorte c’est là sa signature car il voulait ses billets plus beaux que les vrais. C’était un artiste avant d’être un voyou. En parallèle des journées et nuits laborieuses de cet homme taciturne le réalisateur nous fait partager le quotidien de l’inspecteur Mattei, un gros bonnet de la police parisienne en charge de l’enquête qui s’acharne dans sa traque du faussaire et qui au fil des années perd de sa crédibilité auprès de ses supérieurs hiérarchiques comme suggéré par ses changements de bureaux. Plus il y a de faux billets sur le marché, plus son espace de travail rétrécit. Les deux hommes ont en commun la passion du métier, la patience, l’entêtement. Tous deux travaillent dans l’ombre et ne sont point reconnus. Reda Kateb interprète avec brio Ceslaw Bojarski, toujours très pudique, avec à ses côtés Bastien Bouillon dans le rôle de l’inspecteur, Sara Giraudeau et Pierre Lotin, l’ami dénonciateur, tous très investis. L’histoire est captivante. Les décors, reconstitution des intérieurs et extérieurs des années 1950 – 1960 ainsi que les costumes sont fort réussis. De plus le film soulève la question de l’émigration et des difficultés d’intégration et nous rappelle la situation des femmes de l’époque, cantonnées aux tâches domestiques et souvent ignorantes de la vie professionnelle et des gains de leurs époux. Enfin si vous envisagiez de vous improviser faussaire, sachez que le film est un véritable documentaire. Un film à voir ! CR/PPD janvier 2026
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Bojarski, le Cézanne de la fausse monnaie
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Critique de Film, Théatre, série. terminée ! Merci à Paulette Pairoy-Dupré. |
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