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La nuit l'ombre est reine - Grande Nouvelle

Grande Nouvelle "La nuit l'ombre est reine" est une grande nouvelle mise en ligne par "Thomas Nouhaud"..

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La nuit l'ombre est reine

 * * *

Le lieutenant Roussel de la police de Bordeaux doit enquêter

sur la mort d'un individu connu des services de police.

Cette enquête ne sera pas sans danger pour lui...

  1. Chapitre 1

Bordeaux 16 mai 2015, 3h30 du matin

Ludivine Deslauriers rentrait de chez son amie Justine après qu’elles eurent fêté le nouveau travail obtenu par cette dernière. Elle avait refusé l’hospitalité de son amie, car son domicile était proche, à peine 500 mètres. Elles s’étaient mises d’accord pour qu’une fois arrivée chez elle, Ludivine la prévienne en lui envoyant un SMS.

L’idée de faire ce trajet à cette heure tardive ne lui faisait pas peur. Ce n’est pas pour rien qu’elle prenait des cours de self défense tous les mardis soir dans le club de la ville. Malgré sa corpulence mince, Ludivine impressionnait son instructeur. Elle était capable de se défendre et de se sortir d’un mauvais pas, il en était certain. Le nez cassé d’un autre participant aux cours en était la preuve. Lors d’une simulation d’attaque, Ludivine avait fracturé le nez de ce pauvre homme.

En sortant de l’immeuble de son amie, elle s’accorda une cigarette. Cela faisait déjà plusieurs mois qu’elle essayait d’arrêter mais sans succès. Pourtant Ludivine connaissait les risques, son métier d’infirmière la mettait au contact de patients atteints de cancer du poumon notamment.

Cette cigarette lui permettrait de passer le temps bien que le trajet ne dût prendre que quelques minutes. Elle avait l’habitude de faire ce court trajet entre le domicile de son amie et le sien à toutes heures du jour et de la nuit. Ce n’était qu’une formalité. Les rues bordelaises, à cette heure tardive ou matinal en fonction de son activité, étaient désertes.

Enfin, c’est ce que Ludivine croyait. Elle n’avait pas remarqué la forme humaine située à plusieurs mètres derrière elle.

Mais l’Ombre qui la suivait discrètement depuis qu’elle était sortit de chez son amie n’était pas de cet avis. Le trajet serait plus court que prévu. Elle se faufila entre les voitures garées pour la nuit aux bords du trottoir, pour ne pas se faire repérer. Chance supplémentaire, tous les lampadaires de la rue étaient en panne ce soir-là.

Ludivine pensait à son mari parti depuis plusieurs jours en déplacement. Il devait négocier un gros contrat pour son entreprise informatique. Il ne serait de retour que le lendemain. Ce gros contrat lui permettrait d’offrir à son épouse un tour d’Europe des capitales pendant plusieurs semaines. Le couple avait ce projet en tête depuis des mois, mais leur compte en banque ne leur permettait pour l’instant de le concrétiser. Tout aurait changé si la signature de ce contrat se réalisait.

Perdue dans ses pensées, elle n’entendit pas les bruits de pas qui se rapprochaient d’elle a grande vitesse. L’Ombre n’était plus qu’à quelques centimètres du corps de la jeune femme. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. La pression du sang sur ses tempes était grandissante. L’adrénaline était à son maximum. Ce moment était le préféré de l’Ombre. Ce moment, où la vie de sa proie est entre ses mains. Ce moment, où elle s’approche si près de sa victime, que celle-ci peut désormais sentir son souffle sur cou dénudé.

Brutalement l’assaillant plaça sa main gauche sur la bouche de sa victime pour l’empêcher de crier. Même si les rues étaient désertes, laisser sa victime crier, n’était pas envisageable. Si une personne entendait la jeune femme appeler à l’aide, les risques de se faire surprendre augmenteraient.

La peur paralysa Ludivine. Elle n’eut pas le temps de reprendre ses esprits pour se débattre et tenter de fuir. L’emprise de l’agresseur sur elle était totale. Elle tenta vainement de pousser un cri mais la main plaquée sur sa bouche lui ôta toute puissance. Seul un bruit étouffé s’échappa, bien trop faible pour être entendu par quelqu’un.

L’Ombre saisit son couteau dans la poche de son blouson, puis l’enfonça avec force dans la chair de sa proie. Ce n’était pas le moment que l’Ombre préférait, mais c’était l’instant obligatoire pour ressentir toute l’adrénaline de la chasse.

Le couteau s’enfonça jusqu’à la garde dans le corps de Ludivine. Elle sentit le froid de la lame la pénétrer. Elle sut à cet instant que tout allait se terminer ici, dans cette rue sombre et déserte. Elle sut qu’elle n’aurait jamais la chance de se promener dans le parc Volksgarten à Vienne, de visiter le Colisée à Rome, d’écouter Big Ben à Londres, de marcher sur le pont Saint-Charles de Prague ou de contempler les vestiges de l’Acropole d’Athènes.

L’Ombre donna un second coup de couteau dans le ventre de sa proie pour abréger ses souffrances au maximum. Elle n’éprouvait pas de plaisir particulier à ce moment-là. Au contraire, elle voulait en finir rapidement.

Ludivine sentit son corps se vider lentement. Le liquide chaud qui quittait son corps coula le long de son ventre et de sa jambe. Elle qui était si heureuse quelques secondes auparavant était étendue sur ce trottoir au milieu d’une flaque de sang qui grossissait rapidement. Elle avait toujours les yeux ouverts. Mais il n’avait plus la même lumière maintenant. Ils étaient perdus dans le vague. Et cette expression sur son visage. Cette expression de peur, qui restera à tout jamais figée sur son visage.

Une fois sa victime étendue au sol, l’Ombre sortit son téléphone portable pour immortaliser cet instant. Elle prit une photo du corps, en arborant un air satisfait. Le plaisir avait été d’une grande intensité.

L’Ombre repartit rapidement pour éviter d’être vu à proximité de la scène de crime. Ce soir le sommeil ne viendrait pas, comme toujours après ces moments-là. L’excitation était toujours présente. Elle se dissiperait petit à petit et ce manque se ferait de plus en plus grand. Et le besoin de combler ce manque reviendrait. Une petite marche sur les quais semblait appropriée. À cette heure-ci ils étaient encore déserts. Arrivée au bord de la Garonne, l’Ombre sortit son couteau et le lança le plus loin possible dans le fleuve. Qui irait chercher un couteau au milieu de la Garonne ?

L’arme du crime au fond de l’eau, l’Ombre commença à marcher en direction de son domicile.

 

  1. Chapitre 2

Bordeaux, Hôtel de police, 3 juillet 2016

L’été était particulièrement chaud cette année. Le moindre mouvement faisait suer tout le monde. L’air donnait l’impression de ne plus contenir assez d’oxygène pour respirer. Dans cette atmosphère-là, le lieutenant Roussel et son adjoint Klein attendait d’avoir une nouvelle affaire à traiter.

  • Y’en a marre de cette foutue clim, il fait plus chaud dedans que dehors ! C’est pire qu’en enfer !

  •  Roussel arrête de te plaindre, on a un client qui n’aura plus la possibilité de le faire. Un macchabée, apparemment un suicide d’après les premières constatations des collègues arrivés sur place en premier sur les lieux.

  • Au moins on aura la clim dans la bagnole.

Toujours aussi classe le Roussel se dit Klein.

Les deux policiers arrivèrent sur place 30 minutes après être partis de l’Hôtel de police, après de longues minutes dans les embouteillages. À 17 h, les embouteillages sont monnaies courantes dans l’agglomération. Roussel refusa d’utiliser la sirène et le gyrophare pour se frayer un chemin au milieu de ces voitures à touche touche. Ceci pour profiter au maximum de la climatisation.

  • On a le temps, il bougera pas notre gars.

  • Certes, mais j’ai des projets pour ce soir avec Madame Klein, donc j’aimerais pas trop traîner.

  • Je veux pas en savoir plus, tes projets coquins ne me regardent pas.

  • T’inquiète pas tu sauras rien. D’ailleurs à quand une Madame Roussel ?

  • Je ne vois pas de quoi tu veux parler, répondit Roussel avec un sourire à son collègue.

Sur place le gardien de la paix arrivé en premier accueillit ses collègues.

Comme à son habitude Roussel oublia les politesses d’usages et entra dans le vif du sujet.

  • On a quoi ?

  • Un cadavre, le propriétaire des lieux d’après ses papiers d’identité. Un certain Franck Artois, 34 ans. Directeur d’une agence de communication. Il est assis sur une chaise de la salle à manger. Une balle dans la tête. L’arme est dans sa main. Un Glock 17, comme les nôtres.

  • Qui a découvert la victime ? demanda Roussel.

  • C’est sa sœur, Sophie Artois. Elle était prostrée sur le trottoir quand on est arrivés. Elle a fait un malaise, on a dû l’envoyer voir un médecin pour s’assurer que ça irait bien pour elle.

  • Avec un frère mort, pas sûr que tout aille bien tout de suite pour elle, précisa Klein.

  • C’est peut-être elle qui l’a tué, ajouta Roussel.

  • Possible, mais ça c’est votre boulot maintenant, lâcha le gardien de la paix.Merci de cette précision lumineuse, vous pouvez retourner à vos occupations, lança Roussel.

L’officier les salua et quitta la maison pour reprendre ses patrouilles habituelles.

Klein entra en premier dans la maison et se dirigea vers la salle à manger. Il découvrit l’homme la tête posée sur la table. Un trou béant à la place de sa tempe gauche laissait échapper de la matière, le cerveau de la victime était en bouillie. Bien qu’il sut ce qui l’attendait, cette vision lui souleva l’estomac. La cuisine semblait être un endroit plus tranquille loin de cette vision d’horreur.

Klein examina dans la cuisine, un sac de courses encore plein posé sur la table.

  • Viens voir j’ai quelque chose d’intéressant !

Roussel était toujours à proximité du corps, prenant des notes pour l’enquête.

  • Qu’est-ce que tu as trouvé ?

  • J’ai un ticket de caisse du supermarché d’à côté.

Avant que Klein ne poursuive, Roussel le coupa.

  • On pourra pas le coffrer pour vol, dommage.

  • Tu sais que tu n’es pas fait pour l’humour, n’essaye pas d’en faire, c’est peut être pour ça que tu n’as pas de succès avec les femmes.

  • Tu sais ce que je pense sur les relations amoureuses, ça n’a pas de rapport avec mon humour. Je suis très bien tout seul, au moins je ne suis pas déçu.

  • Tu vas finir avec des chats mon pauvre.

  • C’est pas le lieu ni le moment de parler de ça, tu n’avais pas fait une découverte toi.

  • Avant que tu me coupes si.

Roussel ne releva pas la pique de son ami et attendit la suite.

  • Je disais, j’ai un ticket de caisse, daté de ce matin, avec des fruits, du saucisson, du pâté, des pâtes, des produits ménagers. Tu trouves pas ça étonnant pour un type qui va se faire sauter le caisson quelques heures après ?

Roussel acquiesça sans ouvrir la bouche. Mais déjà la thèse du suicide paraissait s’éloigner.

Il fouilla un tiroir et en sortit une enveloppe.

  • Regarde ce qu’on a ici. Un billet d’avion pour Berlin. Départ dans deux semaines. J’ai la réservation pour l’Hôtel aussi pour trois nuits avec un programme de lieux à visiter, Porte de Brandebourg, Palais du Reichstag, Alexanderplatz, Mur de Berlin pas mal comme planning.

  • Il parait que les Allemandes sont froides, lança Klein.

  • Pardon ? Quel est le rapport avec notre mort ?

  • Absolument aucun, j’avais juste envie de le signaler.

  • Tu peux les garder pour toi ces remarques et les Allemandes sont très bien.

  • J’en déduis qu’il y a eu une demoiselle allemande dans la vie de notre cher lieutenant, ça c’est une découverte ! L’homme au cœur de pierre n’est qu’une façade !

  • Ta gueule, bosse au lieu de dire des conneries, s’énerva Roussel.

Klein était amusé par cette situation, il savait que son ami n’était pas énervé, il n’aimait pas réellement qu’on s’intéresse à lui. Roussel entretenait le mystère.

  • Le ticket de caisse et le voyage à Berlin, ça commence à faire beaucoup pour un suicide, analysa Klein.

  • Tu vas pas faire tes courses le matin pour te flinguer l’après midi.

  • Je suis bien d’accord.

  • Mais pour l’instant ce ne sont que des suppositions, on n’a encore rien de concret qui nous permette d’affirmer que ce n’est pas un suicide. L’arme est à lui ?

  • On ne sait pas encore, on va vérifier ça au poste.

  • Ce n’est pas courant d’avoir un 9 mm, on n’est pas chez l’Oncle Sam.

Sur le calendrier accroché au mur dans la cuisine, Klein remarqua quelque chose.

  • Il avait une femme de ménage apparemment, c’est écrit « ménage Mme Duplanty », toutes les semaines. Il faudra aller l’interroger demain.

  • Bon on va laisser l’équipe scientifique faire son boulot, on retourne au poste pour les vérifications et on reprendra demain matin.

  1. Chapitre 3

Au Poste de police, Klein entra le nom de la victime dans le TAJ, traitement des antécédents judiciaires. Ce fichier regroupe les données de la police, de la gendarmerie et des douanes. On l’utilise dans le cadre des enquêtes judiciaires pour connaître le pedigree d’un individu. On sait si cette personne a déjà eu affaire à la police.

Le résultat s’affiche sur l’écran, vide. Aucune condamnation.

Cependant une ligne interpelle Klein. Il est fait référence à un crime commis l’année précédente. Une jeune femme assassinée à coup de couteau. Le nom de Franck Artois a été cité durant l’enquête et il a même été suspecté du meurtre.

Pour plus d’informations, le policier a recours à un second fichier, le Faedsert, plus simplement le registre regroupant les empreintes digitales.

Lors de l’enquête sur le meurtre de la jeune femme, de l’ADN avait été retrouvé sur son corps. Celui de Franck Artois. Son ADN était présent dans le fichier à la suite d’une affaire de stupéfiant datant de plusieurs années.

Ce n’était pas l’équipe du lieutenant Roussel qui avait été chargé de l’enquête. La procédure étant toujours ouverte, Artois avait été suspecté puis blanchi.

Klein informa Roussel de ses dernières découvertes.

  • Je vais aller discuter avec Galin tout à l’heure, avant qu’elle ne parte en opération ce soir. C’est elle qui a enquêté sur ce meurtre. On a des infos sur l’arme ? demanda Roussel.

  • C’était pas la sienne ou il ne l’avait pas déclaré. Il faut une licence de tir sportif ou faire un boulot dangereux. Et il n’avait ni l’un ni l’autre.

  • Bon c’est suffisant pour aujourd’hui, on verra demain pour la suite, va voir Madame toi.

  • Avec grand plaisir ! Répondit Klein l’air enjoué.

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Auteur

Blog

Thomas Nouhaud

27-12-2017

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La nuit l'ombre est reine n'appartient à aucun recueil

 

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