"L'enfant promis" est un poème mis en ligne par
"Aubussinne".non classique, moderne, vers libres,
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L’enfant promis Grâce à Dieu, pour longtemps, son cœur d’enfant battait, Il n’en cherchait aucun, n’en connaissait pas d’autre, Son surplis dentelé le bâtissait apôtre, Son jeune corps tout droit, la tête inclinée. Le chœur l’enveloppait de son immense voûte, Les ogives lui offraient des rêves étoilés, Les archanges légers, les saints aux bois dorés, Lui romançaient sa foi en lui traçant sa route. Les vitraux séculaires tamisaient la lumière Aux indigos profonds, aux rouges du sang béni, La blanche pureté de la Vierge Marie Invitait sa pudeur dans le plus grand mystère. Ses paumes en offrande, la Vierge le regardait Sa douce innocence couronnée de lys blancs Cueillis dans les jardins en bouquets élégants, Pour vivre la pureté éclairait son chemin. Du geste hebdomadaire des dévotes ouvrières, La cire embaumait, les boiseries brillaient, Les prie-Dieu alignés, les cierges vacillaient, Embrasaient le décor pour cueillir ses prières, La magie du latin se mêlait aux cantiques, Le credo, l’évangile suivaient le Kyrie, Puis l’agneau effaçait chacun de ses péchés, L’enfant tout immobile regardait extatique. Ne manquaient que les ors, l’ostensoir arrivait, Les voix et leurs aigües atteignaient les épures, L’hostie sur le ciboire s’emparait des dorures, La chasuble brodait l’or et ses croix la bonté. L’enfant à l’aube rouge balançait l’encensoir, Livré aux doux parfums des volutes séculaires, Ses yeux suivaient l’éclat, s’envoutaient des prières Puis se plantaient au sol retenant des pleurs noirs. L’enfant promis à Dieu allait poser son aube, Ordonnait le calice et les livres sacrés, Recevait sur son front l’onction bien maitrisée Pour ne laisser trahir sa douleur qui taraude. Dieu voulait tout cela, méritait d’être aimé, De belles confessions pour leur si lourd secret, L’acte de contrition après chaque péché, L’oraison à la Vierge pour sa noble chasteté. L’enfant a pu grandir fort mais abandonné. Il ne veut plus cela, les fervents si muets, L’amour que l’on bafoue, toutes ces vies au secret, Tant d’âmes ensevelies et ces corps humiliés.
Dieu ne voulait cela, tant trahi par les hommes . _______________________ MM / 10 04 2019 |
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L'enfant promis
appartient au recueil Feuilles de coeurs
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Poème terminé ! Merci à Aubussinne. |
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